"Je ne pouvais plus ouvrir un pot de yaourt " : A 38 ans seulement, Benjamin s’est fait poser 2 prothèses aux pouces 

Publié par S. Coucke-Haddad
le 11/05/2026
arthrose Benjamin
Istock
Photo d'illustration
L’arthrose peut toucher tout le monde, y compris les plus jeunes. Benjamin, un cuisinier de 38 ans, souffrait tellement d’une rhizarthrose avancée qu’il a dû se résoudre à se faire poser des prothèses. Il nous raconte. 

Tout a commencé en s’asseyant dans sa voiture ! “J’avais 33 ans, mon pouce a simplement tapé sur ma cuisse quand j’ai fermé la portière de ma voiture et j’ai ressenti une douleur excessivement intense par rapport au choc, explique Benjamin. Trois à quatre jours après, j’avais toujours aussi mal”. Pommade, massage… rien à faire, le jeune cuisinier souffre toujours autant. A tel point qu’il finit par consulter un rhumatologue

Après une échographie, un premier verdict tombe : épanchement de synovie. L’épanchement de synovie étant caractérisé par la présence de liquide synovial dans l'articulation, ce qui génère les  douleurs. Le médecin prescrit alors une pommade anti-inflammatoires disponible uniquement sur ordonnance. A nouveau massage, pommade… mais toujours pas d’amélioration. 

Pommade, massage, médicament, infiltration : rien ne fait taire la douleur

Benjamin retourne consulter, on lui passe alors une radio qui indique un blanchiment suspect sur le cartilage, qui apparaît usé. Il est alors décidé de procéder à une infiltration. “J’ai tenu un mois et demi sans douleur, puis c’est revenu”, regrette-t-il. Il en aura deux autres, sans plus de succès. Sans solution, le rhumatologue lui conseille un chirurgien, lequel confirme le diagnostic d’arthrose mais refuse d’opérer, car Benjamin est trop jeune.

Même tenir une tasse à café ou ouvrir un pot de yaourt était insupportable

Je suis cuisinier, pizzaïolo et je suis seul en cuisine, précise le jeune homme. Je travaille la pâte avec mes doigts, les douleurs sont donc constantes, c’était infernal, se remémore-t-il. les médicaments ne faisaient aucun effet. Même tenir une tasse à café ou ouvrir un pot de yaourt était insupportable. Les douleurs ajoutées au stress, je devenais de plus en plus désagréable.” Benjamin devra toutefois attendre plus d’un an et demi avant d’avoir enfin une solution, proposée par un nouveau chirurgien. 

Arthrose du pouce : quelles solutions chirurgicales ? 

En cherchant sur Internet, j’ai trouvé la clinique SOS mains à Lyon à 140 kilomètres de mon domicile, et obtenu un rendez-vous rapidement. Et enfin, j’ai été écouté et pris au sérieux ! La chirurgienne m’a dit : Vous avez énormément d’arthrose, vous ne pouvez pas rester comme cela !”. 

Plusieurs opérations sont proposées en cas d’arthrose du pouce : dans le premier cas, le chirurgien soude les deux articulations, la douleur disparaît mais la mobilité aussi, l’articulation reste raide. La deuxième technique consiste à placer un morceau de tendon sur l’articulation, pour conserver la mobilité ; mais on perd alors en force. La troisième technique, celle choisie par Benjamin, consiste à remplacer les articulations usées par un dispositif médical, inséré dans le pouce. “C’est le plus adapté pour les personnes en activité, mais cela reste une prothèse”, confie encore Benjamin. 

D’autant que l’âge de Benjamin joue en sa défaveur, l'arthrose qui nécessite une chirurgie si jeune est amenée à évoluer : on le prévient qu’il devra certainement se faire opérer plusieurs fois au cours de sa vie, car une prothèse s’use, surtout chez les personnes actives. 

Rhizarthrose : deux prothèses du pouce à seulement 38 ans ! 

Opération puis rééducation en kinésithérapie, Benjamin réapprend à utiliser son nouveau pouce. “Au bout de deux mois et demi, j’ai pu reprendre le travail et faire exactement les mêmes gestes qu’avant, la douleur en moins.” 

L’histoire de Benjamin aurait pu s’arrêter là, mais deux ans après cette première opération, la rhizarthrose attaque l’autre pouce.L’usure était déjà très avancée, trop pour tenter une deuxième infiltration après la première qui n’avait pas donné l’effet escompté. Alors je me suis fait opérer l’autre pouce et j’ai aujourd’hui des prothèses de chaque côté !” 

Un handicap ? Pas du tout. Même si le post opératoire est un peu douloureux et qu’il faut bien suivre le protocole de rééducation à la lettre, Benjamin est ravi : “Je peux vivre normalement, je n'ai plus de douleur. J’ai passé une visite à la médecine du travail, et ma force dans les doigts est aujourd’hui impeccable !” 

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