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L’infarctus du myocarde

D’après une étude publiée par le British Medical Journal en 2010, une réduction de température de 1 °C est associée à une élévation de 2 % du risque d’infarctus du myocarde dans les 4 semaines qui suivent. Les périodes les plus à risque étant les 2 premières semaines.

Pourquoi : chaque hiver, l’organisme doit mobiliser davantage d’énergie pour contrer les effets du froid et maintenir la température du corps.

"Pour cela, le cœur se met à battre plus rapidement. Sa consommation d’oxygène augmente, favorisant la coagulation du sang. Par ailleurs, le froid est aussi une source de déshydratation, ce qui réduit la fluidité du sang et demande plus d’effort au cœur.", explique le Dr Assyag.

Les personnes les plus touchées : celles qui souffrent d’une pathologie cardio-cérébro-vasculaire (hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, antécédent d’infarctus du myocarde, angine de poitrine…), troubles du rythme cardiaque, AVC… L’âge doit également être pris en compte.

À partir de 70 ans, la fragilité cardio-vasculaire face au froid augmente. Le danger existe avec des températures négatives, mais aussi avec des variations de températures d’un jour à l’autre.

Comment limiter les risques :

  • réduisez les sorties en cas de grands froids surtout si vous avez des problèmes cardiaques.
  • oubliez le sport ou les activités physiques intenses (déneiger sa voiture) en extérieur sans échauffement préalable.
  • si vous devez vous déplacer, habillez-vous chaudement en couvrant plus spécifiquement les extrémités (mains, pieds) ainsi que la tête et le cou. Les hommes chauves présentent un risque accru d’accident cardiaque.

L'AVC

L'AVC

Pourquoi : lorsque les températures baissent, l’activité du cœur est fortement sollicitée. L’organisme doit mobiliser davantage d’énergie pour lutter contre les effets du froid et maintenir la température du corps.

"Ainsi, les battements du cœur s’accélèrent, la consommation d’oxygène augmente, la contraction des vaisseaux s’accentue. Ces mécanismes favorisent l’augmentation de la tension artérielle et de la coagulation sanguine.", explique le Dr Assyag.

Des facteurs qui augmentent de façon importante le risque d’être victime d’une attaque cérébrale.

En plus : pas besoin de grandes chutes des températures. Selon une étude allemande de l’université Jena University Hospital de Thuringe* en 2016, une baisse même modeste des températures (une perte de 2,9°C) peut augmenter de 11 % les risques d’AVC dans les deux jours suivant la baisse. Et chez les patients particulièrement à risque comme ceux souffrant de cholestérol, les fumeurs…, le risque peut atteindre 30 %.

La thrombose artérielle

La thrombose artérielle

C’est-à-dire : une thrombose est un caillot de sang, qui peut se former dans une artère et entraîner un AVC ou un infarctus du myocarde.

Pourquoi : "Le nombre d’accidents cardio-vasculaires augmente en hiver et ces derniers sont responsables d’environ la moitié de la surmortalité à cette saison. En hiver, la moindre activité physique demande un effort important au cœur, si bien que marcher dans le froid équivaudrait à courir un 100 mètres.

Les artères coronaires se contractent (spasme), ce qui peut provoquer une rupture des plaques d’athérome (amas graisseux déposés sur leurs parois). Cela peut alors induire un accident aigu par thrombose.", explique le Pr. Claire Mounier-Vehier, cardiologue au CHU de Lille et Présidente Honoraire de la Fédération Française de Cardiologie.

Froid + stress + tabac = risque d’accident cardiaque !

Froid + stress + tabac = risque d’accident cardiaque !

Certaines associations comportementales sont dangereuses pour la s anté de notre cœur.

Ainsi : imaginez que vous avez une réunion stressante au travail. Pour vous détendre, vous sortez fumer une cigarette alors qu’il fait très froid. Le stress entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque. Le froid contracte l’artère coronaire. Le tabac accélère également le cœur, tout en intensifiant le rétrécissement de l’artère.

"Sous la convergence des trois facteurs, celle-ci peut se boucher complètement si elle est le siège de plaques d’athérome en formation, et entraîner un infarctus du myocarde.", explique le Dr Assyag.

Pourquoi le froid favorise l’augmentation d’autres maladies :

  • La tendance à la concentration de la population dans des espaces confinés et peu ventilés l’hiver augmente le risque d'infections respiratoires (rhumes, angines, bronchites, grippes…).
  • Le froid altère parallèlement le fonctionnement de notre système immunitaire.
  • Les muqueuses nasales réchauffent l'air avant son arrivée dans nos poumons. Cela provoque l'assèchement de la barrière physique que constitue le mucus.

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Sources

Remerciements au Dr Patrick Assyag, cardiologue et membre de la Fédération française de cardiologie.

Étude de 2010 publiée sur British Medical Journal - Bhaskaran K. et al., Short term effects of temperature on risk of myocardial infarction in England and Wales: time series regression analysis of the Myocardial Ischaemia National Audit Project (MINAP) registry, 2010.

Étude allemande de l’université Jena University Hospital de Thuringe en 2016.

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