Décès en France : on meurt moins mais certaines maladies (inattendues) explosent, les révélations du dernier rapport de la Drees
La Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), l'Inserm et Santé publique France dressent un portrait précis de la situation démographique et sanitaire de notre pays en publiant conjointement trois études complémentaires : un Bulletin épidémiologique hebdomadaire (Santé publique France) et deux Études et Résultats (Drees). “Elles s’appuient sur la statistique nationale des causes de décès produite par l’Inserm (CépiDc) à partir du recueil exhaustif des volets médicaux des certificats de décès, de leur codage et de leur analyse” précise la Drees dans un communiqué de presse.
Qu’y apprend-on ? Que si l'espérance de vie continue de progresser pour les deux sexes, certaines pathologies continuent de peser lourdement sur la population voire progressent dangereusement. L'analyse des certificats de décès révèle également un impact grandissant des affections associées dans la mortalité des Français..
Décès en France : quel est le bilan de santé national pour 2024 ?
Pour 2024, 641 046 décès ont été enregistrés sur le territoire, ce qui représente une légère augmentation de 4 000 disparitions par rapport à l'année précédente, selon une étude de la Drees. Malgré ce volume en hausse, le taux standardisé de mortalité affiche une baisse significative de 10,7 décès pour 100 000 habitants. Cette dynamique positive s'accompagne d'une progression de l'espérance de vie à la naissance, atteignant désormais 85,8 ans pour les femmes et 80,2 ans pour les hommes. Concernant les lieux de fin de vie, la majorité des décès surviennent en établissement de santé, suivis par le domicile et les structures médicalisées comme les Ehpad.
Tumeurs et maladies cardiovasculaires, les principales causes de mortalité en 2024
Les tumeurs demeurent la première cause de décès en France, à l'origine de 27,1 % des cas, soit plus de 173 000 personnes, souligne le bulletin de Santé publique France. Parmi ces pathologies, les cancers du poumon, des bronches et de la trachée sont particulièrement fréquents, et grimpent dangereusement chez les femmes.
Une augmentation continue des tumeurs du pancréas est par ailleurs observée depuis une dizaine d'années. Les affections cardio-neurovasculaires, comprenant les infarctus, les AVC et l'insuffisance cardiaque, arrivent en deuxième position avec 21,2 % des décès. A noter : ces chiffres montrent toujours une surmortalité masculine très marquée, le taux de décès par tumeur chez les hommes étant presque deux fois supérieur à celui des femmes.
Maladies respiratoires : le grand bond en avant !
La mortalité imputable au virus du Covid-19 diminue très fortement. Son taux s'établit à 9,7 pour 100 000 habitants, contre 16,6 l'année précédente. En revanche, les chercheurs rapportent une augmentation de 5,3 décès pour 100 000 habitants liés aux autres affections respiratoires. Ce rebond s'explique par des épidémies hivernales particulièrement sévères, notamment des épisodes de grippe et de pneumonies****. Parallèlement, les infections s'intensifient, la mortalité par septicémie représente désormais près de la moitié des décès dus aux agents infectieux et parasitaires.
Quelle est la place des comorbidités dans les certificats de décès ?
L'analyse détaillée des documents médicaux démontre que 32 % des décès sont directement associés à au moins une comorbidité ayant contribué à l'issue finale. L'hypertension artérielle et le diabète sucré s'imposent comme les facteurs de risque les plus fréquents. Chez les personnes de moins de 65 ans, les affections associées dominantes incluent les tumeurs, ainsi que la consommation de tabac et l'abus d'alcool.
Autre enseignement : les disparités territoriales sont particulièrement fortes, la proportion de certificats signalant des causes associées variant du simple au double selon les départements.