Arthrose : une étude française valide cette méthode sur l’oreille pour les formes inflammatoires et érosives
L'arthrose touche environ 10 millions de Français, soit près de 17 % de la population, et constitue la première maladie rhumatismale dans l'Hexagone. Et la courbe ne risque pas de s’inverser dans les années qui viennent : cette pathologie progresse inévitablement avec le vieillissement de la population et l'augmentation du surpoids. L'incidence atteint ainsi 65 % chez les plus de 65 ans. Avec des conséquences sur le quotidien qui sont lourdes : plus de 90 % des patients rapportent un impact négatif sur leur sommeil et leur moral.
Dans ces conditions, développer de nouvelles pistes thérapeutiques est primordial, d’autant que les formes avancées ou dites érosives associent douleurs et handicap, du fait de la réduction des mouvements. Ceci est d’autant plus vrai pour ce qui concerne l’arthrose de la main, nos mains étant impliquées dans une grande majorité de nos mouvements quotidiens. L’essai clinique mené par les équipes du service de rhumatologie de l’hôpital Saint-Antoine AP-HP et de Sorbonne Université et baptisé ESTIVAL ouvre la voie à des alternatives qui pourraient largement alléger le quotidien des malades.
Arthrose de la main : quelle est cette nouvelle technique non médicamenteuse ?
L'objectif de cet essai clinique était de mesurer l'efficacité de la stimulation transcutanée du nerf vague auriculaire (taVNS). Cette technique vise spécifiquement l'arthrose érosive, une affection marquée par une inflammation intense et une destruction articulaire. Ce protocole rigoureux a impliqué 142 patients suivis dans 18 centres hospitaliers français. La moyenne d'âge des participants était de 66,5 ans, tous souffrant d'une synovite (inflammation de la membrane qui tapisse la face interne des articulations) confirmée par échographie. Le traitement testé repose sur l'utilisation quotidienne d'un boîtier délivrant de légères impulsions électriques sur la surface l'oreille pendant 20 minutes par jour durant 12 semaines.
Neurostimulation sur l’oreille : une efficacité ciblée sur l'inflammation
A quelles conclusions sont parvenus les chercheurs ? Si la réduction globale de la douleur n'a pas dépassé statistiquement celle du placebo pour l'ensemble du groupe à l'issue des 12 semaines, les résultats ouvrent toutefois des perspectives intéressantes sur la mobilité. L'étude démontre en effet une amélioration significative de la fonction de la main et de l'état de santé global ressenti par les patients. Plus important encore, les analyses complémentaires révèlent une réduction de la douleur bien plus marquée chez les malades présentant une forte inflammation initiale. Ce profil de "répondeurs" tire un bénéfice réel de la méthode. Par ailleurs, aucun événement indésirable grave n'a été recensé, ce qui confirme la sécurité de cette solution non invasive.
Arthrose de la main : quels traitements actuellement disponibles ?
La main reste la deuxième localisation la plus fréquente de la maladie après le genou. Elle affecte massivement les femmes, qui représentent 80 à 90 % des cas d'arthrose digitale (qui touche les doigts). La forme érosive, plus rare, se caractérise par une destruction rapide de l'os et une forte composante inflammatoire. Concernant la prise en charge, les recommandations 2024 de la Société Française de Rhumatologie (SFR) mettent l'accent sur les mesures non pharmacologiques. Il convient ainsi de privilégier les exercices physiques, le port d'orthèses et l'application de chaleur. Côté médicaments, les anti-inflammatoires locaux (topiques) doivent être utilisés en première intention avant d'envisager le paracétamol ou les traitements oraux.
Afficher les sources de cet article
- rhumatos.fr
- medscape.com
- sorbonne-universite.fr
- aphp.fr
- inserm.fr
- Communiqué de presse APHP
- aflar.org
- vidal.fr
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