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L’homme s’est de tout temps servi de la nature pour se nourrir et se soigner. Il est temps aujourd’hui de lui rendre la pareille. Une étude publiée dans l’American Journal of Public Health indique qu’il est nécessaire de préserver les océans, afin de réduire les risques de maladies pour les populations vivant à proximité.

250 millions de personnes malades à cause des océans pollués

250 millions : c’est le nombre de cas cliniques de gastro-entérites et de maladies respiratoires provoquées par des baignades dans des mers et des océans contaminés, à travers le monde. On comprend donc pourquoi l’état actuel de nos espaces marins, qui couvrent 71 % de notre planète, inquiète la communauté scientifique.

La pollution des océans favorise la prolifération de micro-plastiques, ingérés par les poissons, qui se retrouvent dans nos assiettes. Les bateaux déversent des hydrocarbures et les fleuves drainent les produits toxiques jetés par certaines entreprises. Là aussi, les animaux comme les humains sont impactés.

Les polluants marins peuvent aussi entraîner la mort

D'autres menaces directes pour la santé résultent de la transmission de maladies et de l'ingestion de substances toxiques. Par exemple, dans les communautés autochtones de l'Arctique, les polluants organiques persistants s'accumulent à des niveaux dangereusement élevés. Cela a pour conséquence l'effondrement des pêcheries et la dégradation des moyens de subsistance, en particulier dans les communautés côtières vulnérables. Ces facteurs sont à l’origine de nombreux décès chaque année.

Ces recherches ont inspiré un événement inauguré par les Nations Unies : la Décennie des sciences océaniques pour le développement durable de 2021 à 2030. Ce programme est né d’un constat : la nécessité d’offrir de meilleures conditions de sauvegarde des océans, des mers et des côtes.

Réunissant 1 900 scientifiques, politiques et entreprises privées de tous les pays entre 2019 et 2020, il tend à considérer comme “priorité de la décennie” le traitement des océans, l’objectif étant de les dépolluer et faire face à la montée des eaux.

Vivre près des côtes pour améliorer notre santé mentale

En souffrance face à l’activité humaine, les océans nous rappellent en cette période de crise sanitaire à quel point ils nous sont nécessaires. Alors que nous sommes restés confinés pendant toute une année, les chercheurs mettent en avant l’envie de visiter des sites naturels, comme les zones côtières, qui ont un effet sur notre santé et notre moral.

Plusieurs études scientifiques menées ces dix dernières années ont démontré les effets bénéfiques d’un environnement proche de la mer sur notre bien-être. Vivre à proximité de l’océan ou de la mer peut permettre de lutter contre l’obésité ou les problèmes de santé mentale, en particulier chez les populations défavorisées.

"En collaborant avec les communautés, les dirigeants, les entreprises et les autres parties prenantes, nous donnons un nouvel élan à la recherche, puissante et efficace, de nouveaux moyens de favoriser un changement radical dans la santé publique" souligne la professeure Sheila J.J. Heymans, du Conseil européen de la marine, et co-auteure de cet article scientifique.

Sources

American Journal of Public Health : https://ajph.aphapublications.org/doi/full/10.2105/AJPH.2021.306229

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