Coronavirus : traitements, chloroquine et vaccins en cours de développement

L’épidémie est en train de bouleverser nos vies. Et s’il existait une solution pour cesser ce cauchemar ? On fait le point sur les traitements et vaccins en développement et sur l’avancée des recherches.
Coronavirus : traitements, chloroquine et vaccins en cours de développementIstock
Sommaire

Apparu pour la première fois en décembre 2019, en Chine, le coronavirus se propage à une vitesse alarmante. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré la pandémie. En France, nous avons atteint le stade 3 de l’épidémie et sommes sur le point de subir un confinement généralisé sur l’ensemble du pays, pendant 14 jours minimum.

Face à la propagation du virus, la communauté scientifique internationale est activement mobilisée pour trouver un traitement ou un vaccin.

"Certains remèdes occidentaux, traditionnels ou domestiques peuvent apporter du confort et soulager les symptômes de la COVID-19 mais rien ne prouve que les médicaments actuels permettent de prévenir ou de guérir la maladie", soutient l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L’OMS ne recommande de ne prendre aucun médicament, y compris les antibiotiques, en automédication pour prévenir ou guérir.

"Cependant, plusieurs essais cliniques de médicaments occidentaux ou traditionnels sont en cours. L’OMS fournira des informations actualisées dès que les résultats des essais cliniques seront disponibles", partagent leurs experts.

Traitement du coronavirus : plusieurs essais cliniques en cours…

Le monde de la recherche est sollicité depuis l’arrivée de l'épidémie en Chine. Rapidement, le Covid-19 a été isolé et séquencé pour être étudié par les laboratoires. Ces derniers explorent deux pistes : un projet de traitement qui permettrait de soigner les malades et d'endiguer l'épidémie, et un projet de vaccin, à plus long terme, pour empêcher qu’une nouvelle épidémie réapparaissent dans les mois et les années à venir.

"De nombreux programmes français et européens et des essais cliniques, sont en cours afin d’améliorer le diagnostic, la compréhension et la prise en charge de cette maladie, rapporte le gouvernement. Par ailleurs, des équipes travaillent sur plusieurs pistes de traitement à Paris, Marseille ou encore Lyon ; les protocoles ont commencé. Des équipes sont également à pied d'œuvre pour inventer un vaccin, qui pourra voir le jour dans les prochains mois".

Coronavirus : un antiviral pour traiter le VIH testé

Actuellement, trois essais cliniques prometteurs sont en cours. Ils sont menés à partir de médicaments antiviraux, qui existent déjà. On note Remdesivir, Kaletra et Kaletra-interféron. Ce dernier est un antiviral, utilisé pour traiter le VIH, couplé à une molécule qui régule le système immunitaire du patient, pour empêcher les dégâts collatéraux causés par le virus. Le Remdesivir, traitement antiviral injectable des laboratoires Gilead, développé (sans grand succès) contre le virus Ebola, pourrait se montrer plus efficace contre le Covid-19. Jugé "prometteur", il a déjà été utilisé pour soigner deux patients aux États-Unis et en France.

Cet essai clinique est mené sur un échantillon de 3200 malades européens, dont 800 en France, hospitalisés dans un état grave, a détaillé le Pr Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Bichat à Paris, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue il y a une semaine.

Chloroquine : cet anti paludisme pourrait traiter le coronavirus

Au sein d’une étude parue dans la revue Cell research, des scientifiques chinois affirment qu’un traitement contre le paludisme pourrait soigner le coronavirus. Il s’agit de la chloroquine, médicament employé contre le paludisme, que ce soit en préventif ou en curatif. Si ce traitement ne fait pas l’unanimité chez les experts, l’Institut Méditerranée Infection (IHU) à Marseille a voulu utiliser ce médicament pour tenter de soigner le coronavirus.



Coronavirus : et si la chloroquine, traitement contre le paludisme, était la solution ?


Coronavirus : et si la chloroquine, traitement contre le paludisme, était la solution ?
Alors que le Coronavirus fait de plus en plus de victimes, vous êtes nombreux à vous demander comment contrer l’infection. Selon plusieurs scientifiques chinois, la chloroquine,...


Une étude clinique a été lancée par le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection (Marseille). Dans une intervention, déroulée le lundi 16 mars, l’expert livre les résultats préliminaires, qui semblent "spectaculaires" : au bout de six jours de traitement par Plaquenil, 25 % seulement des patients seraient encore porteurs du virus, la proportion étant de 90 % chez ceux ne recevant pas le traitement. La charge virale à J + 6 serait encore plus basse chez les malades traités en plus par un antibiotique, l’azithromycine. Une publication scientifique est attendue.

"En Chine, en Iran, en Corée du Sud, en Arabie saoudite, l’hydroxychloroquine et la chloroquine font déjà partie des protocoles thérapeutiques, conseillés par des experts, pour certains de renommée mondiale. Il y a urgence à organiser de telles recommandations en France, et c’est ce que j’ai proposé aux autorités sanitaires", partage le Pr Raoult.

Chloroquine : des avis partagés

Au vu de ses résultats, ce mardi, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a indiqué que ces essais cliniques étaient "prometteurs" et seraient étendus sur un plus grand nombre de patients. "Ils seront réalisés avec une équipe indépendante du Pr Raoult", a-t-elle précisé à l’issue du Conseil des ministres, en soulignant néanmoins qu’à ce stade, "nous n’avons pas de preuve scientifique" que ce traitement fonctionne.

Plusieurs experts se montrent, en effet, réticents face à ce traitement. Lors de la conférence de presse de la semaine passée, le Pr Yazdan Yazdanpanah mentionnait certains effets indésirables de la chloroquine. Le médicament contre le paludisme, n'a, à ce jour, pas été retenu en France à cause des interactions médicamenteuses et des problèmes d'effets secondaires notamment sur les patients en réanimation. "Mais si in vivo on montre qu'il y a une efficacité, c'est quelque chose qu'on pourrait ajouter", note le Pr Yazdanpanah.

"J’ai pris connaissance des résultats et j’ai donné l’autorisation pour qu’un essai plus vaste par d’autres équipes puisse être initié dans les plus brefs délais sur un plus grand nombre de patients", a déclaré de son côté, Olivier Véran, ministre de la Santé.

Le laboratoire Sanofi s’est dit prêt à offrir aux autorités françaises des millions de doses de l’anti-paludique Plaquenil, pouvant traiter potentiellement 300 000 malades.

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.