Un couple victime du “syndrome éolien” demande 350 000 euros de dédommagement

Un couple de Belges installé dans le Tarn a estimé que l’installation d’un parc éolien à proximité de leur maison avait gravement nuit à leur santé. Ils réclament 350.000 euros d’indemnisation en justice.

Maux de tête, sentiment d’oppression et malaises

Les éoliennes peuvent-elles rendre malades ? Selon ce couple belge, c’est un grand oui. Les pales géantes installées à proximité de leur maison, dans la campagne tarnaise, sont accusées d’avoir provoqué des maux de tête, des sentiments d’oppression et même des évanouissements.

Les époux Fockaert s’étaient installés en 2004 à Fontrieu, dans le Parc régional du Haut-Languedoc. Six éoliennes avaient été installées peu après, dont une à 700 mètres de leur maison, ce qui est conforme à la distance réglementaire.

Le problème ? L’état de santé du couple s’est dégradé à partir de 2013. Ils ont recommencé à vivre normalement - c'est-à-dire en bonne santé - uniquement après avoir pris la décision de déménager en 2015, sur les conseils de leur médecin.

Vendredi dernier, le couple a donc décidé d’attaquer en justice l’exploitant du parc lors d’une audience civile devant le tribunal de Castres. Au cours des débats, leur avocate, la Toulousaine Alice Terrasse, a demandé la reconnaissance d’un “trouble anormal du voisinage” et demandé 350.000 euros de dédommagement à la société 3D Energies.

Le “syndrome éolien”, un trouble peu connu

Selon leur avocate, qui s’appuie sur deux expertises – l’une médicale, l’autre de sonométrie soulignant la présence d’infrasons – le couple pourrait être victime du “syndrome éolien”. Bien que celui-ci n'est pas encore reconnu par la réglementation, l’experte estime que cette affaire pourrait constituer “un premier pas” vers cette reconnaissance.

Pour la société 3D Energies, Mr Alexandre Bruguière s’appuie, lui, sur les rapports de l’Académie de médecine et de l’Agence nationale de l’environnement. “Ils disent qu’en l’état des investigations scientifiques et techniques, il ne peut pas être établi de lien entre les infrasons et les troubles invoqués par les requérants (…)”, souligne-t-il.

Pourtant, plusieurs études ont déjà souligné les effets néfastes de ces infrasons sur la santé des habitants.

Par exemple, au sein d’une étude menée par le parc éolien de Pacific Hydro à Cape Bridgewater, dans l'État de Victoria, l’ingénieur en acoustique Steven Cooper a mis en évidence un patron unique d’infrasons, qu’il avait baptisé “Signature acoustique de l’éolienne” et sa corrélation avec l’apparition de symptômes chez les riverains qui s’étaient plaints de “sensations” souvent insupportables.

Il s’agit notamment de troubles du sommeil, de maux de tête, de tachycardie, de pressions dans la tête, les oreilles ou la poitrine, etc., tels que décrits par les résidents.

L’acousticien a également identifié “des signaux discrets à basse fréquence modulés en amplitude” émis par les éoliennes, et a trouvé que les victimes y étaient également sensibles. Par ailleurs, la "Signature acoustique de l’éolienne" ne peut être détectée en utilisant des indices de mesure traditionnels, conclut son étude. À leur place, il faut utiliser l’analyse de bande étroite, avec des résultats exprimés en dB (WTS).

Ces résultats suggèrent que les chercheurs doivent mener des études médicales plus sérieuses à ce sujet, afin de déterminer le seuil de ce qui est acceptable ou non en matière de pression acoustique.

En attendant, le tribunal de Castres tranchera le 16 janvier 2020 sur le cas du couple belge.

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