Chaleur : faut-il manger et boire chaud ou froid ?

Publié par Céline Willefrand
le 28/05/2026
verre d'eau glacée et tasse de thé chaud
New Planet Media
Photo d'illustration
Thé glacé ou café ? Gaspacho ou légumes rôtis ? En d’autres mots, est-il préférable de manger et boire chaud ou froid quand les températures s’envolent ? La science révèle que la température de nos aliments détermine notre capacité à éviter la surchauffe. Et ce n’est pas anodin.
 

Lorsque les températures grimpent, notre organisme déploie une énergie considérable pour se maintenir à 37 °C. Et ce que l’on avale, solide ou liquide, joue un rôle assez déterminant dans ce processus, avec pour conséquence une adaptation plus ou moins facilitée aux vagues de chaleur.

Boire chaud agit comme une climatisation naturelle ?

Le mécanisme de l'évapotranspiration explique pourquoi la consommation d'une boisson chaude favorise le refroidissement corporel. Selon une étude publiée dans le Journal of Applied Physiology, ingérer un liquide chauffé à environ 50 °C (soit la température d’une boisson chaude qui a suffisamment refroidi pour éviter les brûlures) stimule les capteurs thermiques situés dans l'estomac. La chaleur de la boisson « déclenche une sudation accrue » qui favorise la perte de chaleur, expliquent les chercheurs. Ce phénomène est parfaitement illustré par la tradition du thé chez les nomades du désert, qui aide à maintenir une température centrale plus basse.

Cependant, cette climatisation interne exige une condition absolue : la sueur doit pouvoir s'évaporer. Par temps sec, boire chaud permet une déperdition thermique nettement supérieure à l'apport de la boisson. En revanche, si l'air est saturé d'humidité, la sueur ruisselle sans s'évaporer. Dans ce contexte précis, la boisson chaude devient contre-productive en accumulant de la chaleur supplémentaire.

L'eau glacée bloque le refroidissement du corps

L'ingestion de boissons très froides constitue en revanche un véritable faux ami. Le froid intense ressenti dans la bouche et l'œsophage envoie un message trompeur au cerveau, lui signalant que l'organisme est déjà refroidi. La production de sueur s'arrête brusquement, ce qui bloque la dissipation de la chaleur interne, précise Peter Poortvliet, chercheur de l'Université du Queensland, dans un article paru dans The Conversation paru il y a une dizaine d’années.

De plus, l'eau glacée provoque une forte contraction des vaisseaux sanguins digestifs. L'organisme doit alors mobiliser de l'énergie pour réchauffer le liquide à 37 °C. Cet effort métabolique génère paradoxalement un réchauffement interne.

Sur le plan digestif, le froid glacé entraîne des spasmes gastriques et des crampes. Chez les personnes plus fragiles, un choc thermique soudain risque de stimuler le nerf vague et peut même déclencher un malaise vagal. Il est ainsi recommandé de consommer des boissons dont la température oscille entre 12 °C et 18 °C. Cette fourchette garantit une vidange gastrique rapide et un rafraîchissement durable.

Repas chaud ou froid : l’assiette adaptée en cas de fortes chaleurs

Et du côté de l’assiette, quelle est la bonne température ? Pour évacuer la chaleur corporelle via la transpiration, le sang est massivement redirigé vers la peau, le système digestif se retrouve alors moins irrigué et fonctionne au ralenti. Lui imposer des repas lourds ou extrêmement froids accentue ce déficit circulatoire, causant l'inévitable somnolence post-prandiale. D'après les centres de santé américains National Institutes of Health, la digestion génère naturellement de la chaleur interne.

Consommer des plats difficiles à assimiler augmente cette thermogenèse. Par exemple, digérer un repas riche en protéines peut faire grimper la température corporelle de 0,5°C à 1°C, selon une méta-analyse parue dans The American Journal of Clinical Nutrition. Une telle surcharge s'avère fatigante pour le cœur lorsque l'air ambiant dépasse la barre des 35°C.

Les repas tièdes pour préserver votre énergie

Les aliments servis à température ambiante ou légèrement tièdes, idéalement entre 20°C et 35°C, sont assimilés sans nécessiter d'effort thermique préalable. Cette douceur ménage vos réserves d'énergie. Les légumes cuits puis refroidis constituent également une excellente alternative. La cuisson ramollit leurs fibres, les rendant bien plus faciles à digérer que les crudités pures, souvent responsables d'une lourdeur intestinale. Par ailleurs, selon une étude publiée dans le British Journal of Nutrition, consommer des plats trop froids en été favoriserait l'apparition de troubles du sommeil et d'anxiété, tandis que la tiédeur apporte un réel apaisement au métabolisme.

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