Un mois sans boire une goutte d'alcool, c'est le défi du Dry January. 31% des Français ont une consommation d’alcool excessive et 17% boivent davantage depuis la crise sanitaire. À l’occasion du Dry January, la Ligue contre le cancer a sorti un sondage inédit mené par BVA sur la consommation d’alcool des Français et souligne l’impact de la crise sanitaire sur leurs comportements. Alors que l’alcool est le deuxième facteur de risque de cancers évitables (voies aérodigestives supérieures, œsophage, foie, sein et côlon) et entraîne plus de 41 000 décès par an en France (par cancers ou autres maladies), la Ligue s’inquiète d’une consommation d’alcool dangereusement banalisée et d’une sous-estimation des risques qu'il entraîne. "Beaucoup de gens identifient un risque à partir de deux ou trois verres, alors que l'alcool est toxique dès le premier verre", signale Emmanuel Ricard auprès du JDD. Près de 9 Français sur 10 déclarent boire (86%) et 31% d’entre eux dépassent les seuils recommandés par Santé Publique France.

Qu’est-ce que le Dry January ?

Pour rappel, le Dry January, que l’on peut traduire par "Janvier Sobre" en français est un challenge lancé juste après le Nouvel An pour détoxifier son corps à partir du 1er janvier. Il consiste à arrêter de boire de l’alcool pendant un mois. Selon une étude menée par l'Université de Sussex, sur près de 3 000 participants au Dry January publiée en janvier 2019, les effets positifs seraient majeurs sur la santé. 71% des participants à l’étude ont mieux dormi, 58% ont perdu du poids, 57% ont constaté avoir une meilleure concentration et 54% ont estimé avoir une plus belle peau. Cette même étude a démontré que, ceux qui participent au mois sans alcool boivent encore moins en été. "À long terme : en août, les gens rapportent un jour sans alcool supplémentaire par semaine. Les avantages immédiats sont considérables : neuf personnes sur dix économisent de l'argent, sept personnes sur dix dorment mieux et trois personnes sur cinq maigrissent", explique le Dr de Visser.

Des bienfaits confirmés par les Français lors de l’enquête menée par BVA. Une large majorité des Français reconnaissent les bénéfices d’une pause dans leur consommation d’alcool pendant un mois sur leur poids (89%), leur énergie (88%), leur concentration (85%) et leurs finances (84%). Viennent ensuite le sommeil (82%), les relations familiales (69%) et les relations professionnelles (66%).

Quel moment est le plus dur pour s’abstenir de boire ?

Le Défi du Dry January porterait bien son nom car arrêter totalement de consommer de d’alcool pendant 30 jours semble difficile pour 29% des Français et pour 59% des gros buveurs. Selon l’enquête menée par BVA pour la Ligue contre le cancer, si 10% seulement des Français déclarent qu’il est difficile de s’abstenir de boire la semaine, le chiffre grimpe à 22% le week-end. Cette proportion atteint une personne sur trois parmi les fumeurs. Les gros buveurs sont, quant à eux, 50% à ne pas pouvoir résister à l’appel de la boisson lorsqu’arrive la fin de la semaine. Largement associé aux moments festifs, l’alcool est souvent déclaré comme incontournable lors des soirées entre amis et des repas en famille.

Les moments où il est difficile de s’abstenir de boire sont :

  • Les soirées entre amis pour 55% des Français
  • Les repas en famille pour 51%
  • Les événements professionnels pour 9%
  • Les moments de déprime pour 7%
  • Les situations de stress pour 7%
  • Après une mauvaise nouvelle pour 7%
  • Quand ils sont seuls pour 6%
  • Quand l’ennui arrive pour 6%
  • Aucun des événements cités pour 31%

L’enquête menée par BVA pour la Ligue contre le cancer dresse un constat préoccupant : la consommation d’alcool est largement banalisée en France. En effet, 31% des Français dépassent les seuils limites recommandés. Les jeunes (18-24 ans) sont particulièrement exposés : 78% d’entre eux déclarent boire de l’alcool et 45% en consomment au-delà des recommandations. L’impact de la crise sanitaire sur les comportements est flagrant : 17% des participants à l’étude estiment boire davantage depuis le début de la pandémie, un taux qui grimpe à 30% parmi les personnes ayant une consommation à risque et à 28% parmi les jeunes de 18 à 24 ans.

Ironie de ce défi, l’enquête révèle que ceux qui ont déclaré vouloir réaliser le défi du Dry January (35%) ont déjà une consommation en dessous des repères recommandés. Mouvement mondial lancé par l’organisation Alcohol Change UK en Grande Bretagne, Dry January est un défi longtemps méconnu en Europe mais qui commence peu à peu à gagner en notoriété en France. 41% des interrogés connaissent le défi, une notoriété qui reste meilleure chez les jeunes et les CSP+ mais moindre chez les fumeurs et les personnes aux plus faibles revenus.

Des cocktails sans alcool

Soft mojito, détox limonade, cocktail à base d’eau aromatisée… Qui dit Dry January ne dit pas la fin des apéritifs entre amis. Comme le dit la célèbre publicité, sans alcool, “la fête est plus folle”. Alors qu’à débuté ce 1er janvier le défi du “Dry January”, que l’on peut traduire par “Janvier sobre” en français, il est toujours possible de miser sur des mocktails (cocktails sans alcool) peu caloriques afin de garder un lien social tout en détoxifiant son organisme après les fêtes avec des recettes de cocktails non seulement sans alcool, mais peu caloriques. “Ces mocktails sont une idée intéressante pour déguster des cocktails réalisés à la demande en ayant le plaisir d’une boisson festive”, confiait récemment à Medisite Ysabelle Levasseur, diététicienne nutritionniste.

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Sources

31% des Français ont une consommation d’alcool excessive,17% boivent davantage depuis la crise sanitaire, Sondage inédit Ligue contre le cancer /BVA communiqué de presse, 3 janvier 2021. 

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