Les enthésopathies : épaule, hanche, genou, tendon d’Achille, quels traitements ?

Certifié par nos experts médicaux MedisiteL'enthésopathie est une maladie caractérisée par des douleurs au niveau de l'insertion d’un ou plusieurs tendons. Elle peut toucher le genou, la hanche, le coude, l'épaule, le pied ou encore le talon d'Achille. Elle peut être simple ou s’accompagner de dépôts de calcium : on parle alors d’enthésopathie calcifiante. Quels sont ses symptômes et traitements ? Le point avec le le Docteur Ivan Raduszynski, Médecin - Ostéopathe.
Les enthésopathies : épaule, hanche, genou, tendon d’Achille, quels traitements ?Fotolia

Définition : qu'est-ce que l'enthésopathie ?

Les enthésopathies correspondent à un ensemble de pathologies affectant les enthèses. L’enthèse désigne l’attache du tendon sur l’os et permet la transmission des forces mécaniques du muscle vers l’os afin que le mouvement puisse se produire. Le terme enthésopathie désigne toutes les anomalies pathologiques des insertions y compris les modifications inflammatoires et problèmes dégénératifs

L’enthésopathie peut ainsi se développer à de nombreux niveaux de l’organisme : tendon d’Achillehanche, épaule, genou, coude.

D’origine mécanique ou inflammatoire, elle se manifeste essentiellement par des douleurs qui doivent être prises en charge pour être soulagées.

Les enthésopathies mécaniques sont liées à un traumatisme ou à la pratique d’une activité physique intense (micro-traumatismes répétés). Lorsqu’elle siège au tendon d’Achille, on parle d'enthésopathie achilléenne. C'est l'une des plus fréquentes et elle provoque des douleurs au niveau de l'arrière du pied, dans la zone du tendon qui fixe le muscle du mollet à l'os du talon.

Il existe aussi des enthésopathies de la rotule, de l'arrière de la cuisse (enthésopathie des ischio-jambiers), du coude, de l'épaule.

Les enthésopathies inflammatoires se caractérisent par une atteinte inflammatoire de l'enthèse, on parle alors d’« enthésite ». En cause principalement : la spondylarthrite.

Photo : enthésopathie du bassin sans doute liée à une spondylarthrite ankylosante

Photo : enthésopathie du bassin sans doute liée à une spondylarthrite ankylosante© Creative Commons

Crédit James Heilman, MD — Travail personnel - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

Chiffres : l'enthésopathie est-elle fréquente ?

Les enthésopathies inflammatoires  prédominent aux membres inférieurs.

Responsables de talalgie (douleur au talon) plantaire ou postérieure dans 15 à 40 % des cas, les enthésopathies inflammatoires  calcanéennes (qui touchent l'os du talon) sont les plus fréquentes. Viennent ensuite les enthésites rotuliennes.

Quels sont les symptômes de l'enthésopathie ?

Les symptômes d'enthésopathies sont les suivants : 

  • Douleur localisée : d’origine mécanique ou inflammatoire, une enthésopathie se traduit par une douleur au niveau de l’enthèse touchée. Lorsque l'enthésopathie est d'origine mécanique : la douleur se manifeste lors de la mise en tension de l’enthèse. Ce sont des douleurs à l'effort, ressenties lorsque les mouvements sollicitent le tendon. Lorsque l'enthésopathie est d'origine inflammatoire : douleur plutôt au repos, la nuit et le matin au réveil.
  • Sensibilité au toucher.
  • Gonflement prolongé des tendons d’Achille et rotuliens et un œdème local peut être constaté en cas d’enthésopathie inflammatoire superficielle. 

Quelles sont les causes d'enthésopathie ?

Les deux types d’enthésopathies ont des origines différentes :

  • L’enthésopathie mécanique, caractérisée par une accumulation de contraintes biomécaniques au niveau des enthèses peut être due à :
    • Une sollicitation importante au niveau de l’enthèse, spécialement au niveau du tendon d’Achille (enthésopathie achilléenne) qui s’explique par une tension excessive lors de la pratique intensive d’un sport ou un raccourcissement (rétraction) des muscles du mollet provoqués par la sédentarité et le surpoids.
    • Un traumatisme.
  • L’enthésopathie inflammatoire  qui est quant à elle, consécutive à une affection inflammatoire de l’enthése peut être liée à l’évolution d’une maladie inflammatoire, notamment lors de spondyloarthrites.

Quels sont les facteurs de risques d'enthésopathie ?

  • L’enthésopathie mécanique peut être favorisée par :
    • La sédentarité.
    • Le surpoids.
    • La pratique intensive d’un sport.
  • L’enthésopathie inflammatoire est due à des facteurs génétiques.

