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France Telecom: plus de 30 suicides en deux ans

16 000 emplois ont été supprimés entre 2006 et 2008 au sein de France Telecom. Les salariés restant se sont vus imposer de fortes contraintes de mobilité. Pour certains, ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase…

Rappel des faits: Le 26 avril 2011, un salarié de France Telecom se suicide en s’immolant par le feu sur le parking d’un des sites de l’entreprise. Agé de 57 ans, l’homme était père de quatre enfants et salarié de l’entreprise depuis 30 ans. Raison invoquée par ses collègues et syndicalistes: des changements fréquents de poste. Dans une lettre ouverte envoyée à sa direction en 2009 et révélée par Mediapart, le salarié évoquait sa ‘mise à la poubelle’ et le ’harcèlement subi.

Un rapport de l’Inspection du travail remis en avril 2010 portant sur France Telecom confirmait des ‘méthodes de gestion caractérisant le harcèlement moral’ et la ‘mise en danger d'autrui du fait de la mise en œuvre d'organisations du travail de nature à porter des atteintes graves à la santé des travailleurs’. En 2008, 13 autres salariés de l’entreprise s’étaient suicidés et 19 en 2009.

Comment expliquer cette vague de suicide? ‘Il y aurait eu une maltraitance volontaire chez France Telecom, c’est une volonté du management de dire ‘on a trop de monde, on va les pousser à la démission en les maltraitant’ explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. Une démarche comprise par certains salariés comme une disqualification sans appel.

Concrètement, 'les décisions sont prises sans concertation et communiquées brutalement. On prévient par exemple par mail un salarié qu’il va changer de service ou qu’il est muté’, poursuit le spécialiste. Ce fut le cas pour le salarié qui s’est suicidé en avril dernier. ‘La mobilité imposée lui avait fait vendre sa maison, il avait écrit à plusieurs reprises à sa direction et il n'avait pas eu de réponse à ma connaissance’, raconte un de ses proches au quotidien Le Monde.

A savoir: Dans un rapport publié en 2010, l’INVS a estimé le taux de suicide dans les transports et télécomunication (secteur dont fait partie France Telecom) à 23,9 pour 100 000 salariés entre 1976 et 2002. Un taux parmi les plus élevés des différentes catégories socio-professionnelles.

Renault : ‘Je ne peux plus rien assumer, je suis fini’

‘Je ne peux plus rien assumer, ce boulot c'est trop pour moi, ils vont me licencier et je suis fini’. Tels sont les derniers mots de Raymond D., salarié du Technocentre Renault à Guyancourt (Yvelines) avant de suicider.

Rappel des faits: Raymond D. s’est suicidé à son domicile en février 2007. C’était le quatrième salarié de l’entreprise à se passer à l'acte depuis 2006, l’année où Carlos Ghosn, président de Renault, impose son ‘Plan Renault 2009’. Croissance des ventes, lancement de nouveaux modèles, objectifs individuels... ‘L'absence de contrôle des horaires de travail et la charge de travail étaient excessifs’, a expliqué Me Emmanuelle Boussard-Verecchia, l'avocate de la famille de Raymond D. après l’audience de 2011 qui a reconnu le suicide du salarié comme accident du travail. Tous les salariés qui se sont suicidés occupaient des postes de cadres ou de techniciens très qualifiés.

Comment expliquer ce suicide? "La souffrance au travail pouvant conduire au suicide peut toucher tous les étages de la hiérarchie et toutes les fonctions. Il ne s’agit pas, comme on le croit souvent, de personnes ayant un tempérament susceptible ou fragile. Ce sont plutôt des gens qui se sentent très investis dans leur mission professionnelle et qui n'ont pas tendance à se rebeller contre leurs chefs. Quand ils sont mis en difficultés, ils s’approprient les critiques et se déprécient : "On me dit que je suis nul donc je suis nul", explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre.

La Poste: une salariée se défenestre du 4e étage

Entreprise française employant plus de 240 000 personnes, La Poste a perdu deux salariés par suicide en un peu plus d'un an.

