Médicaments génériques : attention avec ces 3 classes de médicaments

Publié par Sandrine Coucke-Haddad
le 25/01/2026
médicaments génériques
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Le médicament générique est-il vraiment aussi efficace que l’original ? Existe-t-il des situations où il faut les refuser ? Les génériques sont sûrs et efficaces pour la majorité des traitements, une prudence toutefois s’impose pour les médicaments à marge thérapeutique étroite (MTE). On fait le point.

Pour des millions de patients, le passage au générique est devenu un automatisme. Pourtant, des interrogations subsistent sur la réelle différence entre les médicaments génériques et les médicaments d’origine (on parle de princeps) ? Point essentiel sur lequel on ne peut revenir : un générique contient rigoureusement la même quantité de principe actif que le médicament d'origine. S’il est proposé aux patients c’est parce qu’il a prouvé son efficacité qui repose sur la démonstration de sa bioéquivalence : le traitement doit délivrer la substance active dans l'organisme à la même vitesse et dans les mêmes proportions que l'original. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) veille à ce que ces critères soient respectés avant toute autorisation de mise sur le marché. Seuls les excipients, qui donnent au comprimé sa forme ou sa couleur, peuvent varier, mais ils ne doivent pas altérer l'efficacité thérapeutique.

Il existe toutefois une catégorie spécifique de traitements qui échappe à la souplesse habituelle de substitution. Il s'agit des médicaments à marge thérapeutique étroite (MTE). Pour ces molécules, la zone de sécurité entre la dose efficace et la dose toxique est extrêmement réduite. Les conséquences d'une faible variation de la concentration sanguine pour les MTE peuvent être immédiates : une perte d'efficacité ou, à l'inverse, l'apparition d'effets indésirables potentiellement graves. C'est pourquoi les autorités de santé imposent un intervalle de confiance resserré (entre 90 % et 111 %) pour valider leur bioéquivalence, contre une fourchette plus large pour les médicaments classiques.

Les trois familles de médicaments sous haute surveillance

La réglementation cible trois classes thérapeutiques majeures où la stabilité du patient ne tolère aucune approximation. La première concerne les traitements antiépileptiques. Pour un patient dont la maladie est stabilisée, le moindre changement de formulation risque de provoquer une réapparition des crises. C'est précisément pour éviter cette rupture d'équilibre que l'on explique pourquoi certains antiépileptiques ne sont pas substituables par un générique de manière automatique. Des molécules comme le lacosamide, la lamotrigine ou le valproate de sodium exigent une continuité stricte de la spécialité délivrée.

La deuxième catégorie englobe les hormones thyroïdiennes, dont la lévothyroxine est l'exemple le plus emblématique. La crise médiatique liée au changement de formulation de ce médicament a mis en lumière la sensibilité extrême des patients aux variations de dosage, aussi infimes soient-elles. Enfin, les immunosuppresseurs, utilisés pour prévenir le rejet de greffe (ciclosporine, mycophénolate mofétil), complètent ce trio. Pour ces patients greffés, le maintien d'une concentration sanguine précise est absolument indispensable à la survie du greffon.

Le verrouillage sécuritaire : médecins et pharmaciens en première ligne

Pour garantir la sécurité des patients sous MTE, le parcours de soin a été renforcé. Le médecin prescripteur dispose depuis longtemps de la possibilité d'apposer la mention "non substituable (MTE)" sur l'ordonnance, verrouillant ainsi la délivrance d'une marque spécifique. Cette exclusion est justifiée par la nécessité médicale de ne pas perturber un patient équilibré.

L'évolution législative récente a également renforcé le rôle du pharmacien dans la non-substitution d'un traitement à marge thérapeutique étroite. Depuis l'arrêté de 2020, même en l'absence de mention explicite du médecin, le pharmacien peut décider de ne pas substituer le médicament s'il estime que la stabilité du traitement est en jeu. Il doit alors inscrire "non substituable (MTE-PH)" sur l'ordonnance et en informer le prescripteur. Si vous vous demandez comment vérifier la bioéquivalence d'un médicament générique en France ou si votre traitement est concerné, le dialogue avec votre pharmacien reste la démarche la plus sûre. En cas de changement inévitable de marque, un suivi médical rapproché et une vigilance accrue quant aux signaux corporels sont impératifs.

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