L'ANSM alerte sur cette technique anti varice
Le traitement des maladies veineuses repose souvent sur des actes perçus comme banals. Pourtant, ces interventions nécessitent une grande rigueur médicale pour éviter des complications sévères. L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) rappelle aujourd'hui la nécessité de renforcer la sécurité autour des soins anti-varices et met aujourd’hui “à disposition des patients et des professionnels de santé des tutoriels d’aide à la déclaration des effets indésirables associés à ces médicaments.”
Sclérothérapie : une technique sous haute surveillance
La sclérothérapie vise à boucher les veines malades en y injectant un produit irritant, sous forme de liquide ou de mousse. Les professionnels utilisent majoritairement des médicaments comme l'Aetoxisclérol ou le Fibrovein. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte aujourd'hui face à la persistance d'effets indésirables graves, et ce malgré les mesures de précaution déjà établies. L'autorité sanitaire pointe du doigt un mésusage régulier de ces produits. Elle observe notamment des défauts dans la préparation des injections et un non-respect fréquent des contre-indications chez certains patients à risque.
Des risques neurologiques et cardiovasculaires graves
L'injection sclérosante expose le patient à la formation dangereuse de caillots sanguins. Selon l'ANSM, les risques de thrombose veineuse profonde, ou phlébite, et d'embolie pulmonaire peuvent survenir jusqu'à 12 semaines après l'intervention. Sur le plan cardiaque, les autorités rapportent des troubles du rythme, des oppressions thoraciques et de rares arrêts cardiorespiratoires. Le risque s'accentue avec la forme "mousse". Si elle se montre très efficace pour traiter les grosses varices, la mousse libère des microbulles dans la circulation. Ce phénomène favorise les troubles visuels et neurologiques. Une étude publiée dans la revue Phlebology démontre que ces effets se manifestent souvent sous la forme de migraines avec aura. La rigueur médicale reste de mise : entre 2008 et 2023, la pharmacovigilance a recensé 7 décès liés à ces sclérosants en France.
Identifier les signes de complications et consulter en urgence
Après votre séance, surveillez attentivement les réactions de votre corps. Consultez immédiatement si vous ressentez un essoufflement soudain, une douleur aiguë dans la poitrine ou si vous développez une toux inexpliquée. Les manifestations neurologiques exigent la même réactivité. Une vision floue, l'apparition de points lumineux, une difficulté à parler ou la paralysie soudaine d'un membre constituent des urgences absolues. Prêtez également attention aux réactions allergiques. Des démangeaisons sévères, une perte de connaissance ou une douleur vive au mollet accompagnée d'un gonflement nécessitent un avis médical rapide. Pour limiter ces dangers, le patient doit obligatoirement rester allongé 10 minutes dans le cabinet après l'acte afin de repérer les réactions immédiates.
Traitement anti-varice : prévenir plutôt que guérir
La prévention commence avant même de passer à l'acte. Lors de l'interrogatoire médical, informez précisément votre médecin de vos antécédents. Mentionnez tout épisode de migraine, votre tabagisme, vos allergies et vos problèmes cardiaques, notamment si vous présentez une anomalie cardiaque comme un foramen ovale perméable. Exigez également le guide d'information destiné aux patients. Pendant le soin, signalez à votre praticien la moindre sensation inhabituelle, qu'il s'agisse d'un goût métallique, de troubles visuels ou de fourmillements. Le médecin doit d'ailleurs disposer d'un équipement de réanimation, incluant un défibrillateur, pour réagir face à toute complication. Enfin, vous pouvez déclarer vous-même tout effet indésirable suspect directement sur le portail en ligne des autorités sanitaires.