Coronavirus : les pays qui refusent de se confiner

Pays-Bas, Pakistan, Brésil... Certains pays ont décidé, malgré la contagiosité extrêmement élevée du virus, de ne pas se confiner. Mais pour quelles raisons ? Et comment fait la population pour se protéger ? Explications.
Coronavirus : les pays qui refusent de se confiner

Le monde continue de voir la propagation du virus se répandre. Mais suivant les pays, différentes mesures ont été prises pour tenter d’endiguer l’épidémie

Confinement : des mesures différentes en fonction de chaque pays

Après plusieurs semaines d’atermoiements, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a finalement décidé d’appliquer des mesures de confinement en Angleterre.

Mais certains pays sont encore réfractaires à cette idée. C'est notamment le cas du Brésil, de la Corée du Sud, des Pays-Bas...

D'autres gouvernements, déclarent qu'ils ne peuvent tout simplement pas confiner leurs habitants.

C'est le cas pour de nombreux états africains, au Pakistan... et dans d'autres pays où la population vit en dessous du seuil de pauvreté. 

Sur le continent africain par exemple, la mise en œuvre de ces mesures de confinement est très difficile.

D'après nos collègues de France info, "20 à 40 % de la population vit dans ce qu’on appelle pudiquement de "l’habitat informel" : des bidonvilles de tôle sans eau courante ni parfois électricité. Quant au savon, c’est une denrée plutôt rare".

Autant dire que le confinement est quasiment impossible. Ensuite, le déficit en équipement de santé est énorme : même dans des pays urbanisés comme le Kenya ou le Nigeria, on ne compte que quelques dizaines d’hôpitaux. Et le nombre de médecins généralistes par habitants est "20 fois inférieur à celui de la France".

Une situation difficile donc, pour appliquer des mesures de confinement drastiques.

Un autre problème posé par cette stratégie est le fait de se ravitailler, en amont. 

En effet, bon nombre de personnes n'ont pas les moyens d'acheter des stocks de nourriture en avance. C'est le cas, encore une fois, pour tous les pays pauvres, où les habitants trouvent de quoi manger au jour le jour.

Confinement : un impact économique lourd

Outre le manque de moyens et les problèmes de ravitaillement, le confinement a également un impact économique non négligeable.

Le président des États-Unis Trump estime d'ailleurs que cette stratégie est "néfaste" pour son pays, bien qu'il ait appliqué des mesures de confinement jusqu'au début de la semaine prochaine. 

"On peut détruire un pays en le fermant de cette façon", a-t-il déclaré sur Fox News, estimant qu’une "grave récession" pourrait faire plus de victimes que le coronavirus. "On perd des milliers et des milliers de personnes chaque année à cause de la grippe, et on ne met pas le pays à l’arrêt", a affirmé Donald Trump.

Ainsi, le président souhaite rouvrir le pays "assez rapidement", estimant toutefois que les restrictions dureraient certainement "un peu plus longtemps" que les 15 jours initialement annoncés. "J’adorerais rouvrir le pays d’ici Pâques", a-t-il ajouté. Soit le 12 avril. 

Un propos également tenu par le président brésilien, Jair Bolsonaro, qui estime que le virus "menace de détruire" (économiquement) son pays. 

Canada, Russie, Suisse, Espagne, Allemagne... Quelles sont les stratégies des autres pays ?

Voici une liste non exhaustive des stratégies adoptées par plusieurs pays en Europe et dans le monde :

  • Espagne : confinement de la population et rassemblements interdits. Renforcement du système de soins.
  • Allemagne : confinement de la population, rassemblements interdits et dépistage massif. 
  • Royaume-Uni : confinement de la population. Les plus fragiles sont appelés à ne pas sortir de chez eux "pendant au moins 3 mois".
  • Italie : confinement de la population, rassemblements interdits et arrêt de toute activité autre que celle "strictement nécessaire". 
  • Irlande : fermeture de tous les commerces "non essentiels" ainsi que les lieux publics. Seuls les seniors sont appelés à rester confinés.
  • Danemark : confinement de la population.
  • Portugal : interdiction de "déplacement", mais pas de confinement total pour la population. 
  • Suisse : confinement de la population, fermeture des principaux lieux publics.
  • Russie : confinement de la population (ceux qui enfreignent les mesures pourraient risquer jusqu'à sept ans de prison).
  • Canada :  les services et les activités des entreprises sont réduits au minimum. Rassemblements interdits. Le confinement à la maison est "fortement recommandé" par le Premier ministre canadien.

Les pays non confinés peuvent-ils nous contaminer ? 

À priori, non, puisque les frontières de l'Union Européenne sont fermées à tous les ressortissants étrangers et que les "des contrôles renforcés sont instaurés à ces frontières. En outre, "tous les voyages entre pays européens et non-européen sont suspendus." 

Quelques rares exceptions sont prévues pour certaines catégories de personnes comme les personnels de santé d'un pays non-européen impliqués dans la résolution de la crise sanitaire ou les diplomates. "Tout autre cas de figure se verra interdit de rentrer", indique le gouvernement. 

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