Quelles sont les personnes à risque d'enthésopathie ?

Les personnes à risques sont les suivantes :

  • Les sportifs.
  • Les personnes effectuant certains gestes ou certaines mauvaises postures au cours de leur travail.

Durée : combien de temps dure l'enthésopathie ?

« La durée de l'évolution est variable ! Elle dépend de la précocité de la prise en charge thérapeutique. Cela va de 3 semaines dans les meilleurs cas à plusieurs mois dans les tendinites calcifiantes ! », explique notre spécialiste.

 

Contagion : l'enthésopathie est-elle contagieuse ?

L'enthésopathie n’est pas contagieuse.

Enthésopathie : qui, quand consulter ?

Il est préférable de consulter assez rapidement dès l'apparition des symptômes, son médecin généraliste qui pourra orienter vers un rhumatologue afin d'éviter toutes complications.

Quelles sont les complications de l'enthésopathie ?

L’entésopathie inflammatoire (enthésite) évolue par poussées, avec des périodes de rémission. Elles comportent trois phases :

  • La phase inflammatoire.
  • Une phase de déminéralisation de l'os.
  • Une phase tardive, plus rare, d'ossification de l'enthèse qui peut conduire à la formation d'une excroissance : l'enthésophyte.

Enthésopathie : quels sont les examens et analyses nécessaires ?

Les examens cliniques :

  • Interrogatoire par le médecin pour identifier les douleurs caractéristiques d’une enthésopathie.
  • Palpation des tendons par le médecin et recherche de douleur provoquée :
    • À la pression du tendon.
    • À l’étirement passif.
    • À la contraction contre résistance du muscle qui lui correspond.

Les examens d’imagerie médicale :

  • L’échographie : elle peut permettre de montrer une désorganisation des fibres.
  • La radiographie standard : elle ne montre une enthésopathie que lorsqu’elle est calcifiante car le calcium est visible, alors que le tendon lui-même se laisse traverser par les rayons X.
  • L ’imagerie par résonance magnétique (IRM) :elle n’est pas toujours nécessaire si l’examen clinique et l’échographie permettent le diagnostic.

Enthésopathie : quels sont les traitements ?

La prise en charge dépend notamment de la cause identifiée lors du diagnostic.

En cas d’enthésopathie achilléenne, le traitement repose sur :

  • La kinésithérapie : physiothérapie, massages transverses du tendon, exercices d’étirements au niveau des muscles du mollet...
  • Le port d’une attelle à porter la nuit pour mettre le tendon au repos en cas d’enthésopathie sévère.
  • Le port de talonnettes pour soulager la douleur et réduire la sollicitation du tendon.
  • Des traitements médicamenteux : anti-inflammatoires, antalgiques.
  • La mésothérapie : méthode de micro-injections sous-cutanées locales d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens.
  • Le recours aux ondes de choc radiales repose sur l'utilisation d'un appareil qui délivre des ondes capables de traverser la peau pour agir en profondeur. Utilisé pour les sportifs notamment.

Photo : la kinésithérapie fait partie de l'arsenal thérapeutique contre l'enthésopathie

Photo : la kinésithérapie fait partie de l'arsenal thérapeutique contre l'enthésopathie© Fotolia

En cas d’enthésopathie du genou, de la hanche, de l’épaule, les solutions thérapeutiques sont :

  • Du repos.
  • La kinésithérapie.

En cas d’enthésopathie inflammatoire, les traitements reposent sur l'usage de :

  • Myorelaxants.

Prévention : comment éviter l'enthésopathie ?

Les conseils de prévention concernent les enthésopathies mécaniques essentiellement :

  • Pratiquer une activité physique régulière, adaptée à ses capacités.
  • Disposer d’équipements adaptés à sa pratique sportive (chaussures avec de bons amortis).
  • Veiller à avoir une alimentation saine et équilibrée.

Enthésopathie : quels conseils pour faire du sport ?

Conseils du Docteur Ivan Raduszynski :

"Insister sur les périodes d’échauffement, de récupération et de réhydratation, lors de la pratique sportive."

Sites d’informations et associations

https://la-tendinite.fr/enthesopathie-tendinite-calcifiante.html

Source(s):

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-osseux,-articulaires-et-musculaires/maladies-du-pied/enth%C3%A9sopathie-du-tendon-d%E2%80%99achille?query=Enth%C3%A9sopathie%20du%20tendon%20d%27Achille

http://campus.cerimes.fr/rhumatologie/enseignement/rhumato35/site/html/5.html#5

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