C’est l’une des mesures phares du projet de budget de la Sécurité Sociale rendu public ce lundi, le déremboursement des arrêts de travail délivrés lors d’une téléconsultation par un praticien autre que le médecin traitant.

Arrêt maladie déremboursé : une mesure du budget de la Sécurité sociale

Selon le dernier baromètre réalisé par le groupe de protection sociale Malakoff Humanis, 42 % des salariés ont déposé un arrêt maladie en 2022. C'est plus qu’en 2021 (38%) et en 2020 (36 %). Cette hausse s’explique notamment par la reprise des arrêts maladie liés au Covid-19. En effet, la part des arrêts entraînés par le Covid est passée de 6 % en 2020 à 12 % en 2021 et 22 % en 2022.

Selon le ministre de l’Action et des Comptes publics Gabriel Attal : “On a constaté une explosion des arrêts maladie donnés, en téléconsultation, par un professionnel qui n’est pas le médecin traitant. Ce sont près de 100 millions d’euros l’an dernier” a-t-il expliqué au JDD. Le Gouvernement a donc décidé que “Ces arrêts délivrés en visio par un médecin qui n’est pas le médecin traitant ne seront plus remboursés par la Sécurité sociale”. Rendu public ce lundi, le projet de budget de la Sécurité sociale présente, entre autres, une mesure phare visant à dérembourser les arrêts de travail émis en téléconsultation par un praticien différent du médecin traitant déclaré à la Sécurité Sociale.

Un moyen pour le Gouvernement et la Sécurité Sociale de lutter plus largement contre les fraudes aux arrêts maladie : “Les résultats de détection de la fraude sociale sont en constante progression. La détection de la fraude a été multipliée par 2,5 entre 2011 et 2021 et a augmenté de 74 % en cinq ans.”

Arrêts de travail : des raisons et profils différents

Selon l'étude menée par Malakoff Humanis “les femmes sont davantage arrêtées que les hommes. L’écart s’est creusé au fil des années, passant de 6 points en 2016 à 11 points en 2022. Les salariés aidants sont quant à eux toujours très au-dessus de la moyenne avec plus de 10 points d’écart depuis 2018, soit 55% en 2022 contre 42% pour l’ensemble des salariés.” De plus, “C’est dans le secteur de la Santé que le nombre de salariés arrêtés est le plus élevé (53%).”

Autre élément essentiel de ce baromètre : “La dégradation de la santé mentale des jeunes et des managers se vérifie dans le Baromètre Santé et qualité de vie au travail de Malakoff Humanis. Les salariés de moins de 30 ans sont de plus en plus nombreux à se dire stressés au travail (52% vs 47% en 2018) ou épuisés (52% vs 43% en 2018). Ils sont également de plus en plus nombreux à déclarer consommer des somnifères ou des anti-dépresseurs (22% vs 9% en 2014). Et ont toujours plus de difficultés à concilier vie professionnelle et vie personnelle (44% vs 36% en 2014).”

Sources

https://www.lejdd.fr/Politique/gabriel-attal-ministre-des-comptes-publics-nous-ferons-la-reforme-des-retraites-4136490

https://newsroom.malakoffhumanis.com/actualites/avec-plus-de-40-de-salaries-arretes-chaque-annee-labsenteisme-maladie-reste-un-probleme-majeur-2f9e-63a59.html

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