Anti-inflammatoires: ces 5 médicament disponibles jusqu'ici à l'hôpital peuvent désormais être prescrits par votre médecin

Publié par Edouard Korvaul
le 26/10/2026
pharmacie
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Cinq traitements de pointe de la classe des inhibiteurs de Janus kinase sortent de leur réserve hospitalière stricte pour devenir directement prescriptibles en médecine de ville par les spécialistes libéraux.
 

 

Les personnes souffrant de maladies inflammatoires sévères affrontaient régulièrement des délais d'attente de six à neuf mois pour une simple consultation hospitalière. Une décision de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) transforme ce parcours de soins pour fluidifier la prise en charge. Dès ce 22 octobre 2026, cette mesure élargit l'accès à plusieurs molécules majeures prescrites en rhumatologie, dermatologie et gastro-entérologie.

Anti-inflammatoires : les molécules concernées et les pathologies ciblées

La levée du monopole hospitalier concerne cinq inhibiteurs de Janus kinase, souvent désignés sous le sigle JAKi. Ces enzymes tirent leur nom du dieu romain Janus aux deux visages opposés, en raison de leur double domaine protéique régulateur. Les spécialités visées par cette mesure sont Xeljanz (tofacitinib), Olumiant (baricitinib), Rinvoq (upadacitinib), Jyseleca (filgotinib) et Cibinqo (abrocitinib).

Ces médicaments traitent un large éventail d'affections invalidantes. Les indications comprennent la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, le rhumatisme psoriasique et l'arthrite juvénile idiopathique polyarticulaire. Elles englobent également des maladies digestives comme la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn, ou encore des atteintes dermatologiques telles que la dermatite atopique sévère et la pelade.

Rhumatisme, polyarthrite… : un parcours de soins simplifié en cabinet de ville

L'obligation d'obtenir une ordonnance initiale ou un renouvellement annuel dans un établissement de soins public disparaît. Les spécialistes de ville peuvent désormais initier directement le traitement en cabinet libéral. Sont habilités à cette prescription les rhumatologues, hépato-gastro-entérologues, dermatologues, allergologues, pédiatres et spécialistes en médecine interne, en étroite concertation avec le médecin traitant.

Cette transition fait suite à une concertation approfondie entre l'autorité sanitaire, les Conseils nationaux professionnels et les associations d'usagers. Elle permet de limiter les ruptures de traitement et de désengorger les services hospitaliers.

Quelles sont les règles de sécurité maintenues ?

Malgré cette nouvelle décision, la vigilance reste de mise. Une vaste étude parue dans The New England Journal of Medicine en 2022 a mis en évidence un risque accru d'événements cardiovasculaires majeurs****, de cancers et de thromboses veineuses lié aux inhibiteurs de JAK par rapport aux anti-TNF. L'Agence européenne des médicaments a donc imposé des restrictions fermes appliquées à toute la classe thérapeutique.

Chez les patients âgés de 65 ans et plus, les fumeurs ou anciens fumeurs, ainsi que les personnes présentant des risques cardiovasculaires ou tumoraux, ces molécules ne doivent être prescrites qu'en l'absence totale d'alternative thérapeutique adaptée. Chaque patient reçoit une carte de surveillance spécifique mentionnant les signaux d'alerte, et un contrôle dermatologique régulier reste exigé afin de surveiller l'apparition éventuelle de lésions cutanées suspectes.

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