Tours : un médecin et une infirmière accusés d’avoir euthanasié un patient

Dernièrement, un médecin et une infirmière, exerçant à l’hôpital Bretonneau de Tours en Indre-et-Loire (37), ont été mis en examen pour suspicion d’euthanasie sur un octogénaire. L’infirmière lui aurait également extorqué de l’argent avant de lui donner des médicaments.
Tours : un médecin et une infirmière accusés d’avoir euthanasié un patientIstock

Selon France Bleu Touraine, un médecin et une infirmière travaillant à l'hôpital Bretonneau de Tours ont été interpellés le 8 septembre dernier pour avoir euthanasié un homme âgé de 82 ans. Celui-ci aurait demandé à son généraliste de l’aider à mourir à son domicile. Les faits remonteraient à un an.

Euthanasie : l’infirmière lui aurait administré une quantité importante de médicaments

En octobre 2019, après une première tentative, le patient se serait réveillé du coma pendant quelques minutes et celui-ci se serait étonné d’être encore en vie. Or, un mois plus tard, l’octogénaire décède. Une autopsie a alors été réalisée et celle-ci aurait révélé un empoisonnement dû à une quantité importante de médicaments.

De son côté, le médecin nie les faits et assure avoir administré un placebo au patient. Il s’agissait d’une injection d’insuline très forte, détaille La Nouvelle République.

L’enquête suppose que l’infirmière aurait administré des médicaments sans ordonnance, à l’insu du médecin.

De l’euthanasie à l’extorsion d’argent

Selon le procureur de la République de Tours, Grégoire Dulin, l’infirmière aurait administré des médicaments à l’octogénaire pendant plusieurs semaines, sans ordonnance.

En plus de l’euthanasie, l’infirmière est également accusée d’avoir détourné 180 000 euros au patient. Cette dernière est actuellement poursuivie pour administration de substances dangereuses ayant porté atteinte à autrui, abus de faiblesse et extorsion d’argent.

La suspecte a reconnu avoir aidé le patient à mourir mais nie l'avoir fait pour l’argent.

Une relation entre le patient et l’infirmière ?

Selon le procureur Grégoire Dulin, "il y avait sans doute une relation qui dépassait le cadre d'une relation entre une infirmière et son patient". Cette dernière était présente tous les jours aux côtés du malade.

L’enquête aurait révélé que l’infirmière et la victime se seraient rencontrées un an avant le décès, selon le Parisien. Ils auraient ensuite entamé une relation "ambiguë". L’octogénaire aurait alors commencé à effectuer des virements à l’infirmière. En revanche, le médecin et l’octogénaire ne se côtoyaient pas à titre personnel.

D’autres personnes seraient également impliquées dans cette affaire. Il s’agirait de quatre proches de l’infirmière. Ils risquent également d’être mis en examen.

L’euthanasie en France : un sujet qui fait débat

En France, l’euthanasie est encadrée par deux lois : la loi sur les droits des malades de 2002 et la loi Clayes-Léonetti de 2016, relative aux droits des patients en fin de vie.

On distingue deux types d’euthanasies possibles. On retrouve la voie active : la mort du patient est provoquée par l’administration d’une substance létale par un médecin. Quant à la voie passive, elle implique le décès de la personne suite à arrêt des soins.

Dans notre pays, seule l’euthanasie passive est autorisée. Une loi a été adoptée en 2004 pour pouvoir laisser mourir les malades incurables. Il s’agit uniquement de stopper les traitements. Or, aider une personne à se donner volontairement la mort reste interdit.

Faites une action inoubliable : en savoir plus sur le leg Unicef

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.