Tension : quelle quantité de lentilles et de pois chiches faut-il manger chaque jour pour la faire baisser ?
L'hypertension artérielle gagne du terrain à travers le globe, poussant la communauté scientifique à explorer des solutions préventives accessibles au plus grand nombre. Une récente publication scientifique met en lumière l'intérêt thérapeutique d'aliments souvent délaissés dans nos assiettes : les légumes secs. Si ces produits de consommation courante restent très économiques, leurs vertus protectrices pour le système cardiovasculaire demeurent largement sous-estimées.
Pression artérielle : pourquoi est-il urgent de la contrôler ?
L'hypertension artérielle constitue le premier facteur de risque modifiable de maladies cardiovasculaires et de décès prématuré à l'échelle planétaire, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). La prévalence de cette affection silencieuse enregistre une forte hausse. Le nombre de cas recensés est passé de 648 millions en 1990 à plus de 1,28 milliard en 2019, d'après les données exhaustives publiées dans la revue The Lancet.
En 2023, cette pathologie représentait 8,4 % des années de vie ajustées sur l'incapacité (DALY) dans le monde. Malgré ces statistiques inquiétantes, les habitudes alimentaires actuelles ne suivent pas les recommandations protectrices. En Europe, la consommation de légumineuses stagne entre 8 et 15 grammes par jour, un niveau beaucoup trop faible face aux 65 à 100 grammes journaliers préconisés par les instances sanitaires.
Légumineuses et hypertension : quel est le lien prouvé par la science ?
Une solide méta-analyse parue dans la revue BMJ Nutrition, Prevention & Health en mai dernier a examiné 12 études prospectives regroupant plus de 300 000 participants. Les chercheurs ont mené une analyse comparative rigoureuse sur les habitudes alimentaires. Le résultat montre que les grands consommateurs de lentilles, haricots et pois chiches affichent un risque d'hypertension réduit de 16 % comparativement à ceux qui en mangent très peu.
Le soja tire également son épingle du jeu lors des évaluations. Une baisse de 19 % du risque a été observée chez les amateurs réguliers de produits à base de soja, comme le tofu ou le lait de soja. Selon les critères d'évaluation du Fonds mondial de recherche contre le cancer (WCRF) cité par l’étude, cette relation de cause à effet est désormais jugée probable par les spécialistes.
Lentilles, pois chiches, soja : quelle est la dose idéale au quotidien ?
Pour les légumineuses classiques, les bénéfices cardiaques s'accumulent au fil des portions. Une réduction linéaire du risque est observée jusqu'à une consommation de 170 grammes par jour, permettant d'atteindre jusqu'à 30 % de protection. En pratique, 100 grammes correspondent à environ cinq à six cuillères à soupe de légumes secs cuits. À noter que le rapport EAT-Lancet préconise 75 grammes quotidiens pour un système alimentaire durable, un chiffre inférieur aux doses protectrices révélées par cette étude.
Concernant le soja, le bénéfice maximal, estimé entre 28 % et 29 % de diminution du risque, est atteint avec une portion de 60 à 80 grammes par jour, sans aucune réduction supplémentaire au-delà de ce seuil. Ce qui correspond à une portion de tofu de la taille d'une paume de main. Ces recommandations s'alignent avec les directives européennes récentes, qui suggèrent d'intégrer 60 à 200 grammes de sources de protéines végétales chaque jour.
Potassium, magnésium et fibres : comment ces aliments protègent-ils nos artères ?
Les bienfaits de ces légumineuses reposent sur une richesse nutritionnelle exceptionnelle. Elles regorgent en effet de minéraux clés, notamment le potassium et le magnésium, largement documentés pour leurs effets hypotenseurs directs. L'action passe aussi par le microbiote intestinal. La fermentation des fibres solubles produit des acides gras à chaîne courte qui favorisent la vasodilatation des vaisseaux.
Parallèlement, les nutriments de ces végétaux stimulent la production de monoxyde d'azote (NO), une molécule impliquée activement dans la relaxation des parois sanguines. Le soja, de son côté, bénéficie de l'effet spécifique de ses isoflavones (génistéine et daidzéine) qui contribuent à abaisser la pression artérielle systolique et diastolique. De façon indirecte, une alimentation riche en légumineuses reste étroitement corrélée à une baisse du risque d'obésité, un facteur majeur déclenchant de la maladie hypertensive.
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- Metoudi M, Sadler I, Kassam S, Aune D. Legume and soy consumption and the risk of hypertension: a systematic review and dose–response meta-analysis of prospective studies. BMJ Nutrition, Prevention & Health. 2026;9:. https://doi.org/10.1136/bmjnph-2025-001449
- santelog.com
- thelancet.com
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