Rappel des faits: En septembre 2011, une salariée se suicide sur son lieu de travail, au Centre financier de La Poste à Paris (15e arrondissement), en se défenestrant du 4e étage. La CGT souligne alors qu'elle ‘ne cesse de dénoncer les pressions engendrées par les restructurations permanentes décidées à la Poste au nom de la rentabilité financière’. En mars 2010, c’est un homme employé au centre de tri postal de Saint-Etienne du Rouvray (près de Rouen), qui s’est jeté du 4e étage de son immeuble. Dans une lettre laissée à son épouse, il se disait victime de ‘harcèlement’ de la part de sa hiérarchie. Dépressif, il avait tenté de se suicider sur son lieu de travail en juin 2008.

Comment expliquer ces suicides? ‘Se suicider sur son lieu de travail est lourd de sens, ça oriente la réflexion des survivants vers la cause de la souffrance éprouvée par la personne’, explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. Dans les grandes entreprises comme La Poste, le spécialiste nous explique que ‘les gens se sentent souvent emprisonnés, ils ne s’imaginent pas et ne s'autorisent pas à s'imaginer travailler ailleurs’. Donc ils continuent à porter leur fardeau au quotidien… jusqu’au jour où tout bascule.

EDF, GDF-Suez: ‘Je n’en peux plus, je préfère m’effacer’

‘Je ne retrouve plus nos valeurs avec ce genre d'individus. Je n'en peux plus, je suis à bout, c'est la raison pour laquelle je préfère m'effacer’. Ce sont les derniers mots écrits d’un salarié du Comité d'entreprise des Industries électriques et gazières (rassemblant EDF, GDF-Suez..) avant de se suicider.

Rappel des faits: C’est en novembre 2009 que le salarié âgé d’une cinquantaine d’années se donne la mort par pendaison dans son jardin de l’Yonne. Avant de passer à l’acte, il aurait fait part d'un harcèlement moral de la part d'un supérieur hiérarchique. Autre fait dramatique touchant EDF en août 2004 : Dominique Peutevynck , 49 ans, technicien supérieur à la centrale électrique de Chinon (Indre-et-Loire), met fin à ses jours en se jetant sous un train. ‘Le service dans lequel travaillait M. Peutevynck allait mal, les salariés étaient stressés, débordés’, a étayé le médecin du travail, le Dr Dominique Huez, n’omettant pas le risque que ce technicien très consciencieux retourne sa souffrance contre lui.

Comment expliquer ce suicide? ‘On peut en effet interpréter le suicide comme un meurtre réorienté et finalement dirigé contre soi, c'est un geste chargé d'agressivité’, confirme le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. Le stress ou le surmenage au travail sont des facteurs aggravants: l'épuisement empêche de prendre du recul et facilite les passages à l'acte.

Fnac: le directeur est retrouvé pendu dans un bois

Dans un mail long de plusieurs pages consacré à son entreprise, le directeur de la Fnac de Clermont-Ferrand explique pourquoi il en est venu à mettre fin à ses jours il y a quelques mois. Fin 2010, deux autres suicides étaient survenus dans le même groupe.

Rappel des faits: C’est en juin 2011 que l’homme est retrouvé pendu dans un bois, à quelques kilomètres de sa ville. Dans un mail publié par Rue89, il explique la souffrance qu’il a ressenti à devoir se séparer d’un ami malade d’un cancer, parce que sa hiérarchie avait décidé sa mutation. ‘[Cet ami] est mort deux jours après mon arrivée sur Clermont. [...] Ils l'ont privé de ma présence, je n'ai pu l'accompagner jusqu'au bout. Je sentais depuis de nombreux mois déjà que cette mutation allait intervenir. […] Et ma déprime a commencé dès lors. […] J'ai tout donné à cette entreprise, que j'aime par-dessus tout, acceptant des mutations sans broncher, évoluant il est vrai régulièrement, je ne l'ai jamais contesté. Mais à quel prix : la destruction systématique des amitiés créées, des liens tissés. Ça, on s'en fout. La direction générale s'en fout.’ 'Comme tout geste définitif et aussi dramatique que celui-ci, c'est sans doute compliqué. Mais il traversait une période difficile de sa vie, ce qui le conduisait à avoir une perception des choses un peu décalée', avait alors réagit la directrice des ressources humaines du groupe.

