Greffe : des médecins raniment un cœur mort pour le transplanter

C’est une étape majeure face à la pénurie de dons d’organe. Des médecins américains sont parvenus à ranimer le cœur d’un donneur décédé avant de le greffer avec succès sur un autre patient.

Incroyable mais vrai : des médecins de l’Université de Duke (Etats-Unis) sont parvenus à réanimer le cœur d’un donneur décédé avant de le transplanter sur un autre patient. Pour ce faire, ils ont utilisé un mécanisme circulatoire artificiel qui continue à pomper le sang dans l’organe même lorsqu’il se trouve en dehors du corps.

Pomper le sang et l’oxygène dans le cœur prélevé pour le relancer

On appelle cette technique de pointe la “perfusion chaude”. Après l’avoir prélevé, les médecins ont fait circuler le sang, l’oxygène et les électrolytes dans le cœur du donneur, pour le faire battre à nouveau. Une fois ranimé, l’organe a immédiatement été transplanté, avec succès, dans le corps d’un patient en attente de greffe.

Cette opération a été filmée par le médecin Jacob Niall Schroder, directeur du programme de transplantation cardiaque du centre médical de l’Université de Duke. Ce dernier a partagé ces images sur Twitter dimanche 1er décembre, accompagnées de la légende : “Premier cœur d’un adulte décédé par crise cardiaque greffé aux États-Unis ! Le bassin de donneurs est en pleine expansion”. Cette publication a, depuis, été supprimée.

Une technique qui pourrait enrayer la pénurie d’organes pour les greffes

Selon les experts, cette opération est une étape majeure pour contrecarrer la pénurie actuelle d’organes destinés au don. Elle pourrait même élargir le parc de donneurs jusqu’à 30 %, estime le Dr Schroder dans un autre tweet.

Car jusqu’à présent, le cœur destiné à être greffé devait être prélevé sur un donneur encore en vie, mais déclaré en état de mort cérébrale. En effet, les tissus cardiaques commencent généralement à se détériorer avant même la mort effective du patient. En ralentissant, le cœur reçoit de moins en moins d’oxygène et lorsque la mort est déclarée, il est déjà trop endommagé pour pouvoir être utilisé.

Dans l’attente d’être greffé sur le receveur, l’organe est normalement conservé au froid pour éviter sa décomposition, et ne reste viable que six heures avant de devoir être placé dans un nouveau corps de toute urgence.

L’hôpital Royal Papworth, au Royaume-Uni, était un précurseur

Cette nouvelle méthode, permettant de transplanter le cœur d’un patient décédé a été utilisée pour la première fois à l’hôpital Royal Papworth (Royaume-Uni) en 2015. Si elle reste relativement peu courante - c’est d’ailleurs une première aux États-Unis - Royal Papworth aurait déjà procédé à ce type de transplantation 75 fois depuis leur premier essai, indique le Dr Schroder.

“C’est la première fois aux États-Unis, et c’est un enjeu majeur, car le les besoins et le volume des transplantations sont très élevés, mais quelques centres médicaux à travers le monde, notamment Papworth, ont été les pionniers de cette technique”, rappelle le spécialiste.

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