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AVC : Attention au surpoids !

Une étude publiée en 2002 a montré qu'un indice de masse corporelle supérieur à 30 double les risques d'être victime d'un accident vasculaire cérébral. "L'obésité favorise les maladies cardiovasculaires et donc l'AVC", confirme le Pr Jean-Philippe Neau, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers.

Plus récemment, on a découvert que la répartition de la graisse était à elle seule un signe d'alerte : lorsqu'elle est plutôt localisée au niveau du ventre, elle est plus dangereuse que lorsqu'elle est répartie sur tout le corps.

En pratique. Le rapport tour de taille sur tour de hanche devrait être inférieur à 0,95 chez l'homme et 0,80 chez la femme.

AVC : Faites baisser votre tension !

"L'hypertension artérielle est l'un des deux facteurs de risque les plus importants lorsque l'on parle d'accident vasculaire cérébral", explique le Pr Jean-Philippe Neau, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers.

"Le mieux est donc de se maintenir en dessous des valeurs de 140 mm pour la pression systolique et 90 mm pour la pression diastolique. Lorsque l'on est diabétique, il est même recommandé de descendre sous les chiffres 130 et 80."

En pratique : Faites vérifier régulièrement votre tension, car l'hypertension passe souvent inaperçue dans la mesure où elle ne provoque pas de symptômes, et évitez de manger trop salé.

AVC : Gare au cholestérol, diabète et aux triglycérides !

"Le deuxième risque majeur d'accident vasculaire cérébral est le mauvais état des vaisseaux sanguins", explique le Pr Jean-Philippe Neau, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers.

"Tout ennemi du système cardiovasculaire est potentiellement dangereux en matière d'AVC. Cholestérol et diabète sont donc particulièrement à surveiller." Le diabète qui fragilise les vaisseaux multiplie le risque par 2. L'excès de cholestérol et de triglycérides qui favorise la formation de caillots le multiplie par 1,3 !

En pratique : Des analyses de sang pratiquées une fois par an permettent de réduire ces facteurs de risque. Les premières mesures à prendre sont bien souvent diététiques (manger plus équilibré).

AVC : Quid du traitement hormonal substitutif de la ménopause ?

Le traitement hormonal substitutif de la ménopause a fait grand bruit voici quelques années et bien des maux lui ont été attribués. En ce qui concerne les risques d'AVC, deux attitudes sont à envisager, pour le Pr Jean-Philippe Neau, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers : "On observe un risque légèrement plus élevé chez les femmes sans antécédents, tout dépend alors du bénéfice attendu et des autres facteurs de risques associés. En revanche, on s'abstient d'en prescrire à une femme qui a déjà eu un premier accident vasculaire cérébral."

En pratique : Côté association cigarette-THS, "les études manquent pour établir si cette synergie est aussi dangereuse que le duo cigarette-pilule contraceptive." Mais dans le doute, mieux vaut peut-être s'abstenir!

AVC : Arrêtez de fumer surtout si vous êtes migraineux(se) !

"Chez le fumeur, le risque d'accident vasculaire cérébral est doublé. Attention, s'il s'agit d'une femme qui en plus suit un traitement contraceptif et qui est migraineuse, le risque est multiplié par 20 à 30 !", insiste le Pr Jean-Philippe Neau, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers.

Le tabagisme passif favoriserait également l'AVC. Quant à la migraine, elle est, à elle seule, un facteur de risque lorsqu'elle est avec aura, c'est-à-dire qu'elle s'accompagne de symptômes visuels (scintillements, images dentelées, stocomes...) ou neurologiques (fourmillement, engourdissements...). "On suppose que la migraine avec aura implique plus les vaisseaux intracrâniens que la migraine sans aura qui, elle, implique les gros vaisseaux méningés..."

En pratique : Arrêtez de fumer et consultez en cas de migraines.

Contre l'AVC : Croquez les fruits et légumes

Contre l'AVC : Croquez les fruits et légumes© Adobe Stock

"Bien sûr, il faut connaître les facteurs de risques, mais il est important aussi de promouvoir les facteurs de protections. C'est le cas notamment des fibres et des vitamines contenues dans les fruits et légumes", explique le Pr Jean-Philippe Neau, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers.

