Rougeole : flambée des cas et des hospitalisations en 2025, qui est à risque ?
La rougeole n'est pas une maladie du passé et l'année 2025 vient de le rappeler brutalement. Santé publique France, dans son rapport paru le 15 janvier, rapporte un total de 873 cas déclarés sur l'ensemble de l'année, un chiffre qui a presque doublé comparativement aux 483 infections de 2024. Cette recrudescence s'inscrit dans une dynamique mondiale préoccupante, l'OMS ayant déjà alerté sur une explosion des cas (plus de 306 000 cas déclarés dans le monde en 2024 soit +79% par rapport à 2022, selon Vaccination info service) et les Etats-Unis traversant actuellement une recrudescence de cas inédite. Si le pic de circulation a été observé au printemps, le virus a continué de sévir jusqu'en septembre, touchant 71 départements. Le Nord, les Bouches-du-Rhône et l'Aude figurent parmi les zones les plus impactées, concentrant une part importante des foyers infectieux. Et ce n’est pas fini, L’Agence régionale de santé (ARS) d’Auvergne-Rhône Alpes signale deux nouveaux cas à Val Thorens entre le 12 et le 16 janvier 2026.
Rougeole : des complications sévères à ne pas ignorer
Contrairement aux idées reçues qui banalisent cette infection, la rougeole peut entraîner des conséquences médicales lourdes. Les données de 2025 illustrent cette réalité avec une gravité particulière : 36 % des patients infectés ont dû être hospitalisés, soit 314 personnes. Plus inquiétant encore, 12 malades ont été admis en réanimation. Les complications, qui surviennent dans 14 % des cas, sont dominées par des pneumopathies sévères et, plus rarement, des encéphalites. Ce bilan s'alourdit malheureusement de quatre décès, survenus exclusivement chez des patients immunodéprimés. Ces drames rappellent que la protection collective est la seule barrière pour ceux dont le système immunitaire ne peut se défendre seul.
Car la rougeole est un virus extrêmement contagieux. Une seule personne infectée peut contaminer entre 12 et 18 individus non immunisés, un taux bien supérieur à celui de la grippe. Cette volatilité explique pourquoi le moindre relâchement dans la vigilance peut provoquer des foyers épidémiques rapides, comme ce fut le cas lors du pic historique de 2011 avec ses 15 000 cas.
Rougeole : l’importance des rappels
L'analyse des profils infectés met en lumière des trous dans la raquette vaccinale française. Si les nourrissons de moins d'un an, trop jeunes pour être vaccinés, présentent l'incidence la plus élevée, le virus frappe aussi les adultes. L'âge médian des cas s'établit à 16,7 ans, avec une forte représentation des plus de 40 ans. Le constat de Santé publique France est sans appel : parmi les cas éligibles à la vaccination dont le statut est connu, 67 % étaient non ou incomplètement vaccinés (rappel non réalisé).
L'objectif d'une immunité de groupe, fixé à 95 % de couverture, n'est pas encore atteint. C'est ce seuil qui permet d'empêcher la circulation active du virus. La protection n'est efficace qu'avec l'administration de deux doses du vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole). Une seule injection ne suffit pas toujours à garantir une immunité pérenne.
Vérifier son carnet de santé : la marche à suivre
Face à ces chiffres, la vérification du statut vaccinal devient une nécessité pour casser les chaînes de transmission. Les autorités sanitaires rappellent que l'obligation vaccinale concerne les enfants nés depuis 2018, avec une première dose à 12 mois et une seconde entre 16 et 18 mois. Mais l'effort doit aussi venir des adultes. Il est fortement recommandé à toutes les personnes nées depuis 1980 de vérifier leur carnet de santé.
Si vous n'avez reçu qu'une seule dose ou si vous avez un doute, consultez votre médecin ou pharmacien. Un rattrapage est possible et simple à mettre en œuvre : il consiste en l'administration d'une ou deux doses de vaccin, espacées d'au moins un mois. Cette démarche protège l'individu, mais elle constitue surtout un rempart pour les plus fragiles, notamment les nourrissons et les personnes immunodéprimées (qui ne peuvent pas se faire vacciner, rappelle le Réseau Français des Centres Régionaux de Pharmacovigilance) pour qui la rencontre avec le virus peut être fatale.