Face aux nombreux incendies dans le sud de la France, notamment en Gironde, où près de 17 000 hectares ont déjà brûlé, la question de l’impact sur la santé de l'inhalation de fumée, en particulier chez les personnes à risque, est une problématique majeure. Le Dr Le Guillou, pneumologue et président de l'association Santé respiratoire France, alerte auprès de Medisite sur les risques d’intoxication par les fumées toxiques dégagées par les feux de forêt.

Fumées toxiques : benzène, monoxyde de carbone, particules fines

“Les fumées noires contiennent du benzène, du cyanure et du monoxyde de carbone, responsable des asphyxies, alors que les fumées blanches dégagent des particules fines également très nocives”, précise l’expert auprès de Medisite.

Selon le Dr Le Guillou, “les personnes les plus à risque sont les bébés, et les personnes les plus fragiles et en particulier les personnes qui ont déjà des pathologies respiratoires, que ce soit l’asthme, l'emphysème, certains cancers bronchiques ou les fibroses pulmonaires”. Il précise que pour ces personnes qui ont déjà des pathologies pulmonaires, “le fait d’inhaler les fumées dégagées par les incendies peut aggraver leurs pathologies et être responsables d’une exacerbation”.

Intoxication par les fumées : les signes qui doivent alerter

Concernant les symptômes, à partir du moment où on est en contact avec de la fumée qui est irritante, toxique, “on peut avoir des irritations, soit au niveau de la peau, ça peut brûler, soit au niveau des yeux, ça peut piquer et on peut éternuer, soit au niveau des bronches et on peut tousser”. Le pneumologue estime que ce sont les principaux signes d’exposition à la fumée.

En cas d’apparition de ce type de symptômes, le premier réflexe est selon lui de “boire et d’aller se rincer les yeux pour éliminer un maximum de composants et également de porter un masque pour éviter d’être à nouveau contaminé par la fumée”. Il est également essentiel d’éviter les activités physiques extérieures quand on est en zone d’exposition aux fumées. “Plus on va faire d’exercice, plus on va hyperventiler donc plus on va inhaler de substances”, précise le président de l'association Santé respiratoire France.

Si on ne le fait pas, les symptômes peuvent s’aggraver et on peut voir apparaître des symptômes d’intoxication plus importante avec :

  • des nausées
  • des vomissements
  • des maux de tête

Intoxication à la fumée : quels examens et traitements ?

Dans ces cas-là, il est nécessaire de consulter en urgence un médecin. Le pneumologue précise que quand cela se produit, “la grande crainte est l'intoxication au monoxyde de carbone qui peut nécessiter des traitements spécifiques”. Afin d’être sûr qu’il n'y a pas d'intoxication, le Dr Le Guillou précise que les spécialistes réalisent alors un gaz du sang afin de mesurer le taux d’oxygène et le taux de monoxyde de carbone.

"On fait aussi une prise de sang afin de vérifier s’il n’y a pas d’atteinte rénale", détaille le pneumologue. Pour le président de l'association Santé respiratoire France, en cas d’intoxication au monoxyde de carbone, on peut être amené à faire des traitements hyperbares avec des caissons où les patients peuvent être exposés à une pression supérieure à la pression atmosphérique, ce qui permet principalement d'accroître l'oxygénation des tissus.

Sachant que les fumées des incendies de Gironde sont arrivées jusqu’à Paris, où on sent une odeur de fumée dans certains quartiers, on peut se demander s’il est possible que l’on soit affecté ici malgré la distance. “Les fumées circulent avec le vent, mais la concentration des substances toxiques diminue au fur et à mesure que l’on s’éloigne du foyer principal", tient à rassurer le spécialiste.

Sources

Merci au Dr Le Guillou, pneumologue et président de l'association Santé respiratoire France.

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