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Si notre microbiote est en bonne santé, notre organisme le sera aussi. En effet, de nombreuses études, menées ces dernières années, ont fait un lien entre un déséquilibre de cet ensemble regroupant des milliers de milliards de micro-organismes et certaines pathologies, en particulier parmi les maladies auto-immunes et inflammatoires.

Microbiote : qu’est-ce que c’est ?

Le microbiote regroupe des bactéries, des levures, des virus, des parasites et même des champignons non pathogènes à un endroit donné du corps humain. Les scientifiques différencient ainsi le microbiote buccal du microbiote vaginal, pulmonaire, ORL, cutané ou encore mammaire.

Le microbiote intestinal (appelé communément flore intestinale) est le plus important de tous en abritant 1013micro-organismes. "Il est principalement localisé dans l’intestin grêle et le côlon, réparti entre la lumière du tube digestif et le biofilm protecteur formé par le mucus intestinal qui recouvre sa paroi intérieure. L’acidité gastrique n’étant pas favorable à la présence de la plupart des micro-organismes, l’estomac héberge cent millions de fois moins de bactéries commensales que le colon", explique l’INSERM sur son site Internet. Il se constitue essentiellement durant la naissance et les 2 ou 3 premières années de vie.

Il joue un rôle fondamental dans la digestion en participant à la dégradation des aliments complexes comme les fibres végétales et l’amidon. Par sa présence, la flore intestinale protège également l’organisme des virus et bactéries pathogènes.

Bon à savoir : La composition des microbiotes s’avère être étroitement liée à notre santé. Un changement de la variété et de la diversité des micro-organismes contenus dans le microbiote constitue un déséquilibre, appelé dysbiose. Depuis quelques années, les médecins associent les dysbioses du microbiote à des vulnérabilités aux infections et à diverses pathologies immunitaires, métaboliques ou inflammatoires.

Plusieurs signes permettent de repérer si la flore intestinale est déréglée.

Signe n°1 : des troubles digestifs fréquents

Signe n°1 : des troubles digestifs fréquents© Adobe Stock

Un déséquilibre du microbiote peut se traduire par des troubles digestifs fréquents, voire chroniques. Ils peuvent toucher différentes parties du tube digestif et se révéler ainsi par des ballonnements, de la constipation, des diarrhées, des reflux gastro-œsophagiens ou des maux de ventre.

"Il n’est pas toujours facile d’identifier les causes de ces troubles qui peuvent être dus au stress, mais qui sont aussi souvent liés à un microbiote déséquilibré" écrit Daniel Sincholle, docteur en pharmacie et pharmacologue spécialisé en nutrition dans son ouvrage Le nouveau guide des probiotiques (Thierry Souccar Editions, 2018).

Signe n°2 : une anxiété récurrente

Le stress, la dépression et l’anxiété peuvent être le signe d’un dérèglement du microbiote. En effet, "intestin et cerveau communiquent et des recherches récentes ont mis en évidence des troubles du microbiote chez les personnes anxieuses et déprimées" dévoile le docteur Sincholle dans son livre.

Comment faire ? "Certains probiotiques par voie orale peuvent diminuer le niveau de cortisol, l’hormone du stress, dont le niveau est élevé dans les troubles anxieux" propose le docteur en pharmacie. "Un probiotique est une bactérie ou une levure extérieure à notre organisme et à notre microbiote - l’ensemble des bactéries de notre organisme - qui apporte un effet positif sur notre santé", expliquait à Medisite le docteur Richard Haddad, médecin généraliste spécialisé en nutrition.

Signe n°3 : des maladies à répétition

Signe n°3 : des maladies à répétition© Adobe Stock

Chaque hiver, c’est pareil, vous attrapez tous les rhumes et toutes les gastro-entérites de votre entourage ? C’est peut-être votre microbiote qui est à blâmer. C’est en effet "le signe que votre système immunitaire ne remplit pas complètement ses fonctions", selon le docteur Sincholle.

Or, "le microbiote est l’un des éléments qui concourent à l’immunité" rappelle le pharmacien.

