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Les causes organiques de la dyspareunie

D’après une étude britannique publiée en 2017, une femme sur dix souffrirait de dyspareunie, c’est-à-dire de douleurs pendant les rapports sexuels. Les femmes, à partir de 50 ans, seraient davantage touchées que les autres, bien que des femmes plus jeunes seraient également victimes de ce phénomène. Ces douleurs ne sont pas sans conséquences sur la santé mentale des femmes touchées. L’étude révèle ainsi des troubles psychosociaux comme une image corporelle négative, une hyper-vigilance à la douleur, l'anxiété, une faible estime de soi et la dépression.

Pour beaucoup, ces douleurs ne sont pourtant pas traitées, souvent à cause d’un sentiment de honte ou d’une mauvaise perception du problème. Mais quelles sont justement les causes possibles des douleurs lors des rapports sexuels ?

Les douleurs lors des rapports sexuels peuvent avoir des causes multiples mais il est important, d’abord, de détecter les causes organiques, même si, comme le rappelle le Docteur Roger Dupuy : « Il est difficile de scinder la part psychogène et la part organique ».

Les infections génitales

« L’une des causes les plus fréquentes dans les douleurs lors des rapports sexuels sont les infections génitales », souligne le gynécologue. La dyspareunie peut résulter d’infections vulvovaginales et urinaires mais également d’infections sexuellement transmissibles (IST). La mycose est l’une des causes les plus fréquentes de douleurs lors de la pénétration. Il s’agit d’une pathologie bénigne.

L’endométriose

L’endométriose se caractérise par la présence, hors de la cavité utérine, de tissu semblable à celui de la muqueuse de l’utérus. Cette maladie chronique touche 10% des femmes. La moitié d’entre elles souffriraient de douleurs intenses pendant et après les rapports sexuels. L’association française de lutte contre l’endométriose, EndoFrance, indique que « les dyspareunies témoignent de lésions situées en arrière du vagin, au niveau de la cloison recto-vaginale. Elles peuvent être également le résultat de l’inflammation qui accompagne une endométriose localisée en regard du fond vaginal, au niveau des ligaments utéro-sacrés, ou celui d’une adénomyose, une endométriose localisée dans l’épaisseur du muscle utérin ».

Les causes hormonales

Lors de la ménopause, de la périménopause ou en post-partum (après l’accouchement), les femmes font face à une baisse du taux d’œstrogènes. Cela implique une baisse de la libido mais également un retentissement au niveau des muqueuses génitales avec lubrification difficile pouvant rendre les rapports sexuels douloureux.

D’autres causes anatomiques

Des douleurs peuvent survenir également après un accouchement difficile, à la suite de déchirures chirurgicales ou bien à causes de malformations génitales. « Il peut y avoir plus rarement des petites malformations de l’appareil génital, des hymens un peu serrés voire imperforés qui entrainent l’impossibilité de pénétration », explique le docteur Roger Dupuy.

La vulvodynie

La dyspareunie est fréquente chez les femmes souffrant de vulvodynie. Cette douleur vulvaire persistante résulte d’un dysfonctionnement du système de modulation de la douleur. Une douleur s’installe alors qu’aucune lésion des tissus n’est détectée.

Quand notre cerveau nous empêche de passer à l’acte

La douleur a donc très souvent une cause organique mais aussi psychogène. Stress, vaginisme, quelles sont ces causes d’ordre psychologique ?

Le vaginisme

Le vaginisme est « une contraction involontaire des muscles périnéaux autour du vagin », résume le docteur Roger Dupuy. Cette peur de la pénétration toucherait 1% des femmes en âge de procréer et 6 à 15% des consultations en sexologie. « La peur de la douleur entraîne la douleur », souligne le sexologue. Avant d’ajouter : « Une femme qui a subi un traumatisme ou a eu auparavant un rapport douloureux à cause d’une simple mycose, par exemple, aura cette appréhension de la douleur qui entrainera de nouveau des rapports difficiles ».

Le stress

Sans forcément avoir peur de la pénétration, un léger stress peut compliquer les relations sexuelles. Le stress diminue en effet l’excitation, entraîne une tension et une diminution de la lubrification naturelle, ce qui provoque indirectement des douleurs.

Traitements contre la dyspareunie

Est-ce que les rapports sexuels douloureux sont une fatalité ? Le docteur Roger Dupuy se veut rassurant : « la dyspareunie s’arrange souvent très bien ».

Traiter les causes organiques

« Les causes organiques sont les plus simples à traiter », explique le spécialiste. Pour soigner une mycose, le médecin prescrira des ovules et l’application de crème anti-mycosique. Pour certaines infections, des antibiotiques peuvent être prescrits. Pour faciliter la cicatrisation et la régénération de la muqueuse, des traitements hormonaux locaux sont recommandés. En cas de lubrification difficile, on peut utiliser des lubrifiants à base d’eau.

L’hypnothérapie contre le vaginisme

En cas de vaginisme ou de stress, l’important est de pouvoir se relaxer. « On peut proposer des séances d’hypnothérapie, d’EMDR (relaxation à partir de mouvements oculaires), des séances de relaxation (sophrologie,…) ou encore de la kinésithérapie qui permet de relâcher le périnée et d’éviter les contractions automatiques », rappelle le sexologue. « L’hypnothérapie présente de très bons résultats dans les cas de vaginisme », rassure-t-il.

Des techniques comportementales permettent aussi à la femme de reprendre le contrôle de la situation et donc de se sentir plus à l’aise avec la pénétration. Enfin, si la cause est plus profonde et fait ressortir des traumatismes plus anciens, il est important d’aller consulter un sexologue.

Sources

https://obgyn.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1471-0528.14518

https://www.endofrance.org/la-maladie-endometriose/symptomes-endometriose/dyspareunie-douleurs-rapports-sexuels/ 

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