Comment expliquer ce suicide? ‘Le discours de cet homme désespéré témoigne d'une attitude d'idéalisation à la fois de sa fonction, et également de sa direction. On est tenté de lire entre les lignes un respect profond et inaltérable pour ses chefs quels qu'aient été leurs dérives, et à mon sens c'est là que quelque chose a pu se briser’, explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. ‘Cet homme admet avoir "tout" donné, c'est à dire n'avoir pas mis de limite aux exigences de l'employeur. Le danger moral majeur pour lui était dans l'absence de limites [...] Il s'est livré pieds et poings liés, en tous cas en s'interdisant toute résistance et tout mouvement. Lorsque la souffrance est devenue trop intense il ne s'est senti d'autre issue que la mort', poursuit notre interlocuteur.

ONF: 25 suicides depuis 2005

Le 20 octobre 2011, un agent de l’Office national des forêts (ONF) âgé de 52 ans se suicide à son domicile. Deux semaines plus tôt, c’est un garde-forestier de 55 ans qui se donne la mort. Au total, six suicides sont arrivés depuis le 20 juin 2011 au sein de cette administration qui compte 9500 salariés, et 25 depuis 2005.

Rappel des faits: Plusieurs suicides ont été enregistrés en quelques mois au sein de l’ONF. 'Il est indéniable que la politique mise en oeuvre par le gouvernement et la direction générale de l'établissement public, basée sur des réductions d'effectifs et un management individualisé et agressif, est responsable du mal-être et de la souffrance au travail parmi les personnels', a dénoncé la CGT dans un communiqué. Entre 2012 et 2016, 600 postes devraient être supprimés au sein de l'entreprise. Pascal Viné, directeur général, a prévu de doubler le nombre d'assistantes sociales.

Comment expliquer ces suicides? ‘On peut imaginer qu’il y a une fragilisation sur une période longue et puis un jour une petite remarque, une contrainte supplémentaire, constitue la goutte d’eau qui fait déborder le vase’, explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. Par ailleurs, comme lors de tout suicide, il nous explique qu’il y a toujours une part d’irrationnel dans le geste. ‘Un suicide n’obéit pas à une logique. Il faut admettre qu’on ne pourra jamais savoir exactement ce qui s’est passé dans la tête de la personne.’

Police: 40 à 50 suicides par an

Il y a aurait 40 à 50 suicides de policiers chaque année en France. Selon une étude de l’Inserm rendue publique en 2010, leur risque de suicide serait supérieur à 36% à celui du reste de la population. On compte environ 32,4 suicides pour 100 000 agents.

Rappel des faits: En septembre 2011, trois policiers se suicident en l’espace de deux heures en région parisienne. En mars 2011, un policier strasbourgeois âgé de 38 ans se suicide avec son arme de service. La liste est longue et dramatique.

Comment expliquer ces suicides? ‘Deux choses peuvent expliquer le plus fort risque de suicide parmi les policiers. Un, le service moral de leur mission est initialement très élevé et très idéalisé. Or, ils sont généralement confrontés à une désidéalisation très violente qui ne correspond pas à l’éthique imaginé. Deux, il y a un manque de reconnaissance de la société et parfois de la hierarchie’, explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. A cela peut s'ajouter la confrontation fréquente avec la mort. Par ailleurs ‘se suicider avec son outil de travail, l’arme de service pour le policier, a toujours un sens très lourd dans l’interprétation du suicide’, note le spécialiste.

A noter: Le taux de suicide est également élevé parmi les gendarmes avec un taux de 31 suicides pour 100 000 agents en 2008 et chez les militaires avec environ 20 suicides pour 100 000 professionnels par an entre 2003 et 2008. (1)

(1) Suicide et profession, épreuve d'oral sur dossier en sociologie, session 2011

Banques: des affaires de suicides étouffées?

On en entend peu parler mais les banques ne sont pas épargnées par les suicides au sein de leur établissement.

