Laine, polaire, fausse fourrure : 3 erreurs courantes qui ruinent plaids et couvertures mais aussi votre santé !
Les couvertures et plaids ont traîné dans les placards tout l’été. Pas question de les réutiliser sans un nettoyage pour éliminer poussières et acariens. Mais attention à la méthode utilisée !
Erreur n°1: laver à 60 ° C pour éliminer les parasites (mites, acariens…)
Programmer un cycle à 60 °C est efficace pour éradiquer les acariens de poussière (Dermatophagoides pteronyssinus). Pourtant, selon des travaux parus dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology en 2001, si la chaleur assainit le tissu, elle ruine aussi la laine, avec feutrage et rétrécissement à la clé. Et la laine n’est pas la seule matière à détester les lavages trop chauds.
Les matières synthétiques comme le polyester ou le modacrylique subissent des altérations comparables. L'eau trop chaude ramollit les polymères, ce qui colle les mèches de fausse fourrure et confère un toucher cartonné aux polaires.
L’alternative ? Pour contourner ce problème et se débarrasser des acariens sans ruiner vos textiles, l’astuce consiste à placer le plaid dans un sac hermétique au congélateur à -18 °C pendant 24 à 48 heures. Le froid neutralise les parasites avant le lavage. Vous pouvez ensuite utiliser un cycle délicat à 30 °C.
Erreur n°2 : utiliser un adoucissant pour une couverture plus moelleuse
L'utilisation des assouplissants industriels présente un revers méconnu sur les plaids synthétiques. Leurs formules riches en silicones et en tensioactifs gainent les fibres creuses et comblent les poches d'air qui assurent l'isolation thermique, réduisant la capacité de vos couvertures à retenir la chaleur.
Mais ce n’est pas tout, utiliser un adoucissant pour un plaid ou une couverture altère aussi l'atmosphère de votre domicile. Une recherche publiée en mars 2026 dans la revue Environmental Science & Technology démontre que le séchage passif de textiles imprégnés d'assouplissant libère des composés organiques volatils dans les pièces de vie, irritant directement les muqueuses respiratoires.
L’alternative ? Pour adoucir le linge sainement, l'ajout d'une demi-tasse de vinaigre blanc dans le bac de rinçage dissout le calcaire et dissipe l'électricité statique sans saturer les fibres.
Erreur n°3 : faire sécher les grosses pièces à l’intérieur
L'évaporation d'une couverture volumineuse pose un problème d'hygrométrie sous-estimé. D'après une étude menée à Glasgow en 2013, l'étendage d'un grand plaid lourd (qui remplit la cuve de la machine) relâche jusqu'à trois litres d'eau dans une pièce non aérée. On l’ignore souvent mais en automne et en hiver, le séchage du linge représente la première source domestique d'humidité involontaire, devant les douches et la cuisine.
Cette évaporation fait monter le taux d'hygrométrie ambiant de près de 30 %, franchissant le seuil critique de 60 %. Selon les lignes directrices de l'Organisation mondiale de la santé sur la qualité de l'air intérieur, cette saturation stimule la prolifération de moisissures comme Aspergillus fumigatus. Ce champignon expose les personnes sensibles à des poussées d'asthme et des surinfections respiratoires. De plus, une couverture qui met plus de deux jours à sécher devient un nid à bactéries, générant de tenaces odeurs de macération.
L’alternative ? Le séchage en machine, en laverie si vous n’en possédez pas. Ou la technique d’essorage et de ventilation détaillée ci-dessous.
Essorage et ventilation : les bons réflexes !
Pour préserver votre couverture, limitez l'essorage entre 400 et 600 tours par minute. Une vitesse excessive brise la structure des plaids tricotés ou de la fausse fourrure sous la charge de l'eau. Pour extraire le surplus hydrique sans tordre le tissu, enroulez-la dans de grands draps de bain secs.
Étendez ensuite la pièce à plat dans un espace doté d'une ventilation active ou d'une fenêtre entrouverte, impérativement hors des chambres à coucher. Enfin, ne posez jamais de couverture humide sur un radiateur allumé : le contact direct de la chaleur brûle les pointes des fibres et accélère la diffusion de solvants résiduels dans l'air respiré.
Afficher les sources de cet article
- Arlian LG, Platts-Mills TAE. The biology of dust mites and the remediation of mite allergens in allergic disease. Journal of Allergy and Clinical Immunology, vol. 107, n° 3 Suppl, mars 2001, pp. S406–S413. DOI : 10.1067/mai.2001.113670.
- Thevenet F, Le Calvé S, et al. Assessing Volatile Organic Compound Emissions from Passive Indoor Laundry Drying: Experimental Evidence and Health Gaps. Environmental Science & Technology, vol. 58, n° 12, mars 2024, pp. 5312–5322. DOI : 10.1021/acs.est.3c08920.
- Porteous CDA, Sharpe TR, Menon R, Shearer D, Musa H, Baker PH, Sanders CH, Strachan PA, Kelly NJ, Markopoulos A. Domestic laundering: Environmental audit in Glasgow with emphasis on passive indoor drying and air quality. Indoor and Built Environment, vol. 23, n° 3, mai 2014, pp. 373–392. DOI : 10.1177/1420326X13501431.
- World Health Organization. WHO Guidelines for Indoor Air Quality: Dampness and Mould. Copenhague : OMS Bureau régional de l'Europe, octobre 2009, 248 p. ISBN : 978-92-890-4168-3.