Maladie inflammatoire : ce médicament responsable d'accidents vasculaires graves, l'ANSM revoit sa prescription

Publié par Edouard Korvaul
le 11/08/2026
personne qui prend un comprimé
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Photo d'illustration
L'ANSM durcit les conditions de prescription de ce médicament, en raison de risques cardiovasculaires et de cancers. Sont visés, les patients de plus de 65 ans et les fumeurs. Voici les nouvelles recommandations pour limiter ces effets indésirables graves.
 

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) restreint drastiquement l'accès au Litfulo développé par le laboratoire Pfizer, ce traitement novateur contre la pelade sévère, une maladie auto-immune inflammatoire, est sur la sellette suite à la mise en évidence de complications cardiaques et cancéreuses. Pourtant ce traitement est une avancée pour les patients dont la perte soudaine de cheveux par plaques affecte lourdement la qualité de vie des personnes touchées.

Litfulo : un traitement sous haute surveillance médicale

Autorisé pour traiter la pelade sévère (alopecia areata) chez les adultes et les adolescents dès l'âge de 12 ans, le Litfulo (ritlécitinib) représentait une avancée significative. Ce médicament agit spécifiquement comme un inhibiteur sélectif des kinases JAK3, bloquant ainsi les mécanismes inflammatoires responsables de la chute des cheveux. Selon l'ANSM et l'Agence européenne des médicaments (EMA), les données de sécurité imposent désormais de nouvelles règles de prescription. Cette alerte repose sur le principe de l'effet de classe. L'étude "ORAL Surveillance", menée initialement sur le tofacitinib (une molécule voisine), a dévoilé des risques majeurs. Par précaution, les agences de santé mondiales étendent aujourd'hui ces restrictions au Litfulo, au même titre que d'autres inhibiteurs de JAK comme le Rinvoq ou le Cibinqo, malgré son action très ciblée.

Cœur et tumeurs malignes : quels sont les risques identifiés ?

Les données de pharmacovigilance mettent en lumière plusieurs menaces sévères pour l'organisme. Les rapports soulignent en premier lieu une augmentation claire des accidents cardiovasculaires majeurs, particulièrement chez les patients présentant un profil fragile. Ces incidents incluent un risque accru de complications thromboemboliques, avec la formation potentielle de phlébites et d'embolies pulmonaires. De plus, les observations à long terme confirment une incidence supérieure de tumeurs malignes liées à la prise de cette classe thérapeutique. Les experts alertent également sur une fréquence plus élevée d'infections opportunistes graves, nécessitant une vigilance absolue sur l'état de santé général et le taux de mortalité globale des malades traités.

Nouvelles restrictions : qui ne doit plus utiliser ce médicament ?

Face à ces dangers, la prescription de Litfulo est désormais conditionnée à l'absence de toute alternative thérapeutique appropriée pour certains profils. Les recommandations excluent en priorité les patients âgés de 65 ans et plus. Les médecins doivent également éviter de prescrire ce traitement aux fumeurs ou anciens grands fumeurs. Enfin, les personnes présentant des antécédents de maladies cardiovasculaires athéroscléreuses ou des facteurs de risque de cancer avérés sont directement écartées de ce protocole. Une prudence extrême s’applique également pour les malades ayant des antécédents veineux. L'EMA assure que ce traitement garde toute son utilité clinique, mais son encadrement doit être strict pour préserver le rapport bénéfice/risque.

Suivi et vigilance des patients : quelles sont les étapes ?

Les médecins prescripteurs doivent instaurer un examen cutané systématique et régulier pour tous les patients sous Litfulo, afin d'identifier très précocement d'éventuelles lésions de la peau. Pour renforcer la sécurité, une "Carte Patient" et des brochures éducatives sont remises lors de la consultation. Ces outils informent sur les signaux d'alerte. En cas de douleurs thoraciques, d'essoufflement inexpliqué ou d'apparition d'une masse suspecte, il faut consulter immédiatement votre médecin. En outre, l'ANSM demande à chaque acteur du système de soins de déclarer sans délai le moindre effet indésirable suspecté sur la plateforme officielle de signalement.

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