Maladies cardiaques prématurées : le mode de vie (et non la génétique) serait en cause !

Non, la génétique n’est pas une fatalité. L'activité physique, le tabagisme ou encore le stress jouent un rôle plus important dans le développement des maladies cardiaques prématurées.
Istock

Le mode de vie serait plus fort que nos gènes. Selon une étude présentée le 2 septembre 2019 au Congrès de l'ESC 2019, le mode de vie influencerait énormément les maladies cardiaques prématurées.

Maladies cardiaques : un mode de vie sain réduit le risque

Les résultats de l’étude montrent qu’une bonne hygiène de vie (faire du sport, manger équilibré, ne pas fumer…) permettraient de réduire le risque de maladies cardiaques, même chez des personnes ayant des antécédents familiaux précoces.

"La génétique est un contributeur important des maladies cardiaques prématurées, mais elle ne doit pas servir d'excuse pour dire que c'est inévitable", déclare le Dr Joao A. Sousa, auteur de l'étude.

Pour arriver à ces résultats, l'étude, menée auprès de 1 075 patients de moins de 50 ans, regroupait 555 participants atteints de coronaropathie (une maladie des artères qui vascularisent le cœur aussi appelée “maladie coronarienne prématurée”).

L'âge moyen était de 45 ans et 87% étaient des hommes. Les facteurs de risque et la génétique des patients ont été comparés à un groupe témoin de 520 volontaires en bonne santé (âge moyen : 44 ans et 86% d'hommes).

Cinq facteurs de risque modifiables ont également été évalués : l'inactivité physique, le tabagisme, l'hypertension artérielle, le diabète et l'hypercholestérolémie.

Par ailleurs, tous les participants ont subi un séquençage du génome (consistant à déterminer l'ordre d'enchaînement des nucléotides pour un fragment d'ADN donné).

Près des trois quarts (73%) des patients présentaient au moins trois de ces facteurs de risque, par rapport à 31% des témoins. Dans les deux groupes, la probabilité de développer une coronaropathie augmentait de manière exponentielle avec chaque facteur de risque supplémentaire.

"Les résultats démontrent que la génétique contribue à la coronaropathie. Cependant, chez les patients présentant au moins deux facteurs de risque cardiovasculaires modifiables, la génétique joue un rôle moins déterminant dans le développement de la coronaropathie.", explique le Dr Joao A. Sousa.

"Dans notre clinique, nous entendons d'ailleurs souvent des jeunes patients atteints de cardiopathie prématurée chercher des explications au sein de leurs antécédents familiaux", explique l’expert. "Cependant, lorsque nous examinons les données de notre étude, ces jeunes patients étaient fréquemment des fumeurs, physiquement inactifs, avec des taux de cholestérol élevés et une pression artérielle élevée… Des facteurs pouvant tous être modifiés."

L’étude prouve ainsi que les patients devraient adopter un mode de vie plus sain car leurs mauvaises habitudes influent plus que leurs antécédents familiaux sur le développement de maladies cardiovasculaires.

La coronaropathie, une maladie du cœur très courante

La coronaropathie, ou maladie coronarienne, est la forme la plus courante de maladie du cœur. Elle survient lorsque les artères coronaires du cœur se rétrécissent ou sont obstruées.

Normalement, le sang circule dans les vaisseaux sanguins comme de l’eau dans un boyau. La coronaropathie résulte de l’altération des artères principales qui assurent l’apport du cœur en sang, en oxygène et en nutriments.

Celles-ci se rétrécissent, s’ankylosent ou sont obstruées. On parle alors d’un durcissement des artères ou d’athérosclérose.

La coronaropathie peut entraîner les troubles suivants :

  • Angine de poitrine (douleurs thoraciques)
  • Crise cardiaque (infarctus du myocarde)
  • Arrêt cardiaque (arrêt soudain du cœur)
  • Troubles du rythme
  • Insuffisance cardiaque

Malheureusement, il n’existe pas de véritable solution pour soigner la maladie coronarienne, même si certains traitements, interventions chirurgicales et modification des habitudes de vie (arrêt du tabac, contrôle du cholestérol, alimentation pauvre en gras…) peuvent en ralentir la progression.

Cette maladie demeure la cause de décès la plus fréquente dans l’Union Européenne avec 19% des décès chez les hommes et 20% des décès chez les femmes en 2015.

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