Incendies en France : le ministère de Santé appelle les malades chroniques à consulter leur médecin dans ce cas
A cause de la sécheresse et des canicules que nous traversons depuis le mois de mai, les risques d’incendie étaient annoncés comme particulièrement élevés cet été. Et la réalité - malheureusement - donne raison aux prévisionnistes les plus alarmistes avec des feux importants disséminés partout sur le territoire. Conséquence, l'air semble parfois irrespirable, même lorsque les flammes sévissent à plusieurs centaines de kilomètres. Ces panaches de fumée charrient des particules nocives qui dégradent fortement la qualité de l'air. Pour les individus souffrant de pathologies préexistantes, cette pollution atmosphérique soudaine représente une menace immédiate nécessitant une vigilance accrue.
Toxicité des fumées : le danger non visible des incendies
Les panaches issus de la végétation en feu libèrent un mélange complexe de gaz, dont du monoxyde de carbone et des oxydes d'azote, associés à des particules fines en suspension. Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), un incendie de forêt peut émettre en quelques jours autant de composés organiques volatils qu'une métropole industrielle sur une année entière. Ces éléments voyagent au gré des vents et peuvent ainsi contaminer de très longues distances. En 2022, les capteurs parisiens ont par exemple enregistré des pics de pollution liés aux brasiers girondins, pourtant situés à plus de 500 kilomètres.
L'inhalation de ces substances provoque rapidement des irritations oculaires, des maux de gorge ou une gêne respiratoire marquée. De plus, cette agression répétée fragilise les muqueuses et favorise l'apparition d'infections respiratoires.
Malades chroniques : quand devez-vous consulter un médecin ?
Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées figurent parmi les profils les plus vulnérables face à ces pics de pollution exceptionnels. En ce mois de juillet 2026, le ministère de la Santé alerte plus particulièrement les individus souffrant de maladies respiratoires, comme l’asthme ou la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), mais aussi celles et ceux qui souffrent de maladies cardiovasculaires ou de troubles immunologiques. Les patients touchés par une BPCO par exemple ressentent souvent une majoration brutale de leur essoufflement.
Les autorités sanitaires recommandent de consulter immédiatement un médecin généraliste, ou de composer le 15 en cas de détresse intense, dès l'apparition de nouveaux symptômes ou l'aggravation de troubles habituels. Par ailleurs, les études soulignent que ces périodes d'exposition prolongée augmentent l'anxiété et pourraient impacter le poids de naissance chez la femme enceinte.
Quels sont les bons réflexes pour se protéger à domicile ?
Si vous résidez à proximité d'un foyer, le mieux est de rester confiné (en l’absence évidemment d’autres recommandations qui vous seraient directement envoyées par les autorités locales). Gardez les portes, les fenêtres et les volets fermés. À l'intérieur, coupez la ventilation mécanique contrôlée (VMC), obstruez les entrées d'air et fermez les trappes de cheminée. Ne dégradez pas davantage l'atmosphère de votre foyer : évitez d'allumer des bougies, de l'encens et de fumer.
Les sorties et les activités sportives intenses sont à proscrire, surtout en extérieur. Enfin, si vous devez absolument prendre la route, activez systématiquement le recyclage de l'air dans l'habitacle de votre véhicule. Ce simple bouton permet de bloquer plus de 80 % des particules fines provenant de l'extérieur.
Masques de protection : est-ce une bonne idée en cas d’incendie ?
Porter un masque pour se protéger est-il une bonne idée ? Les masques chirurgicaux ou en tissu utilisés durant l'épidémie de Covid-19 n’ont aucun effet protecteur face aux microparticules de bois brûlé. Seuls les modèles de type FFP2 ou FFP3 offrent une véritable barrière filtrante, bien qu'ils restent inefficaces contre les gaz toxiques.
A défaut, l'application d'un linge humide sur le nez et la bouche constitue une solution de secours temporaire. Cependant, le ministère de la Santé rappelle une règle stricte : le port d'une protection faciale ne doit jamais retarder une évacuation ou une mise à l'abri ordonnée par les secours.