Envie d'uriner la nuit : le conseil de l'urologue pour trouver l'origine du problème et le régler

Publié par Aude Klain
le 31/10/2026
image symbolisant l'envie d'uriner la nuit
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Photo d'illustration
Vous vous réveillez plusieurs fois par nuit avec une envie pressante d'uriner ? Interrogée par Madame Figaro, la Dre Caroline Thuillier, chirurgien urologue au CHU de Grenoble, livre une méthode simple pour identifier l'origine du problème et propose des ajustements concrets au quotidien.
 

Se rendre aux toilettes au beau milieu de la nuit ? Qui n’est pas concerné ? Mais attention, ces réveils répétés fragmentent le repos, entretiennent une fatigue persistante et multiplient les risques de chutes la nuit.

Nycturie : un dérèglement fréquent aux conséquences sous-estimées

Sur le plan médical, la nycturie désigne un besoin d'uriner qui interrompt la phase de sommeil principal. Si un réveil isolé reste considéré comme physiologique, se réveiller deux fois ou plus chaque nuit altère profondément l'architecture du sommeil et diminue les capacités de concentration le lendemain. Selon les résultats de l'étude internationale EPIC, publiée dans la revue European Urology sur plus de 19 000 participants, ce trouble affecte plus d'un adulte sur deux.
Avec, comme dit plus haut, des conséquences directes sur la santé et la qualité de vie, notamment à cause du sommeil morcelé. La somnolence diurne et la diminution de la vigilance augmentent aussi le risque d'accident. Chez les seniors, le risque de fracture se trouve multiplié par deux, principalement en raison des chutes survenant lors des déplacements dans l'obscurité.

Le calendrier mictionnel, un outil clé pour savoir si le problème vient des reins ou de la vessie

Pour déterminer l'origine de ces réveils, la Dr Caroline Thuillier, chirurgienne urologue au CHU de Grenoble interrogée par Madame Figaro, conseille de remplir un calendrier mictionnel sur trois jours et trois nuits consécutifs. L'exercice consiste à conserver son rythme de vie habituel tout en mesurant chaque émission à l'aide d'un verre doseur de cuisine. Un adulte élimine normalement entre 1,5 et 2 litres d'urine par 24 heures, à raison de quatre à six mictions de 300 à 400 ml.

Ce relevé met en lumière deux mécanismes distincts. D'une part, l'hyperactivité vésicale (on parle de vessie hyperactive) se caractérise par des envies très fréquentes pour de petits volumes de 100 à 150 ml, elle est généralement consécutive à un dérèglement des capteurs vésicaux. D'autre part, l'hyperdiurèse nocturne présente des volumes normaux, mais dont plus de 30 % sont émis la nuit. Ce phénomène est fréquemment lié à un dérèglement de l'hormone antidiurétique avec l'âge, d'une apnée du sommeil ou de la rétention d’eau : “On a stocké de l’eau dans ses jambes toute la journée. La nuit, elle va être restituée et filtrée par les reins”, explique la Dre Thuillier.

Quels changements adopter dans ses repas du soir ?

Une erreur courante, relevée par l’urologue, consiste à “oublier” de boire suffisamment en journée. On se sent alors assoiffé en fin de journée, et on a tendance à boire plus à partir de la fin d'après-midi. La vessie se retrouve alors saturée au moment du coucher. La spécialiste recommande de maintenir une hydratation régulière jusqu'au goûter, puis de ralentir les boissons deux à trois heures avant de dormir.

Il convient également de “compter” l'eau contenue dans l'alimentation du soir. Chaque portion de fruit ou de légume apporte environ 100 ml de liquide. L'association classique d'un bol de soupe et d'une tisane dépasse aisément les 300 ml ! De plus, le sel favorise la rétention, tandis que la caféine et la théine stimulent directement les parois de la vessie. L’urologue conseille de les arrêter pendant un mois pour voir si ce sont réellement les coupables. Dernier conseil de la spécialiste : ne pas passer aux toilettes juste avant de se coucher, au cas où ! Ce réflexe dérègle au contraire le fonctionnement de la vessie. Et si vous vous levez subitement beaucoup plus régulièrement ou que ces réveils plombent durablement vos nuits, consultez sans tarder.

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  • Irwin DE, Milsom I, Hunskaar S, Reilly K, Kopp Z, Herschorn S, Coyne K, Kelleher C, Hampel C, Artibani W, Abrams P. Population-based survey of urinary incontinence, overactive bladder, and other lower urinary tract symptoms in five countries: results of the EPIC study. European Urology. 2006;50(6):1306-1315. DOI : 10.1016/j.eururo.2006.09.019.
  • Berail L. Pourquoi vous levez-vous chaque nuit pour aller aux toilettes ? Les réponses de Caroline Thuillier, urologue au CHU de Grenoble. Madame Figaro. 26 octobre 2026.
  • Chartier-Kastler E, Léger D, Montauban V, Comet D, Haab F. Étude observationnelle nationale (Association française d'urologie) de l'impact de la nycturie sur le sommeil des patients. Progrès en Urologie. 2009;19(5):333-340. DOI : 10.1016/j.purol.2008.10.013.
  • Weiss JP, Blaivas JG. Nocturia. The Journal of Urology. 2000;163(1):5-12. DOI : 10.1016/S0022-5347(05)67961-5.
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