Arthrose : les injections de corticoïdes, plus dangereuses que prévu !

Selon une étude américaine, les injections de corticoïdes couramment utilisées dans le traitement de l’arthrose du genou ou de la hanche pourraient ne pas être aussi inoffensives que prévu.

L’arthrose touche aujourd’hui près de 9 à 10 millions de Français.

Celle de la hanche et du genou fait partie des troubles articulaires les plus courants.

Pour soigner ces douleurs, les médecins ont couramment recours aux injections de corticoïdes.

Les infiltrations de corticoïdes : une pratique très courante

Les infiltrations de corticoïdes sont très fréquemment administrées dans le traitement des affections rhumatologiques. Elles agissent au contact de votre articulation enflammée.

Le but de ces infiltrations est d’injecter une quantité minimale de substance active dans la zone à traiter afin d’obtenir une efficacité aussi grande qu’une corticothérapie par voie générale, tout en évitant la majorité des effets secondaires.

Cependant, l’efficacité de cette infiltration n’est pas immédiate et survient le plus souvent au bout de quelques jours.

Elles sont indiquées en cas de douleurs articulaires intenses associées à des signes inflammatoires locaux.

Le problème ? Selon des chercheurs de la Boston University School of Medicine (BUSM, les malades devraient davantage s’en méfier… Cette pratique thérapeutique, visant à traiter l’arthrose du genou et de la hanche, pourrait être nocive chez certains patients, et entraîner des complications mal connues.

L’étude, parue dans la revue “Radiology”, a été menée auprès de 459 patients ayant reçu une injection intra-articulaire de corticoïdes dans la hanche (307 injections) ou le genou (152 injections) en 2018.

Des complications néfastes liées à ces injections

Grâce au suivi de ces patients, les chercheurs ont pu constater que 8% d’entre eux ont eu des complications liées à ces infiltrations, et notamment une accélération de la progression de leur arthrose, une fracture par insuffisance sous-chondrale (c’est-à-dire du tissu osseux lisse des articulations), de l’ostéonécrose (mort de cellules osseuses) ou encore une destruction rapide des articulations avec perte osseuse.

Les médecins, y compris les radiologistes, envisagent d’ajouter ces complications articulaires à la liste des risques engendrés par les injections de corticoïdes.

“Nous constatons à présent que ces injections peuvent être très nocives pour les articulations avec des complications graves telles que l'ostéonécrose, la fracture par insuffisance sous-chondrale et une progression rapide de l’arthrose”, a déclaré Ali Guermazi, chef du service de radiologie du centre médical VA Boston Healthcare System et professeur de radiologie à la BUSM.

L'injection intra-articulaire de corticostéroïdes devrait être sérieusement discutée en termes d’avantages et d’inconvénients. Des considérations essentielles concernant les complications devraient faire partie du consentement du patient, ce qui n'est actuellement pas le cas”, a-t-il ajouté.

Selon l’équipe de scientifiques, "les médecins, y compris les radiologistes, doivent être familiarisés avec les résultats de l'imagerie et les caractéristiques du patient susceptibles de les aider à identifier les articulations potentiellement à risque.”

Le but ? Mieux comprendre les potentiels risques à prendre en compte avant de procéder à des infiltrations dans le genou ou la hanche.

Suite à ces résultats, d’autres recherches doivent être menées afin d'évoluer vers une minimisation des complications causées par les injections.

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