Prostate : dans quels cas faut-il l’enlever ?

Publié le 25 Mars 2019 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
Les maladies de la prostate sont fréquentes et leurs possibilités de traitement nombreuses. Parmi elles, l’ablation de la prostate fait partie des plus courantes. Mais dans quels cas est-elle indiquée ? Le professeur Pierre Mongiat-Artus, chirurgien urologue et secrétaire général adjoint de l’Association française d’urologie (AFU), nous éclaire à ce sujet.
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En cas de cancer de la prostate localisé, non métastatique

L’ablation de la prostate, aussi appelée prostatectomietotale ou radicale, est une opération chirurgicale réalisée dans le cadre du traitement du cancer de la prostate.

"Il s’agit d’un des traitements qui assurent la guérison de la maladie, explique le professeur Pierre Mongiat-Artus, chirurgien urologue. L’intervention consiste à enlever toute la glande et les vésicules séminales, deux autres petites glandes qui se trouvent à la base de la prostate. Assez régulièrement, on enlève également les ganglions qu’il y a autour de l’organe."

Bien qu’environ 50 000 nouveaux cas de cancer de la prostate soient diagnostiqués chaque année en France, tous ne peuvent pas subir une chirurgie, d’abord car tous ne tirent pas profit d’un traitement immédiat : lorsque la tumeur est localisée et à faible risque d’évolution, une simple surveillance peut suffire. En revanche, la chirurgie est envisagée "si la maladie présente un danger pour le patient", notamment dans le cas des tumeurs localisées à risque intermédiaire. En effet, pour qu’il puisse en bénéficier, il faut s’assurer de l’absence "de signes de maladie en dehors de la prostate ou de son immédiate proximité", c’est-à-dire de métastases.

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Dans tous les cas, le choix du recours à la chirurgie est discuté lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) entre les médecins, mais également avec le patient.

Le choix du recours à l’ablation de la prostate dépend plus de l’état du patient que de son âge

D’après l’Association française d’urologie (AFU), l’ablation de la prostate doit être proposée aux patients "dont l’espérance de vie est de plus de 10 ans et classiquement âgés de moins de 75 ans". La plupart des cas de cancer de la prostate survenant entre 50 et 74 ans, ce choix thérapeutique va se faire en prenant davantage en compte l’état du patient, selon le Pr Mongiat-Artus : "Il y a l’âge chronologique et l’âge fonctionnel, c’est-à-dire celui de nos artères. Il y a des patients qui pour le même âge chronologique sont en pleine forme et d’autres qui sont déjà en fauteuil roulant. L’âge chronologique n’a donc pas vraiment de sens quand on prend la décision de proposer ou pas cette intervention."

Toutefois, s’il explique qu’il n’y a "pas d’âge limite" pour subir une prostatectomie, "il est évident qu’il ne parait pas très raisonnable de proposer cette intervention à un homme de 80 ans, bien qu’il soit très en forme, concède le chirurgien. Tout simplement parce qu’on ne peut que s’attendre à des complications plus élevées qu’avec d’autres types de traitement. Mais en dehors de cas extrêmes, il convient d’envisager toutes les options et de les discuter avec le patient."

Et qu’il s’agisse d’une chirurgie ou d’une radiothérapie, le constat est le même : "plus le patient est jeune, moins il aura de complications et mieux il va récupérer de ces complications. C’est un peu paradoxe, car quand on est jeune on a moins envie de risquer d’avoir une complication, mais en même temps on est plus en mesure d’y faire face."

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