Canicule : quels médicaments augmentent les risques de malaise ?

Publié par Edouard Korvaul
le 11/07/2026
malaise dans une pharmacie
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La tête qui tourne, les nausées, puis le malaise. Quand il fait chaud, certains médicaments peuvent devenir des facteurs de risque méconnus de coup de chaleur. Lesquels ? Les 5 principaux.
 

En période de fortes chaleurs, l’organisme maintient sa température interne à 37°C grâce à des mécanismes complexes. Ce processus, appelé thermorégulation, repose sur la dilatation des vaisseaux cutanés et l'évaporation de la sueur. L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) alerte sur de nombreuses classes thérapeutiques capables d'entraver ces réponses physiologiques. Ces interactions majorent dramatiquement le risque de coup de chaleur ou de déshydratation sévère.

Le cerveau sous influence médicamenteuse

Certains médicaments dérèglent directement le thermostat central situé dans le cerveau. Les neuroleptiques ou certains antidépresseurs perturbent le contrôle de la température corporelle par l'hypothalamus. D'autres molécules agissent en périphérie, limitant la production de sueur ou empêchant la dilatation des vaisseaux sanguins. Le danger s'intensifie, car ces traitements diminuent par ailleurs la sensation de soif.

Quels sont les risques liés à la déshydratation ?

La déshydratation demeure une préoccupation majeure quand il fait chaud. Les pathologies liées à la chaleur ont engendré plus de 17 000 recours aux soins d'urgence lors de l'été 2024, selon Santé publique France. Une perte en eau modifie le comportement des médicaments dans l'organisme. Le volume sanguin diminue, augmentant mécaniquement la concentration des principes actifs. Les patients risquent alors une apparition soudaine d'effets indésirables toxiques ou de graves maux de tête.

L'interdiction absolue de l'automédication

Face à ces risques, la prudence est de mise, mais il est impératif de ne jamais modifier un traitement de son propre chef. Toute adaptation de posologie exige l'expertise d'un médecin ou d'un pharmacien. Parallèlement, portez une attention particulière à la conservation de vos boîtes. Les formes liquides et les patchs perdent leur efficacité face à des températures supérieures à 30°C.

Les diurétiques

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 comprimés et un verre d'eau
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Ces médicaments augmentent l'élimination d'eau et de sodium par les reins pour traiter l'hypertension ou les œdèmes. En période de canicule, ils aggravent une perte hydrique déjà importante due à la transpiration.

Le risque majeur est l'insuffisance rénale aiguë ou l'hyponatrémie. Une surveillance accrue du poids et de la tension artérielle par un professionnel de santé s'impose durant les pics de chaleur.

Les neuroleptiques

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 gélules et comprimés
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Utilisés dans les troubles psychiatriques ou la maladie de Parkinson, ils dérèglent le thermostat interne du cerveau. Ces traitements inhibent la sensation de soif, empêchant la personne de s'hydrater spontanément.

Certaines de ces molécules provoquent une hyperthermie maligne, une urgence vitale caractérisée par une hausse brutale de la température. La vigilance est primordiale pour les patients traités par l'halopéridol ou la rispéridone.

Les anticholinergiques

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 gélules et comprimés
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Ces composés se retrouvent dans certains antidépresseurs, antihistaminiques ou antispasmodiques urinaires. Ils empêchent les glandes sudoripares de produire de la sueur, bloquant le refroidissement naturel du corps.

Sans évaporation cutanée, la température interne grimpe rapidement, ce qui favorise le coup de chaleur. Interrogez votre pharmacien pour savoir si votre traitement possède cet effet.

Les anti-inflammatoires

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 boîtes de médicaments et de plaquettes de comprimés
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L’aspirine à forte dose et les AINS comme l’ibuprofène altèrent le fonctionnement des reins, organes déjà sur-sollicités par la chaleur pour retenir l'eau.

Leur usage en automédication est fortement déconseillé pendant une canicule afin d'éviter une toxicité rénale. Privilégiez le paracétamol pour soulager la douleur en respectant scrupuleusement les doses maximales.

Les bêta-bloquants

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 comprimés médicaux blancs
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Prescrits pour protéger le cœur, ces médicaments freinent l'augmentation de la fréquence cardiaque. Lors d'une hausse des températures, le corps a pourtant besoin d'accélérer le rythme cardiaque pour refroidir la peau.

Cette limitation entrave l'adaptation cardiovasculaire indispensable lors d'un stress thermique. Les bêta-bloquants masquent par ailleurs les signes d'alerte cardinaux du coup de chaleur.

Certains antimigraineux

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boîtes de médicaments
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Certains antimigraineux, comme les triptans, agissent par resserrement des vaisseaux sanguins. Ce phénomène bloque la dilatation vasculaire périphérique, étape indispensable pour évacuer la chaleur interne vers l'extérieur.

Ils réduisent également la transpiration chez plusieurs patients. En cas de crise en pleine vague de chaleur, restez impérativement dans une pièce fraîche après la prise du traitement.

Les traitements toxiques par concentration

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gélules et de comprimés
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En cas de déshydratation, le sang est moins dilué. La concentration de traitements spécifiques s'élève dangereusement. Les sels de lithium ou la digoxine atteignent rapidement des seuils toxiques.

Les anti-épileptiques subissent également une altération de leur profil de sécurité à cause du manque d'eau. L'apparition de tremblements, de nausées ou d'une confusion mentale exige une prise en charge immédiate.

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