Rappel des faits: En janvier 2008, un conseiller en gestion de patrimoine de BNP Paribas est retrouvé pendu dans son bureau. Dans une lettre adressée à sa femme qu’a publié Rue89, l’homme explique se sentir ‘broyé, humilié, fatigué’. N’ayant pas atteint ses objectifs annuels, le salarié se retrouve accablé par sa hierarchie lors de son entretien annuel d’évaluation. C’est quatre jours après qu’il se donne la mort. En décembre 2007, c’est Pierre, un cadre de la HSBC depuis 30 ans qui se donne la mort par asphyxie dans les toilettes du restaurant de l’entreprise. Le climat serait devenu trop pesant dans son travail. En juin 2007, c’est un trader de la Société générale qui se jette d’une passerelle de La Défense après un entretien houleux avec sa hiérarchie. D’autres suicides auraient été étouffés par les banques…

Comment expliquer ces suicides? ‘La finance internationale impose des contraintes de rentabilité inaccessibles. L’employé n’a aucun moyen de se protéger et de limiter strictement son engagement à ce qui est écrit dans son contrat’, explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. A force de se livrer corps et âme dans son travail, le salarié s’enferme et souffre.

Hôpital: taux de suicide des médecins inquiétant

'Le taux de suicide parmi les médecins est plus élevé que celui de la population générale', indique le Dr Betrand Gilot, psychiatre. Entre 1976 et 2002, l’INVS indique effectivement un taux de mortalité par suicide de 34,3 pour 100 000 professionnels de la santé et de l’action sociale, contre 25,1 pour 100 000 salariés tous secteurs confondus, et 33,4 pour la population générale.

Rappel des faits: En juillet 2011, un interne des urgences de Rouen se suicide après sa garde. Le syndicat Amuf avait alors évoqué l’ 'épuisement professionnel, dépressions avec passages à l'acte, accidents de trajet liés notamment à la fatigue' touchant les médecins, les infirmiers et les aides soignants. A la fin de ce même mois, c’est un médecin urgentiste de Lannion (Côtes d’Armor) qui se donne la mort. En avril 2010, c’est un anesthésiste de l’hôpital de Montpellier qui se suicide après une erreur médicale.

Comment expliquer ces suicides? ‘Les anesthésistes mais aussi les psychiatres font partis des médecins les plus à risque du suicide. Non pas que leur charge de travail soit plus élevée mais ils sont au plus près de la souffrance humaine et de la réflexion autour de la mort’, explique le Dr Bertrand Gilot. Il nous fait également remarquer que les personnels du Samu sont plus à risque de suicide. ‘Confrontés à la mort et au suicide quotidiennement, l’idée leur viendra plus naturellement que d’autres gens pour qui cette alternative demeure lointaine’, indique le spécialiste.

Thalès: ‘Il n'y a plus d'humain, que du financier...’

Stress, charge de travail démesurée… Deux suicides sont venus entachés l’image du groupe électronique et défense Thalès depuis 2008.

Rappel des faits: En octobre 2009, une employée de l'entreprise Thalès de Châteaubourg (Ille-et-Vilaine) se suicide. ‘Le suicide est dû aux conditions de travail. Il y a six mois, on lui a baissé sa qualification. Elle avait des problèmes professionnelles importants’ a expliqué Antoine Marcantoni délégué syndical central CFTC à l’AFP. Un an plus tôt, en avril 2008, c’est Dominique P., cadre du site toulousain de Thalès Alenia Space âgé de 47 ans qui se donne la mort chez lui. ‘La veille il est rentré de l'entreprise très en colère […] mécontent de ne pas avoir été augmenté. Il était abattu. Il m'avait dit : ‘Si c'est pour en arriver là, ce n'est pas la peine de se casser’.' Le lendemain il avait rendez-vous pour ses objectifs annuels. Il avait dit : comme d'habitude, on ne me donnera pas les moyens de les atteindre’ a raconté sa femme au quotidien La Dépêche. Cette dernière a dénoncé ‘une société qui ne fait absolument plus attention à l'humain. Il n'y a plus d'humain, que du financier.’ L’acte a finalement été reconnu comme accident du travail.

