L'Anses confirme une surexposition inquiétante des Français au cadmium : 3 gestes essentiels pour se prémunir

Publié par Sandrine Coucke-Haddad
le 25/03/2026
contamination au cadmium en France
Istock
Le cadmium est un métal cancérigène qui altère également les reins, les os, la fertilité et le système cardiovasculaire. L’Anses publie aujourd’hui une expertise qui confirme une exposition inquiétante des Français au cadmium, directement depuis l'alimentation. Deux gestes essentiels pour se prémunir.

Une contamination bien supérieure aux autres pays ! Ce qui explique que nous sommes, bien plus que nos voisins, contaminés à des taux inquiétants de cadmium, un métal délétère pour la santé, qui favorise le développement des cancers, abîme les reins et le cœur et réduit la fertilité. “Si les niveaux d’expositions actuels se maintiennent et qu’aucune action n’est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population” explique Géraldine Carne, toxicologue et coordinatrice de l’expertise à l’Anses dans un communiqué de l’agence.

Cadmium : une alerte sanitaire qui touche la moitié des adultes

De fait, l’enquête de l'Anses dresse un constat particulièrement alarmant : 47,6 % de la population adulte française dépasse les valeurs sanitaires de référence pour le cadmium. L'Hexagone se trouve dans une situation critique par rapport à ses voisins, la toxicologue de l'agence ajoute que l’imprégnation en France s'avère "jusqu'à trois ou quatre fois supérieure à celle d'autres pays comme la Belgique, l'Angleterre ou l'Italie". Comment l’expliquer ?

Identifier les sources de contamination alimentaire

La présence de ce métal dans nos assiettes découle directement des pratiques de l'agriculture intensive, indique l’Anses. Un cardiologue de l'Association Santé Environnement France interrogé par nos confrères du Parisien souligne que « L’agriculture intensive utilise des engrais phosphatés qui en contiennent, entrent dans le sol puis remontent dans la plante, détaille Pierre Souvet. Le cadmium est un métal d’une agressivité incroyable et nous en mangeons matin, midi et soir ». Pour les non-fumeurs, la nourriture constitue jusqu'à 98 % de l'imprégnation totale. Les principaux vecteurs sont des produits de base : les céréales comme le pain ou les pâtes, les pommes de terre, ainsi que les crustacés ou les abats. À noter que chez les fumeurs, l'inhalation aggrave massivement l'exposition, le tabac fixant fortement le cadmium présent dans la terre.

Quels sont les risques de ce poison persistant ?

Le cadmium est redoutable car il est classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction (CMR). Son élimination par le corps humain est extrêmement lente, nécessitant entre 10 et 30 ans pour évacuer seulement la moitié de la dose ingérée. Cette accumulation attaque prioritairement les reins, provoquant des dysfonctionnements sévères. Elle est également responsable d'une fragilité osseuse importante. Selon l'Anses, près de 23 % des cas d'ostéoporose chez les femmes de plus de 55 ans seraient dus à cette exposition. Le coût de l'inaction est d'ailleurs estimé par l’agence à 2,6 milliards d'euros d'ici 2040 pour la prise en charge des fractures associées.

Adopter les bons réflexes pour se protéger

L'Anses recommande d'abaisser drastiquement les limites de cadmium dans les engrais fertilisants pour stopper l'intoxication à la racine. Du côté des consommateurs, attention aux idées reçues : l'agence prévient que l'agriculture biologique reste tout aussi exposée que le conventionnel, car certains engrais autorisés en bio en contiennent également. Pour limiter les risques, la règle de base consiste à diversifier ses sources alimentaires et leurs origines afin d'éviter la concentration issue d'une même zone géographique. Il est également conseillé de rééquilibrer ses menus en privilégiant les légumineuses, comme les lentilles ou les pois chiches, face aux produits à base de blé raffiné. Enfin, réduisez la consommation de produits ultra-transformés et restez vigilants avec les algues alimentaires, ces dernières ayant une forte capacité à fixer les métaux lourds.

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