Riz et légumes : l'astuce de cuisson méconnue pour diviser par deux leur teneur en cadmium

Publié par Céline Willefrand
le 17/05/2026
femme dans un cuisine en train de préparer du riz
New Planet Media
Photo d'illustration
Les Français sont surexposés au cadmium d’après un rapport de l’Anses paru il y a quelques semaines. Comment diminuer ces toxines ? En adoptant cette méthode de cuisson.

On parle beaucoup de cadmium ces derniers mois. Notamment, depuis que l’Agence nationale de sécurité sanitaire a alerté sur la surexposition de la population à ce polluant environnemental persistant. En cause ? La pollution industrielle et l'usage intensif d'engrais phosphatés qui saturent les terres agricoles.

Les végétaux extraient naturellement ces toxines par leurs racines. Cultivé dans des champs inondés, le riz agit comme une véritable éponge et absorbe jusqu'à dix fois plus de polluants que les autres céréales. Les légumes racines, tels que les carottes et les pommes de terre, stockent également ces éléments toxiques dans leurs couches périphériques, en contact direct avec la terre.

Selon l'Anses, l'alimentation représente aujourd'hui 98 % de l'exposition au cadmium chez les non-fumeurs. À titre de comparaison, si le chocolat noir s'avère très concentré en métaux lourds, il ne contribue qu'à 3 % de cette imprégnation, loin derrière les pâtes et le riz consommés tous les jours. Une exposition continue entraîne de graves atteintes rénales et une fragilité osseuse à long terme.

Riz : quel mode de cuisson pour éliminer le cadmium ?

Oubliez la cuisson classique par absorption totale, typique des cuiseurs automatiques, qui emprisonne irrémédiablement les contaminants au cœur du grain. Pour assainir vos féculents, vous devez privilégier une méthode à grande eau.

Une étude publiée dans la revue Science of the Total Environment préconise la technique PBA. De quoi s'agit-il ? Cette technique consiste à faire bouillir la céréale pendant cinq minutes, jeter cette première eau chargée en toxines, puis terminer la préparation avec une eau propre et renouvelée. Cette astuce élimine jusqu'à 73 % des polluants, sans pour autant détruire les minéraux de l'aliment. En amont, laver abondamment les grains puis les laisser tremper cinq heures avant la cuisson réduit la charge en cadmium de près de 30 %.

Légumes : les règles de préparation

Les métaux lourds se concentrant majoritairement dans la peau des légumes, un épluchage complet est une étape non négociable avant de passer aux fourneaux. Il est ensuite recommandé de frotter vigoureusement les carottes et pommes de terre sous l'eau courante pendant au moins 30 secondes pour détacher les derniers résidus contaminés.

Du côté des modes de cuisson, privilégiez toujours une préparation à l'eau bouillante et prenez soin de vider la casserole. Cette méthode force la migration du cadmium vers le liquide, contrairement à la cuisson à la vapeur qui maintient les substances indésirables à l'intérieur de la chair du légume.

Bloquer l'absorption intestinale avec les bons nutriments

Il faut à notre organisme entre 10 et 30 ans pour éliminer la moitié d'une dose de métaux lourds ingérée. Cependant, certains apports nutritionnels agissent comme une barrière protectrice. Maintenir d'excellents taux sanguins en fer, zinc et calcium empêche ainsi le cadmium de se fixer sur les mêmes récepteurs biologiques.

Le cas du riz complet illustre bien cette dynamique. S'il abrite en moyenne 80 % de métaux lourds en plus que sa version blanche à cause de son enveloppe, sa grande richesse en fibres freine considérablement le passage des toxines à travers la paroi intestinale. Enfin, pour diluer les risques au quotidien, variez vos menus en alternant le blé avec des céréales peu accumulatrices, comme le sarrasin ou le quinoa.

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