Tiques : ce qu’il faut faire immédiatement après une morsure

Publié le 10 Juillet 2019 à 12h18 par Agathe Boussard, journaliste santé
Les tiques peuvent transmettre des maladies graves. C’est pourquoi il est indispensable de connaître les gestes à adopter en cas de morsure. Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg, nous explique ce qu'il faut faire.

Tiques : ce qu’il faut faire immédiatement après une morsure© Istock

En France, de nombreuses espèces mordent. Parmi elles, la désormais trop célèbre tique. Cet acarien se cache dans les prairies, les hautes herbes, les bois et peut être porteur de maladies graves, la plus connue étant la maladie de Lyme. Avant toute sortie dans la nature, il est donc indispensable de vous protéger avec des vêtements longs et des produits répulsifs. Mais si les précautions prises n’ont pas suffi à vous mettre à l'abri d'une morsure de tique, et que vous avez détecté ce gros acarien sur votre peau, voici ce qu’il faut faire.

Examinez votre peau à la recherche d’autres tiques

Examiner très attentivement votre peau après chaque balade dans la nature doit être un rituel. D’abord parce qu’une tique est très petite, 1 mm pour une nymphe (le stade après la larve), 3 mm pour un adulte. Il est donc difficile de la repérer si on n’y prête pas attention. Puis, parce qu’une morsure de tique est indolore. "La salive de la tique est anticoagulante et anesthésiante", explique Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg. Le risque est donc de passer à côté de la morsure. "Quand une tique vous mord, elle est encore toute petite. C’est en se nourrissant de votre sang que la tique gonfle", ajoute l’infectiologue. Avec son rostre (son dard), la tique se fixe sur votre corps et peut y rester plusieurs jours.

Retirez très délicatement la tique

Lors de cette étape, la pince à épiler est votre meilleure amie. Disponible en pharmacie, le tire-tique marche aussi très bien. "Il faut retirer la tique délicatement. Le plus doucement possible de manière à ne pas brutaliser la tique", affirme Stéphane Gayet. Une tique "brutalisée", "stressée", va régurgiter beaucoup de salives, augmentant le risque d’infection. "Vous avez à peine besoin de tirer. Tournez simplement et délicatement le tire-tique jusqu’à ce que la tique se décroche", poursuit l’infectiologue. Si vous utilisez une pince à épiler, saisissez la tique à la base, en l’attrapant le plus près possible de la peau et tirez vers le haut.

Le risque de transmission de bactéries augmente à mesure que la tique reste sur votre peau. Il faut donc la retirer très rapidement. Plus vous attendez, plus les tiques sont gorgées de sang et plus vous risquez d’être infecté.

Attention ! Il ne faut surtout pas utiliser de l’huile de cuisine ou de l’éther. Selon Pascale Frey-Klett, directrice de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), interrogée par l'AFP : "il ne faut utiliser aucune molécule extérieure car cela va stresser la tique et augmenter ainsi le risque qu’elle rejette les agents infectieux dans le corps de la personne ou de l’animal piqué". Par ailleurs, retirer la tique avec vos ongles est fortement déconseillé car cela risquerait d’appuyer sur l’abdomen de l’acarien. Ce dernier pourrait alors régurgiter le sang contaminé.

Procédez à la phase de désinfection

Après avoir retiré la tique, il est important de désinfecter votre peau. "Une désinfection cutanée tue les bactéries et inactive les virus", affirme l'infectiologue Stéphane Gayet. Voici les étapes à suivre :

  • Lavez-vous les mains.
  • Utilisez une compresse. A défaut d’en avoir une, un coton fait aussi l’affaire.
  • Imbibez votre compresse ou coton d'alcool. "Utilisez de l’alcool simple à 70°, de la bétadine alcoolique ou de la biseptine", explique Stéphane Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg.
  • Appuyez votre compresse (ou coton), imbibée d'alcool, en faisant un mouvement de rotation autour de la morsure. "N’hésitez pas à appuyer pendant 30 secondes pour que le produit imprègne votre derme", ajoute Stéphane Gayet.

Rendez-vous au plus vite chez votre médecin

Si vous constatez une morsure ou que vous soupçonnez une morsure, consultez sans tarder un médecin. "C’est votre médecin et lui seul qui décidera de vous prescrire, oui ou non, un antibiotique. ", insiste l’infectiologue. Un traitement antibiotique s’impose pour les femmes enceintes, les enfants âgés de moins de 8 ans, et les personnes fragiles (âgées ou atteintes d’une maladie au long cours type cancer ou mucoviscidose par exemple). Il est également important de bien surveiller la zone de votre morsure. Les symptômes de la maladie de Lyme apparaissent par exemple dans les deux semaines suivant la morsure.

Se balader bras nus, jambes nus, torses nus est déconseillé

La tique la plus fréquente s’appelle Ixodes Ricines, visible partout dans l’hexagone à l’exception du pourtour méditerranéen où l’air est trop sec. Elle n’est pas un insecte mais un acarien, au même titre que l’araignée, et a besoin d’humidité pour vivre. Son cycle de vie comprend trois étapes : le stade de larve, puis celui de nymphe et enfin d’adulte. Seuls les nymphes et adultes peuvent transmettre des maladies à l’homme. Les larves, du fait de leur petite taille, n’attaquent que les petits animaux, vivant au niveau du sol (hérissons, rongeurs…). "Dans les sous-bois, les prairies, les nymphes ou les adultes sont à l’affût. Ils se détachent des hautes herbes où ils se trouvent quand ils sentent du gaz carbonique. Or, l’homme, par sa respiration, émet du Co2", explique Stéphane Gayet. Pour cette raison, il est extrêmement important de se protéger. Se balader bras nus, jambes nus, torses nus est fortement déconseillé. "Il suffit de frôler des hautes herbes pour que les tiques se décrochent et atterrissent sur votre peau", ajoute l’infectiologue. Les tiques se déplacent alors sur la surface de votre corps à la recherche d’une zone où la peau est fine, à savoir les mollets, le cou, la nuque ou encore le pli des genoux…

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