Moustiques : faut-il craindre des piqûres jusqu'à Noël cette année ?
Après un été marqué par des épisodes de sécheresse qui ont freiné leur reproduction, les moustiques profitent des conditions météorologiques actuelles pour proliférer. C’est bien simple, ce mois de septembre, les stocks de répulsifs fondent comme neige au soleil : "On a été dévalisés en deux jours. Je n'ai jamais vu ce rayon vide à ce point-là. (...) On n'a pas pu se réassortir rapidement", indique le gérant d’un magasin situé à Nantes au micro de TF1 le 14 septembre dernier.
Comme l'explique Régis Crêpet, météorologue sur La Chaîne météo : “Après avoir été freinés par la chaleur extrême et la sécheresse de juin-juillet, les moustiques profitent désormais des pluies récentes et de températures toujours douces pour retrouver de l'activité. Un deuxième pic est même classique à cette période”.
En période de canicule intense, les adultes subissent une forte mortalité car ils sont « incapables de réguler leur température interne », rappelle l'entomologiste Anna-Bella Failloux, chercheuse à l'Institut Pasteur, au micro de France Info . Les espèces présentent par ailleurs des résistances très inégales : les œufs du moustique commun (Culex pipiens) meurent sans eau, tandis que ceux du moustique tigre (Aedes albopictus), plus résistants, sont capables de « supporter d'être au sec et dans de basses températures pendant des mois » avant d'éclore aux premières averses.
Moustique tigre : une progression continue en France et en Europe
Détecté dans un seul département métropolitain en 2004, le moustique tigre est désormais implanté dans 81 départements en 2025. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) confirme d'ailleurs son installation pérenne dans 30 des 45 pays d'Europe.
A cela s'ajoute une densification locale préoccupante. Anna-Bella Failloux, explique encore que "d'année en année, on voit qu'il se propage dans de nouveaux départements, et que les densités augmentent là où il est déjà installé". Alors que sa période d'activité s'achevait habituellement en novembre, une arrière-saison très douce sans gelée précoce peut prolonger les piqûres jusqu'aux fêtes de fin d'année.
Transmission de la dengue : quelles sont les projections scientifiques ?
Une étude de l'IRD, du Cirad et de l'ICTP publiée dans la revue Global Change Biology en août 2026 révèle que les prochaines années pourraient être encore plus inquiétantes concernant le moustique tigre. Les projections indiquent que 72 % à 96 % de la France métropolitaine sera favorable à sa propagation d'ici 2085.
Cette dynamique favorise l'apparition de cas autochtones de dengue, de chikungunya ou de virus Zika. Le risque d'épidémies locales de dengue pourrait ainsi s'étendre sur 71 % à 95 % du territoire national, épargnant uniquement les zones de haute montagne. De plus, les espaces ruraux et périurbains présentent une vulnérabilité supérieure aux grandes agglomérations, car un même moustique y pique à plusieurs reprises un cercle restreint d'individus, amplifiant la circulation virale. Sur les littoraux méditerranéen et basque, la transmission pourrait même devenir permanente tout au long de l'année.
Prévention : les gestes recommandés pour éloigner les moustiques en automne
Les moustiques pondent dans l’eau. Videz chaque semaine les coupelles sous les pots de fleurs, couvrez hermétiquement les récupérateurs d'eau de pluie et veillez au bon écoulement des gouttières afin de supprimer les eaux stagnantes.
A l’extérieur, privilégiez des vêtements couvrants, amples et de teinte claire, tout en équipant les pièces de vie de moustiquaires. Si vous profitez encore des soirées en extérieur, pensez aux petits accessoires, comme le ventilateur de table, qui éloignent les insectes.
Enfin, l'application cutanée de répulsifs recommandés par les autorités de santé (DEET, icaridine, IR3535 ou PMD/Citriodiol) apporte une protection complémentaire.
Afficher les sources de cet article
- France Info
- TF1
- Medscape
- Radici, A., P. Hammami, F. Fournet, D. Fontenille, and C. Caminade. 2026. “ Aedes albopictus and Dengue Transmission Risk in France Over the 21st Century.” Global Change Biology 32, no. 8: e71017. https://doi.org/10.1111/gcb.71017.