Signe n°4 : une tendance à prendre du poids facilement

Signe n°4 : une tendance à prendre du poids facilement© Adobe Stock

Le microbiote n’est pas le seul facteur à agir sur la prise de poids, mais il peut y contribuer. Si votre hygiène de vie est saine, que vous faites du sport, que vous observez une alimentation variée et équilibrée cependant que malgré cela vous n’arrivez pas à perdre du poids, votre microbiote est probablement impliqué.

Pourquoi ? "Les chercheurs pensent que la flore intestinale influence la sensation de satiété, la régulation de l’appétit et le niveau de certaines hormones impliquées dans la gestion du poids comme la leptine", nous apprend le docteur Sincholle dans son livre.

Signe n°5 : des diarrhées après un traitement antibiotique

Signe n°5 : des diarrhées après un traitement antibiotique© Adobe Stock

Chez certaines personnes, la prise d’antibiotiques peut dérégler le microbiote intestinal et être à l’origine de troubles digestifs comme des diarrhées. Si c’est votre cas, "ce peut être le signe que votre intestin n’abrite pas suffisamment de bonnes bactéries" relève le docteur Sincholle.

Pourquoi ? "Les antibiotiques éliminent à la fois des bactéries pathogènes et des bactéries utiles, mais si ces dernières ne sont pas en nombre suffisant et pas suffisamment diversifiées, elles peuvent être supplantées par des bactéries mois favorables, ce qui peut conduire à une inflammation intestinale et la diarrhée" détaille le pharmacien.

Comment faire ? Pour éviter ces désagréments intestinaux pendant un traitement antibiotique, vous pouvez entretenir votre microbiote en prenant des probiotiques soit en consommant des aliments et des boissons qui en contiennent en grande quantité (comme les yaourts, le kéfir, le kombucha, la choucroute, les cornichons, les olives ou encore les légumes lacto-fermentés) soit en les prenant sous forme de compléments alimentaires.

Signe n°6 : des troubles du sommeil

Difficultés à s’endormir, insomnie, réveil nocturnes… nos troubles du sommeil pourraient être liés à un microbiote appauvri. Des chercheurs de l’université de Tsukuba (Japon) ont découvert que notre aisance à tomber (et rester) dans les bras de Morphée dépendait des micro-organismes présents dans la flore intestinale.

Ils sont parvenus à cette conclusion après avoir étudié le sommeil de souris ayant pris des antibiotiques pendant 4 semaines. Les rougeurs sous ce traitement connu pour détruire le microbiote, avaient un sommeil plus désorganisé par rapport au groupe témoin. Les animaux traités alternaient plus fréquemment entre phases de sommeil profond et de sommeil paradoxal.

La composition de leur microbiote a été étudiée. "Nous avons trouvé plus de 200 différences de métabolites entre les groupes de souris. Environ 60 métabolites normaux étaient manquants chez les souris dépourvues de microbiote, et les autres différaient en quantité, certains en plus et d'autres en moins que chez les souris témoins", a expliqué Masashi Yanagisawa, professeur à l’université de Tsukuba dans l’article paru en novembre 2020 dans la revue scientifc Reports

Ils ont remarqué également que le microbiote parvenait moins bien à traiter la phénylalanine, la tyrosine et le tryptophane, des acides aminés à l’origine de la production de neurotransmetteurs majeurs dans la régulation du sommeil comme la sérotonine. D’ailleurs les analyses réalisées ont confirmé un déficit de cette dernière chez les souris aux microbiotes perturbées.

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Sources

-Le nouveau guide des probiotiques, Dr Daniel Sincholle, Thierry Souccar Editions 2018
-Le régime microbiote, Dr Richard Haddad, Editions Alpen 2018
-Conférence de presse "Ma santé passe par mes microbiotes" et "Troubles digestifs : quand faut-il consulter" organisée le 3 octobre 2017 par le laboratoire PiLeJe.

https://www.inserm.fr/dossier/microbiote-intestinal-flore-intestinale/

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