Cancer de la prostate : une chirurgie novatrice qui prévient l’impuissance

Le traitement du cancer de la prostate repose souvent sur l’ablation de cette glande. Or cette opération entraîne souvent une dysfonction érectile. Des scientifiques ont mis au point une technique novatrice qui préserve la virilité.

Parmi les effets indésirables possibles d’une opération de la prostate, l’impuissance est particulièrement redoutée par les hommes. Cette information devrait donc les rassurer, puisqu’une nouvelle technique chirurgicale vient d’être mise au point, sans impact sur la vie intime des patients.

Cancer de la prostate : l’opération traditionnelle peut vous rendre impuissant

Avec 50 430 nouveaux cas estimés en 2015 en France métropolitaine, le cancer de la prostate est le plus fréquent chez les hommes. Grâce aux progrès de la médecine, son taux de survie est relativement élevé - 90 % à cinq ans.

Malheureusement, certains patients refusent la chirurgie, par crainte des effets secondaires. Car au cours de l’opération consistant à retirer la prostate - la prostatectomie - les nerfs essentiels à la fonction sexuelle peuvent être endommagés, voire retirés. Ils courent alors le risque de laisser le cancer se développer… Et les tuer.

Cette technique chirurgicale novatrice préserve votre vie sexuelle

Pour pallier ce problème, des scientifiques britanniques ont développé une technique chirurgicale novatrice, qui limite considérablement les dommages possibles. Selon les experts, elle pourra être disponible dans les hôpitaux anglais d'ici cinq ans.

“Presque tous les hommes opérés de la prostate souffrent de lésions nerveuses. Cela endommage leur vie sexuelle, car ils ne peuvent plus avoir d'érections complètes. Cette nouvelle technique devrait permettre aux hommes subissant une prostatectomie de rester sexuellement actifs”, indique le Dr Greg Shaw, qui dirige cet essai clinique à l’University College London.

Prostatectomie : comment fonctionne cette nouvelle opération ?

Le début de l’opération est le même que traditionnellement : le patient est placé sous anesthésie générale, et le chirurgien lui retire la prostate. Cet organe est immédiatement examiné au microscope par un pathologiste. Si aucun cancer n’est détecté dans la zone adjacente aux nerfs, l’opération s’arrête là.

En revanche, si les parties de cette glande censées être à proximité des nerfs sont cancéreuses, le chirurgien procède à l’ablation de ces derniers. Autrement dit, les nerfs ne sont retirés que si le risque est avéré.

À l’heure actuelle, on retire les nerfs en prévention

Dans le cadre des procédures existantes, les nerfs sont presque systématiquement retirés en prévention, car les médecins n’ont aucun moyen de savoir si les cellules nerveuses sont cancéreuses ou non.

“La tendance actuelle est de ne pas épargner les nerfs, si l’on pense qu’il y a un risque de laisser des cellules cancéreuses dans l’organisme du patient”, explique le Dr Shaw. “Nous savons pourtant qu’il est possible de préserver les nerfs. Et plus il lui reste de tissu nerveux, plus un homme a des chances de conserver sa vigueur après une chirurgie”.

Le spécialiste précise que si on lui a retiré la totalité des nerfs de cette zone, “il est extrêmement improbable [qu’un homme] soit toujours vigoureux, même avec du Viagra”.

Certains hommes préfèrent mourir d’un cancer que d’être impuissant

Le Dr Shaw a lancé cet essai clinique après avoir vu deux jeunes hommes se retrouver avec un cancer incurable, car ils avaient refusé la chirurgie. “Ils ont choisi de ne pas subir d’intervention chirurgicale car ils avaient très peur des effets secondaires. Mais le cancer s'est propagé, ce qui signifie qu'il n'était plus curable. Ils vont mourir de ce cancer”, déplore le médecin.

Pour l’instant, cette procédure unique au monde est proposée à Londres, Bristol, Sheffield et Glasgow. Si elle s’avère cliniquement efficace et adaptée au système de santé du pays, elle pourra être généralisée aux autres établissements hospitaliers britanniques, voire même traverser les frontières.

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Source(s):

NeuroSAFE PPI Day, University College London. 

The prostate surgery that WON'T harm your sex life: New technique could spare men from the cruel side-effect of impotency, DailyMail, 19 novembre 2019.