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Selon des chiffres de l’Association de Patients souffrant du Syndrome de l'Intestin Irritable (APSII), environ 5 % de la population française serait affectée par ce qu’on appelle également la colopathie fonctionnelle. « La colopathie fonctionnelle représente en France près de la moitié des consultations en gastro-entérologie et est une source fréquente de consultations en nutrition », précise Corinne Chicheportiche-Ayache. Mais qu’est-ce que ce syndrome ?

Qu’est-ce que le syndrome de l’intestin irritable ?

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est un trouble qui affecte le côlon (ou gros intestin). Ce trouble provoque des douleurs abdominales fréquentes et chroniques. Plus précisément, les patients atteints de colopathie fonctionnelle souffrent des symptômes suivants :

  • maux de ventre (spasmes et crampes) ;
  • constipation ou diarrhée (ou une alternance des deux) ;
  • ballonnements incontrôlés.

Avant d’obtenir un diagnostic, il convient d'exclure d’autres troubles gastro-intestinaux comme la Maladie de Crohn, l’intolérance au lactose, la maladie cœliaque (intolérance au gluten) ou encore les cancers colorectaux.

Si elle n’est pas dangereuse, la colopathie fonctionnelle bouleverse le quotidien de ceux qu’elle affecte. « Ce trouble peut s’avérer très invalidant. Les personnes redoutent les moments où ils sont incommodés par les symptômes (ballonnements, gaz, besoin de se rendre aux toilettes), par exemple, en réunion professionnelle ou lors d’un temps de transport », souligne le médecin nutritionniste.

En plus des douleurs, le SII peut être moralement éreintant et obliger les patients à restreindre drastiquement leur alimentation, espérant ainsi limiter les symptômes, alors que la prise en charge ne repose pas que sur l’alimentation.

Qui est touché par ce syndrome ?

Si le syndrome de l’intestin irritable peut affecter l’ensemble de la population, apparemment, les femmes et les jeunes adultes en sont davantage atteints. On retrouve également une propension importante de personnes sujettes au stress. « Les colopathes fonctionnels sont plutôt des femmes que des hommes, souvent de jeunes adultes avec un profil plutôt anxieux », résume ainsi la spécialiste.

La colopathie fonctionnelle, un trouble encore méconnu

Bien qu’il soit très répandu, les causes du syndrome de l’intestin irritable restent encore méconnues. Un mal d’autant plus frustrant pour les patients puisque, même après une batterie de tests, aucun problème d’ordre organique n’est jamais détecté. « À ce jour, aucune cause n’a été précisément identifiée », souligne Corinne Chicheportiche-Ayache. Avant d’ajouter : « Néanmoins certaines hypothèses telles que l’hypersensibilité intestinale et l’altération de la motricité intestinale sont souvent avancées ».

Les troubles de la motricité intestinale

Étant donné que les patients souffrent de diarrhées ou de constipation, apparemment, la colopathie fonctionnelle peut être liée à une altération de la motricité intestinale. Les mouvements de contraction des muscles intestinaux permettent, en effet, de faire avancer la nourriture dans le tube digestif. Or si la motricité est trop lente ou trop élevée, le transit est affecté dans un sens ou dans l’autre.

L’hypersensibilité intestinale

Des études démontrent également que plus de la moitié des personnes souffrant de SII seraient atteintes d’une hypersensibilité intestinale. Les personnes concernées ressentent de manière plus forte l’activité normale de l’intestin comme les contractions et les gaz.

Une dysbiose du microbiote

La troisième raison évoquée serait liée aux deux précédentes. Le déséquilibre du microbiote (flore intestinale), ou dysbiose, pourrait être justement responsable de sensibilités digestives, ou bien de troubles de la motilité intestinale. L’hyperperméabilité intestinale est une hypothèse complémentaire.

Comment peut-on traiter la colopathie fonctionnelle ?

Si les causes de la colopathie fonctionnelle sont encore méconnues, peut-on cependant la traiter ? Un traitement comme tel n’existe pas, mais certaines actions peuvent être prises pour soulager le patient. Il n’y a donc pas de solution miracle et il est souvent nécessaire d’agir à la fois sur son stress, son alimentation et sa flore intestinale, le tout en testant plusieurs méthodes afin de déterminer ce qui lui convient le mieux. « La prise en charge de la colopathie fonctionnelle est multifactorielle », insiste Corinne Chicheportiche-Ayache.

Traiter les symptômes du syndrome de l’intestin irritable

Le plus important pour les patients reste de soulager les douleurs liées au syndrome. Un médecin peut donc prescrire des antispasmodiques, afin de limiter les douleurs abdominales. Des anti-diarrhéiques ou encore des laxatifs peuvent aussi être recommandés, selon les symptômes du patient.

Réguler le microbiote intestinal

Un déséquilibre de la flore intestinale peut avoir des effets sur le syndrome. Il est donc important de réguler son microbiote en faisant des cures d’un mois de probiotiques. Ces bactéries non-pathogènes permettent de restaurer la flore intestinale. « La mise en œuvre de cures d’au moins un mois de probiotiques de façon régulière et en alternant les différentes formules et compositions contribue à un meilleur confort digestif », explique le médecin nutritionniste.

Réguler son stress

Si le stress n’est pas à l’origine du syndrome, il amplifie grandement les symptômes. Il est donc essentiel pour Corinne Chicheportiche-Ayache de mettre en place des « démarches visant à réduire le stress ». Il faut encore une fois écouter son corps et tester différentes méthodes pour trouver la plus efficace, que ce soit de la sophrologie, de l’acuponcture, de la méditation, de l’hypnose, instaurer une routine rassurante ou encore prendre des compléments alimentaires, notamment ceux riches en rhodiola.

Restaurer une meilleure perméabilité intestinale

Des cures régulières de glutamine (un acide aminé) permettent d’augmenter la perméabilité intestinale, qui est impliqué dans le développement du syndrome.

Agir sur l'alimentation

L’alimentation a un rôle essentiel dans la prise en charge de ce syndrome, même si, encore une fois, exclure ou enrichir son alimentation de certains aliments ne suffit pas à guérir complètement. Le régime FODMAP’s (Fermentable by colonic bacteria Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols) est souvent évoqué.

« Il consiste en la réduction de la consommation de certains fruits, légumes et céréales particulièrement riches en saccharides (ou sucres) propices à la fermentation », explique la nutritionniste. Avant d’ajouter : « la mise en place seule du régime FODMAP’s ne permet pas de traiter le SII. Il convient vraiment de l’associer avec la régulation du stress et du comportement alimentaire, le traitement de la dysbiose intestinale et de la perméabilité intestinale ».

De manière générale, il est préférable de réduire les matières grasses qui stimulent les réflexes gastro-coliques de l’intestin, mais aussi les choux, les légumes crus ou encore les aliments acides (café, thé, agrumes, alcool…). En revanche, il faut privilégier les légumes cuits, les pêches et nectarines, la viande blanche et le poisson ou encore les céréales (avoine, orge ou seigle). Attention cependant à ne pas vous sous-alimenter et optez pour une alimentation équilibrée pour éviter des carences.

Prendre le temps de manger (au moins 25 minutes) dans des conditions calmes en mastiquant bien limite aussi les symptômes de la colopathie.

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Sources

Merci à Corinne Chicheportiche-Ayache, médecin nutritionniste à Paris. 

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