Comment expliquer ce suicide? ‘En effet, plus la structure est grande, plus il est facile (pour la direction) de fonctionner de manière inhumaine’, convient le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. ‘On se rend compte bien souvent qu’il y avait des tensions très violentes avec un tiers (un supérieur par exemple), des tensions qui n’ont pas pu être exprimées directement comme on peut le voir dans les PME’, poursuit-il. Refoulées, elles contribuent à la déstabilisation. ‘L'individualisme derrière lequel chacun tend à se retrancher se referme comme un piège lorsque la souffrance paraît.’

Entreprises agricoles: des risques de suicide élevés

Plusieurs études démontrent que les agriculteurs exploitants présentent un risque de décès par suicide parmi les plus élevés (1). Selon l’INVS, leur risque serait notamment trois fois plus élevé que celui des cadres (2).

Comment expliquer ce risque élevé de suicide? 'Les agriculteurs ne comptent pas leurs heures, ils ne prennent jamais de vacances, ils ont parfois dû s'endetter et sont contraints de travailler à perte. On ne leur laisse aucune échappatoire', répond Jean-Pierre Vigier, conseiller général de Haute-Loire et ancien président de la Mutualité sociale agricole (MSA) d'Auvergne au quotidien Le Monde. De plus, ‘la difficulté de se projeter dans l'avenir, les questions de la transmission et la rupture de la tradition agricole familiale depuis plusieurs générations sont des facteurs très traumatisants pour les agriculteurs’, note Jean-Jacques Laplante, médecin conseiller à la MSA lors d’un entretien accordé au Figaro.fr. Enfin, 'on retrouve le danger lié à l'isolement, la sensation est qu'il n'y a aucune aide possible lorsque des difficultés apparaissent', commente le Dr Bertrand Gilot, psychiatre.

(1) Boxer, 1995
(2) Suicide et activité professionnelle en France: premières exploitations de données disponibles, 2010, INVS

Les employés plus touchés par le suicide que les cadres

Dans une enquête publiée en 2010 sur le suicide au travail, l’INVS a révélé que les taux de mortalité sont près de trois fois plus élevés chez les employés ‘et surtout chez les ouvriers’ par rapport aux cadres. Entre 1976 et 2002, l’institut note ainsi 1227 suicides d’ouvriers contre 119 chez les cadres.

Rappel des faits: Renault, France Telecom, PSA, ONF… Parmi les entreprises qui ont connu des vagues de suicides, il y avait toujours des ouvriers.

Pourquoi les employés sont plus à risque du suicide? Les fonctions mal payés et peu qualifiés peuvent souffrir d’un manque de reconnaissance - quand ce n'est pas un franc mépris’, explique le Dr Bertrand Gilot, psychiatre. D'autre part, 'le fait de se voir définitivement cantonné au bas de l'échelle est quelques fois vécu comme une impasse désespérante', ajoute notre interlocuteur.

Pendaison: le mode de suicide le plus utilisé

Que ce soit dans la population générale ou parmi les salariés, le premier mode de suicide utilisé est la pendaison. Dans la population générale (1), elle représente 45% des décès en 2004. Par catégories socio-professionnelle (2), la pendaison a été le mode de suicide utilisé par 56% des exploitants agricoles hommes (59,4% femmes), par 42, 3% des artisans-commerçants hommes (53,8% des femmes), par 30,8% des cadres hommes (25,3% des femmes), et par 48,5% des ouvriers hommes (22,6% pour les femmes).

Les autres modes privilégiés chez les travailleurs hommes sont les armes à feu (dans la population général on recense 15% de suicide par arme à feu), et chez les femmes l’absorption de substances solides ou liquides (médicaments par exemple).

(1) La prévention du suicide, 13 juillet 2009, Ministère en charge de la santé
(2) Suicide et profession, épreuve d'oral sur dossier en sociologie, session 2011

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Sources

- Suicide dans l'entreprise: l'ultime témoignage, CNRS

- Observatoire du stress et des mobilités forcées, France Telecom

- Suicide et activité professionnelle en France: premières exploitations de données disponibles, 2010, INVS

- Projet Cosmop: Cohorte pour la surveillance de la mortalité par profession, 2005, INVS

Remerciement au Dr Bertrand Gilot, psychiatre

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