Plantes dépolluantes : sont-elles vraiment efficaces pour purifier l'air de votre maison ?

Publié par Sandrine Coucke-Haddad
le 28/02/2026
une plante d'intérieur dans un salon
New Planet Media
Si l'idée de transformer son salon en jungle pour assainir l'air est séduisante, il semblerait que l'efficacité des plantes en pot soit en réalité vraiment très modeste ! Alors que cet autre geste dépolluant est au contraire validé par les autorités sanitaires française ! Explications.

Vous le savez, nos intérieurs sont pollués. Parfois plus que les extérieurs ! Chauffages et fumées, produits ménagers, meubles, revêtements et même peintures polluent l’air de façon continue. Depuis quelques années, nombreux sont celles et ceux à vanter l’efficacité des plantes dites dépolluantes pour contrer cette pollution intérieure. Le concept de végétation purificatrice s'est imposé dans nos foyers dans les années 90. Pourtant, face à la pollution domestique liée à nos modes de vie, les plantes ne semblent pas être la meilleure option.

Des études spatiales pas si fiables ?

L'engouement trouve son origine directe dans une expérience spécifique menée par la NASA en 1989. À l'époque, les rapports affirment que certaines espèces végétales, comme la fleur de lune ou le lierre, parviennent à absorber jusqu'à 90 % des polluants, incluant le benzène et le formaldéhyde. Le grand public s'empare de l'information, mais ignore le biais méthodologique majeur de ces tests. Les végétaux ont été évalués dans des chambres en plexiglas totalement hermétiques de moins d'un mètre cube ! Ces espaces confinés, dépourvus du moindre flux naturel, ne reflètent aucunement la réalité aérée de nos habitations. De plus,les derniers travaux sur la question montrent que ce sont essentiellement les bactéries présentes dans le terreau, et non le feuillage de la plante, qui assurent le maigre travail d'épuration.

Plantes dépolluantes : une efficacité quasi nulle dans nos logements

Face à l'argument marketing persistant de certaines jardineries, les institutions sanitaires françaises ont clarifié la situation. L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), via son programme expérimental PHYTAIR piloté entre 2004 et 2011, a testé ces espèces dans des maisons expérimentales. Le verdict est catégorique : en conditions réelles, les rendements d'épuration s'avèrent insuffisants pour contrer les émissions d'un habitat classique. Dès 2011, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) appuyait ce constat, affirmant que l'allégation de dépollution ne repose sur aucune validation scientifique pour les intérieurs domestiques. Ces organismes atteignent rapidement un stade de saturation et voient leur capacité chuter drastiquement dès que la luminosité de la pièce diminue.

Polluants : combien faut-il de plantes dans le salon ?

Une vaste analyse publiée dans le Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology en 2019 a compilé trente années de littérature scientifique sur le sujet. La conclusion est là aussi sans appel : ouvrir une simple fenêtre surpasse l'action de n'importe quelle flore d'intérieur. Pour espérer atteindre le niveau de renouvellement d'une ventilation naturelle basique, les données indiquent qu'il faudrait entasser entre 10 et 1 000 plantes par mètre carré. À titre d'exemple, pour assainir un appartement standard de 50 m², vous devriez acquérir environ 5 000 plantes ! Impossible, à moins de transformer votre salon en une véritable jungle impénétrable.

Mieux que les plantes, voici LE geste dépolluant

Puisque la végétation en pot ne constitue pas un filtre miracle, le ministère de la Santé recommande des actions fiables. La technique la plus efficace consiste à créer des courants d'air réguliers. Ouvrez vos fenêtres 10 minutes, deux fois par jour. Parallèlement, veillez à contrôler les sources d'émanations toxiques en réduisant l'usage de bougies parfumées, de sprays ou d'encens qui libèrent d'importantes quantités de Composés Organiques Volatils (COV). Vérifiez aussi le bon fonctionnement et l'entretien régulier de votre système de ventilation mécanique (VMC). Et bien qu'elles ne nettoient pas l'atmosphère, gardez vos plantes pour leur impact avéré sur la régulation hygrométrique et le bien-être mental. Prenez simplement garde à la surabondance : l'excès d'arrosage favorise le développement de moisissures allergisantes dans la terre, pour les personnes sensibles (les asthmatiques par exemple) ce peut être ennuyeux.

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