Une personne sur quatre est concernée par des troubles psychiques à un moment de sa vie, selon l’Organisation mondiale de la Santé. Et la pandémie de Covid-19 n’a fait qu’exacerber ce mal-être, pour une large frange de la population. Une problématique entendue par le président de la République qui a organisé, ces 27 et 28 septembre 2021, les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie.

Leur objectif ? Dresser un état des lieux de la prise en charge de la santé mentale des Français, de l’offre de soins en psychiatrie et de l’accompagnement, et proposer des solutions concrètes pour les améliorer. Très attendues par les professionnels de ce secteur, les annonces se sont avérées, pour beaucoup, décevantes.

Séances de psy : comment bénéficier du remboursement ?

Première mesure, très attendue : le remboursement par la Sécurité sociale des consultations de psychologues libéraux dès 3 ans, qui entrera en vigueur en 2022. Mais celui-ci ne se fera que sous certaines conditions… En premier lieu, le patient devra bénéficier d’une prescription médicale pour consulter gratuitement un thérapeute.

Par ailleurs, ce remboursement sera plafonné. La première séance sera prise en charge à hauteur de 40 euros et les suivantes, de 30 euros. Le tout, dans le cadre d’un forfait de sept consultations au total, “qui pourra être renouvelé si la prescription médicale le propose”, a précisé le chef de l’État.

Une mesure inadaptée, selon le Syndicat national des psychologues

Le fait que le remboursement des séances de psychothérapie soit “soumis à prescription et contrôle médicaux” était justement ce que redoutait le Syndicat national des psychologues, estimant que ce serait “catastrophique pour la profession”.

“Vouloir mettre en place une prescription médicale à l’origine d’une séance chez le psychologue est non seulement une lourdeur administrative, mais c’est également nous considérer comme incapable de définir ce qui est nécessaire pour le patient”, détaillait son secrétaire général Patrick Ange Raoult ce lundi à l’AFP. Il conteste également le plafond des remboursements à 30 €, puisque la moyenne des tarifs des consultations est plutôt comprise entre 50 à 60 €.

Santé mentale : les autres mesures annoncées par le gouvernement

D’autres mesures ont été annoncées à l’issue des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie. Ainsi, 800 postes seront créés dans les centres médico-psychologiques (CMP) à partir de l'année prochaine, pour "réduire au maximum les délais d'attente", a précisé Emmanuel Macron.

Par ailleurs, "un entretien systématique autour de la cinquième semaine après l'accouchement" sera instauré début 2022, afin de repérer les dépressions post-partum. Cette forme de dépression toucherait entre 15 et 30 % des jeunes mamans. “Pour les femmes à risque, il sera suivi d’un second entretien autour de la douzième semaine”. Ces entretiens seront conduits par des médecins ou des sages-femmes sensibilisés à la détection de ce trouble, qui réorienteront la patiente vers un psychiatre ou un psychologue s’ils le jugent nécessaire.

Enfin, dès ce vendredi, le nouveau numéro national de prévention du suicide entrera en fonctionnement. "Gratuit, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, depuis tout le territoire national, ce numéro permettra d'apporter une réponse immédiate aux personnes en détresse psychique et à risque suicidaire”, a détaillé le ministre de la Santé Olivier Véran. Une liste plus complète des mesures annoncées est disponible dans le dossier de presse des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie.

Sources

Remboursement du psy, postes supplémentaires... Les annonces de Macron sur la santé mentale, L'Express avec l'AFP, 28 septembre 2021.

Une ambition refondée pour la santé mentale et la psychiatrie en France, dossier de presse, septembre 2021. 

Pourquoi les psychologues sont à nouveau en grève ce mardi 28 septembre ?, Ouest France, 27 septembre 2021. 

Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.