Wegovy, Mounjaro : 4 types de cancers dont la progression est freinée par ces traitements

Publié par Edouard Korvaul
le 06/06/2026
mounjaro
Istock
Photo d'illustration
Une étude américaine majeure présentée au congrès de l'Asco 2026 révèle que les analogues du GLP-1, tels que le Wegovy et le Mounjaro, réduisent jusqu'à 50 % le risque de métastases.
 

Ces traitements, initialement conçus pour la gestion du diabète de type 2 et de l'obésité, ne cessent de surprendre la communauté médicale. Alors que leur efficacité sur la perte de poids est déjà bien documentée, ils ouvrent une nouvelle voie thérapeutique pour les patients atteints de tumeurs. Les récentes découvertes indiquent une véritable action inhibitrice sur la prolifération de la maladie, offrant ainsi un formidable espoir.

Une diminution drastique du risque de métastases

Des chercheurs de la Cleveland Clinic ont analysé les dossiers médicaux de 12 112 patients atteints de cancers solides aux stades I à III. Le but de ces scientifiques était de comparer l'évolution de la pathologie entre des personnes prenant des analogues du GLP-1 et d'autres sous inhibiteurs de la DPP-4, une autre famille d'antidiabétiques.

Selon l'étude présentée dans le Journal of Clinical Oncology, les patients traités avec les analogues du GLP-1 présentent un risque significativement plus faible d'atteindre le stade IV sur une période de cinq ans. Pour certaines tumeurs, la diminution de l'apparition de métastases grimpe jusqu'à 50 % par rapport aux traitements conventionnels.

Quatre cancers spécifiquement freinés par ces médicaments

Le bénéfice clinique varie selon la localisation de la tumeur. Le cancer du poumon non à petites cellules profite de l'effet le plus protecteur, affichant une réduction de 50 % du risque d'évolution vers une forme métastatique.

Chez les femmes diagnostiquées pour un cancer du sein, la prise de ces molécules entraîne une baisse de 43 % du passage au stade 4. Les analyses confirment également des résultats très encourageants pour le cancer colorectal et le cancer du foie, avec des diminutions respectives de 31 % et 38 % du risque de propagation. À l'inverse, l'impact antitumoral n'est pas statistiquement significatif pour la prostate, le pancréas ou le rein selon ces travaux.

Des mécanismes dépassant la simple perte de poids

Les scientifiques privilégient l'hypothèse d'une action directe sur les récepteurs GLP-1 présents à l'intérieur même des cellules cancéreuses. Une expression élevée de ces récepteurs est d'ailleurs associée à une survie globale améliorée pour le malade.

En parallèle de l'amaigrissement, ces molécules abaissent l'inflammation chronique et modulent la réponse à l'insuline, deux facteurs favorisant habituellement la multiplication cellulaire anormale. Ce constat modifie totalement l'approche médicale. Les recherches antérieures visaient surtout la prévention. Ces nouvelles données démontrent une utilité curative potentielle capable de ralentir une pathologie déjà déclarée.

Vers une prescription systématique en oncologie ?

Les spécialistes envisagent maintenant l'utilisation de ces antidiabétiques comme un traitement adjuvant prometteur, pouvant s'ajouter à la chimiothérapie ou à l'immunothérapie pour bloquer les rechutes. L'origine de cette piste provient d'ailleurs d'une observation fortuite, lorsqu'un médecin a remarqué une diminution inexpliquée des cellules mutantes chez un patient atteint d'un trouble sanguin pré-leucémique et traité au GLP-1 pour son diabète.

Malgré ces perspectives fascinantes, les experts de l'Asco insistent sur la prudence. L'étude reste observationnelle. De stricts essais cliniques randomisés demeurent nécessaires avant de proposer ces médicaments à visée strictement oncologique. Avec vingt millions d'Américains sous traitement, l'impact sur la mortalité globale pourrait toutefois s'avérer massif dans les années à venir.

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