Un remède d’origine naturelle pourrait être à l’origine d’un traitement plus efficace que l’insuline. Si les plongeurs doivent s'en méfier à cause de son venin toxique qui peut provoquer la mort, le venin d’un escargot marin à la coquille colorée pourrait bien être un allié précieux pour soigner le diabète. Selon une étude publiée le 18 octobre dernier sur le site du journal Proteins, l'escargot de mer dit "escargot conique", et baptisé C.geographus, serait en effet doté d’un venin provoquant un choc hypoglycémique destiné à paralyser ses proies. Selon des chercheurs américains du New Hampshire, ce choc hypoglycémique aurait pour conséquence de baisser le taux de sucre dans le sang dans un laps de temps beaucoup plus court que l'insuline. Une découverte qui pourrait être à l’origine de la conception d’un meilleur traitement du diabète.

Diabète : un substitut viable à l’insuline

Contrairement à l'insuline fabriquée dans le corps humain, la séquence peptidique du venin d'escargot conique, qui lui permet de se lier aux récepteurs humains de l'insuline, est beaucoup plus courte. Pour autant, les chercheurs ont découvert qu’il pourrait être très efficace pour traiter le diabète chez les humains. "Bien que d'autres études soient nécessaires, nos recherches montrent que, malgré les séquences peptidiques plus courtes, le venin d'escargot conique pourrait être un substitut viable à l'insuline et nous espérons qu'il motivera la conception de nouveaux médicaments à action rapide", précise Biswajit Gorai, auteur principal de cette étude.

En pratique, pour parvenir à ces conlusions, les chercheurs ont utilisé des séquences de peptides analogues à l'insuline dans le venin de l'escargot C. geographus et ont ainsi réussi à modéliser six complexes analogues différents de l'insuline d’escargot pour savoir comment ils se lieraient aux récepteurs de l'insuline humaine. Résultat, même si l'insuline d'escargot conique a des propriétés différentes de celles de l'insuline produite dans le corps humain, les chercheurs ont découvert que les complexes d'insuline restaient stables et se liaient encore mieux aux récepteurs de l'insuline humaine que l'hormone humaine.

Une option favorable pour stabiliser la glycémie

"Cela pourrait en faire une option favorable pour stabiliser la glycémie et un potentiel pour de nouvelles thérapies", précisent les scientifiques dans leur étude. "Le diabète augmente à un rythme alarmant et il devient de plus en plus important de trouver de nouvelles alternatives pour développer des médicaments efficaces et économiques pour les patients atteints de la maladie", rappelle le professeur Harish Vashisth, co-auteur de l’étude. Le but est en effet de parvenir à long terme à concevoir le meilleur traitement du diabète, donnant ainsi aux patients l’accès à l’insuline à action rapide.

Pour rappel, les chercheurs précisent que le venin semblable à l'insuline libéré par ces escargots marins coniques peut être très dangereux, provoquant un choc hypoglycémique qui immobilise les poissons et ses proies potentielles. L’escargot marin C. geographus a une des piqûres les plus toxiques connues et des cas de décès humains ont même été répertoriés, en particulier chez des plongeurs qui ne connaissaient pas la dangerosité du venin de cet escargot.

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Sources

Structures and interactions of insulin-like peptides from cone snail venom, Proteins, 18 octobre 2021.

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/prot.26265  

mots-clés : Diabète
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