Infarctus : ce n’est pas votre IMC mais votre tour de taille qui prédit le risque

L’IMC, connu pour estimer votre corpulence, s’avère un indicateur limité. Une nouvelle étude suggère qu’il ne suffirait pas pour évaluer vos facteurs de risque d’infarctus. C’est la graisse abdominale qu’il faudrait surveiller.

L’indice de masse corporelle est un outil, reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) permettant de se situer sur une échelle de maigreur, surpoids, obésité ou corpulence normale. Ce dernier correspond à votre poids (en kg), divisé par votre taille (en mètre) au carré. L’IMC est depuis longtemps considéré comme un indicateur de l’état de santé d’un individu. Mais selon une nouvelle étude, il n’est pas sans faille.

En effet, on ne cesse de rappeler que le surpoids explose les risques de maladies cardiaques. Pour évaluer ces risques, on a tendance à prendre en compte l’indice de masse corporelle que présentent les patients. Mais selon les chercheurs, en se référant uniquement à cet indicateur, nous pourrions passer à côté du réel risque.

En réalité, "c’est l’emplacement de la graisse qui compte le plus, partagent les auteurs. La graisse abdominale représentant le plus grand préjudice et non l’IMC lors de l’évaluation du risque d’infarctus".

L’obésité centrale joue un plus grand rôle dans la survenue de maladies cardiaques

L’étude a été menée sur 700 femmes coréennes. "Parce que les maladies cardiaques restent la principale cause de décès dans le monde, une attention particulière a été accordée à leurs facteurs de risques modifiables", affirme l’étude. Depuis longtemps, l’obésité est reconnue comme étant un facteur de risque.

"Le cholestérol, le diabète et surtout le surpoids vont conduire vos artères à s’encrasser et se remplir d’un liquide gras, nous expliquait le Dr Fabien Guez, cardiologue. Cela va réduire la lumière des artères. Et quand le rétrécissement est trop important, le sang tourbillonne et coagule. Un caillot va alors boucher l’artère coronaire qui va se nécroser. Le cœur ne pourra plus oxygéner les organes. C’est la crise cardiaque".

Dans le passé, il a été suggéré que l’obésité globale (qui est définie par l’IMC) était le facteur de risque principal. Peu d’études insistaient sur le tour de taille ou le rapport taille/hanche qui se réfère à l’obésité centrale. Or, cette dernière est particulièrement dangereuse et jouerait un plus grand rôle dans la survenue de maladies cardiaques.

Un risque qui augmente chez les femmes ménopausées

Avant la ménopause, les œstrogènes (hormones sexuelles des femmes) protègent le système cardiovasculaire de la jante féminine. "Ce qui explique en partie pourquoi l’incidence des maladies cardiaques est inférieure chez les femmes non ménopausées, par rapport à celle des hommes", poursuit l’étude.

Cependant, à la ménopause, tout se gâte. Alors que le niveau d’œstrogène diminue chez les femmes durant cette période, le risque de cardiopathie devient supérieur à celui des hommes du même âge.

"Les résultats de l’étude ont toutefois démontré que la présence de maladies cardiaques était significativement plus élevées chez les femmes présentant une obésité centrale, poursuivent les chercheurs. Aucune différence significative n’a été identifiée sur la base de l’IMC. Ces résultats sont particulièrement pertinents pour les femmes ménopausées car la ménopause implique une hausse de la graisse corporelle, et surtout dans la région abdominale".

Les maladies cardiaques étant la principale cause de mortalité chez les femmes, les chercheurs suggèrent alors d’identifier celles qui présentent un excès de graisse abdominale (même si leur IMC est normal) pour pouvoir les suivre et éventuellement intervenir pour améliorer leur hygiène de vie.

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.