En pratique : misez sur les nutriments particulièrement en vedette dans certaines études : la vitamine C présente dans les agrumes, les fruits rouges et les légumes à feuilles vertes, et le potassium que l'on trouve dans les légumes secs (haricots, lentilles), les pommes de terre, le chocolat et certains poissons (la morue, le flétan, le thon et le saumon).

AVC : Misez sur les omega 3

"Les omega 3 ont eux aussi une action protectrice vis-à-vis de l'accident vasculaire cérébral", note le Pr jean-Philippe Neau, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers. Dès 2001, une étude publiée dans la revue internationale JAMA a montré chez des groupes de femmes suivies pendant 14 ans une baisse significative d'AVC par thrombose (mais pas par hémorragie cérébrale) lorsqu'elles consommaient du poisson deux à trois fois par semaine.

En pratique. Les omega 3 sont présents dans les poissons gras (saumon, thon, sardine, maquereau), les graines de lin et l'huile de colza.

Contre l'AVC : Marchez !

Contre l'AVC : Marchez !© Adobe Stock

"L'activité physique fait fonctionner le myocarde et donc tonifie le système cardiovasculaire. Elle aide aussi à équilibrer son poids. C'est donc un excellent moyen de prévenir les AVC", insiste le Pr Jean-Philippe Neau, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers.

En pratique. Si vous n'êtes pas sportif (ve) et que l'eau de la piscine vous semble décidément trop froide et trop javellisée, enfilez de bonnes chaussures et allez vous promener : 30 minutes de marche à pied quotidiennes constituent une sorte de panacée contre tous les maux de notre civilisation du trop (de gras et de sucre notamment).

Contre l'AVC : Un peu d'alcool mais pas trop

"Une petite quantité d'alcool, représentant un ou deux verres de vin par jour, possède un effet protecteur vis-à-vis des accidents ischémiques (artères qui se bouchent)", affirme le Pr Jean-Philippe Neau, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers.

"Si les études sont plus nombreuses pour le vin que pour les autres alcools, tous ont le même effet, qu'il s'agisse de l'aquavit, de la vodka, ou de la bière. Ce ne sont donc pas les polyphénols du vin qui sont ici mis à contribution. Certains pensent même que cet effet d'une consommation modérée pourrait être dû non pas à l'alcool en lui-même mais à la modération en toute chose que pourraient adopter les sujets étudiés." En tout cas, les AVC d'origine hémorragique, sont, eux, tout à fait corrélés avec une consommation excessive d'alcool

AVC : Ne multipliez pas les facteurs de risque !

AVC : Ne multipliez pas les facteurs de risque !© Adobe Stock

"En matière d'AVC, il est des facteurs de risque contre lesquels on ne peut rien : les antécédents familiaux, lorsqu'un ascendant a été victime d'AVC, et l'âge. En revanche, tous les autres sont d'origine environnementale, ils dépendent de nos habitudes de vie : sédentarité ou pratique sportive, consommation de tabac ou pas, alimentation saine ou déséquilibrée. Et il faut le savoir, les facteurs de risque ne s'ajoutent pas, ils se multiplient", met en garde le Pr Jean-Philippe Neau, chef du service de neurologie du CHU de Poitiers.

A nous de jouer donc pour protéger notre cerveau.

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Sources

Jeerakathil T, Johnson JA, Simpson SH, Majumdar SR. Short-term risk for stroke is doubled in persons with newly treated type 2 diabetes compared with persons without diabetes: a population-based cohort study (Le risque d'AVC à court terme est doublé chez les personnes souffrant de diabète de type 2 comparé aux personnes sans diabète : une étude de cohorte) . Stroke 2007 ; 38 : 1739-43.

Freiberg JJ et al. Nonfasting triglycerides and risk of ischemic stroke in the general population (triglycérides non à jeun et risque d'AVC ischémique dans la population générale). JAMA 2008 ; 300 : 2142-2152

Kurth T. et coll.,Body mass index and the risk of stroke in men (indice de masse corporelle et risque d'AVC chez les hommes) Arch. Intern. Med., 162: 2557-62, 2002.

mots-clés : Mal sous le pied
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