Tiques : méfiance ce printemps, des tiques porteuses d'un nouveau germe dans plusieurs régions françaises selon un nouveau rapport

Publié par Sandrine Coucke-Haddad
le 23/03/2026
tique en gros plan
New Planet Media
C’est le printemps ! Mais avec lui s’invitent toujours des indésirables. Les tiques par exemple, dont la recrudescence en France est avérée, avec l'émergence de nouveaux germes pathogènes qui obligent à prendre toutes les précautions nécessaires, que l’on habite en ville ou à la campagne.

Le réchauffement climatique modifie le vivant et les zones de vie d’insectes et parasites qui colonisent aujourd’hui notre territoire… comme la tique. A cela s’ajoute un deuxième effet dû au réchauffement climatique : la saison à risque s'allonge considérablement, débutant désormais dès le mois de mars pour s'étendre jusqu'en novembre. Depuis 2017, le programme de sciences participatives CiTIQUE surveille les piqûres de tiques chez l’humain en France. Ce vaste programme a permis aux scientifiques de l’Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), de l’université de Lorraine, de VetAgro Sup et de l’Anses, de cartographier les zones géographiques des différentes espèces de tiques piqueuses d’humains en France, ainsi que celle des agents pathogènes qu’elles contiennent. Les résultats de cette vaste enquête viennent d’être publiés dans la revue Ticks and Tick-borne Diseases, ce mois de mars 2026.

Un constat alarmant : une tique sur quatre infectée

Que nous apprend cette enquête ? Actuellement, 27 % des tiques ayant piqué des humains véhiculent au moins un agent pathogène dangereux. Dans le Sud-Est de la France, notamment dans le Var et les Alpes-Maritimes, cette moyenne se confirme fortement. Les promeneurs des zones de loisirs comme le massif des Maures ou les gorges du Verdon s'exposent à un risque élevé. La menace se rapproche également de nos domiciles. Environ 30 % des morsures signalées surviennent directement dans les jardins privés et les parcs urbains. La vigilance s'impose donc au quotidien, même lors d'une simple sortie près de chez soi.

Identifier la menace des nouveaux germes

Autre constat : la célèbre maladie de Lyme n'est plus la seule inquiétude. L'émergence de la néoehrlichiose, causée par la bactérie Candidatus Neoehrlichia mikurensis, provoque des fièvres persistantes et des complications vasculaires, touchant particulièrement les personnes immunodéprimées.

Parallèlement, l'encéphalite à tique connaît une forte progression. Selon Santé publique France, le pays a enregistré une hausse de 60 % des cas en 2024, avec des foyers épidémiques actifs en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Grand-Est. Le diagnostic médical se complique lorsque 4,5 % des tiques analysées abritent plusieurs agents pathogènes simultanément. Ces co-infections déclenchent des symptômes atypiques comme des vertiges, des malaises ou de l'hypotension. Si l'infection évolue en neuroborréliose, elle expose le patient à des paralysies sévères ou des troubles cardiaques nécessitant une prise en charge rapide.

La tique géante Hyalomma attaque dans le Sud

Enfin, une nouvelle espèce inquiète les autorités sanitaires. La tique Hyalomma marginatum, identifiable à sa grande taille et ses pattes rayées, est définitivement implantée dans 11 départements du littoral méditerranéen. Contrairement aux espèces classiques qui patientent passivement, cette tique est une redoutable chasseuse capable de courir vers sa proie sur près de 100 mètres.

Surtout, elle est le vecteur connu de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo. Bien qu'aucune transmission humaine ne soit documentée en France début 2026, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a identifié le virus dans des spécimens prélevés en Occitanie et en Corse.

Appliquer les bons réflexes de prévention

En l'espèce, prévenir vaut mieux que guérir ! Pour se protéger efficacement, l'Anses recommande le port de vêtements longs de couleur claire pour repérer rapidement les parasites, de chaussures fermées et l'utilisation de répulsifs cutanés. Au retour d'une promenade, une inspection minutieuse du corps est indispensable. Observez attentivement les plis cutanés de l'aine, des aisselles, des genoux et le cuir chevelu.

En cas de morsure, retirez le parasite avec un tire-tique ou une pince fine. N'utilisez jamais d'éther, car ce produit provoque une régurgitation de la tique, augmentant fortement le risque de transmission bactérienne. En cas de signes suspects, consultez votre médecin. Enfin, les citoyens peuvent signaler leurs piqûres et envoyer les spécimens via l'application "Signalement TIQUE", cette démarche aide les chercheurs à suivre la propagation de ces maladies sur le territoire.

Google News Voir les commentaires