Figuier et soleil : attention à la phytophotodermatose, une brûlure au second degré qui se déclenche au soleil
Profiter des beaux jours pour entretenir son jardin et tailler son verger ou récolter des fruits semble être une activité estivale parfaitement inoffensive. Pourtant, avec le figuier ces opérations peuvent être risquées. Cette menace silencieuse, redoutable lorsque le ciel est dégagé, frappe sans la moindre sommation les jardiniers du dimanche : on parle de phytophotodermatose.
Figuier : une réaction chimique peu connue
La phytophotodermatose est une toxicité cutanée non immunologique provoquée par l'exposition simultanée à une substance végétale et à la lumière naturelle du soleil. Selon l'étude publiée en 2024 dans la revue scientifique Life, la sève du figuier regorge de composants photosensibilisants, principalement identifiés comme des furanocoumarines et des psoralènes. Une fois déposées sur la peau, ces molécules ont la particularité de capturer et d'absorber l'énergie des rayons UVA mesurant entre 320 et 400 nanomètres. Cette activation chimique foudroyante par le rayonnement solaire induit des dommages cellulaires directs et immédiats.
Suite à des travaux d'élagage, un arboriculteur de 46 ans a dû être hospitalisé d'urgence en unité de soins pour brûlés.
L'agression redoutable du latex de figuier
Mais ce n’est pas tout, un rapport clinique paru en 2023 dans le journal Cureus explique que le latex blanc s'écoulant des feuilles du figuier contient de la ficine, une puissante enzyme protéolytique. Cette substance va d'abord dégrader et dissoudre la barrière protectrice naturelle de la peau. Cette brèche facilite considérablement la pénétration des toxines au cœur de l'épiderme. Contrairement à une allergie de contact traditionnelle, ce processus inflammatoire ne demande aucune sensibilisation préalable et impacte indifféremment toute personne exposée.
Des brûlures sévères au deuxième degré
La phase aiguë de la pathologie débute par un érythème, une rougeur intense qui rappelle un coup de soleil extrêmement prononcé. Très vite, la zone touchée se couvre de cloques douloureuses et de phlyctènes confluentes. En cas de contact massif avec le liquide laiteux de l'arbre, les complications s'avèrent redoutables. Un cas clinique documenté en 2021 dans la revue BMJ Case Reports relate la mésaventure d'un arboriculteur de 46 ans. Suite à des travaux d'élagage, le développement d'œdèmes massifs a contraint le patient à être hospitalisé d'urgence en unité de soins pour brûlés. De plus, la cicatrisation laisse très souvent place à une hyperpigmentation résiduelle, formant des taches sombres capables de persister pendant plusieurs années.
Comment éviter d’être brûlé par un figuier ?
Pour éviter ce genre de déconvenue, portez systématique des gants lors de toute manipulation du figuier quand il fait beau. En cas d'apparition de vésicules, consultez rapidement et n’oubliez pas de mentionner que vous avez jardiné et manipulé un figuier. Ce récapitulatif précis empêche les erreurs de diagnostic, évitant de confondre cette pathologie avec une piqûre d'insecte ou une allergie.
Afficher les sources de cet article
- New Insights Concerning Phytophotodermatitis Induced by Phototoxic Plants (2024) publié dans Life (MDPI) - Grosu Dumitrescu C., Jîjie A.R., Manea H.C., et al.
- Fig Tree-Induced Phytophotodermatitis: A Case Report on the Perils of a Hobby (2023) publié dans Cureus - Pinto A.R., Machado Cunha I., Rebelo Gomes E.
- Severe phytophotodermatitis from fig sap: a little known phenomenon (2021) publié dans BMJ Case Reports - Redgrave N., Solomon J.