Crampes aux mollets la nuit : carence ou médicament ?
Les crampes au mollet sont non seulement douloureuses mais elles réveillent aussi en pleine nuit et gâchent le sommeil ! Elles sont aussi plus régulières après 60 ans ainsi que chez la femme enceinte au cours du troisième trimestre. Le hic ? Les solutions traditionnelles peinent souvent à soulager ce spasme violent survenant au repos complet. Comprendre l'origine de la crampe permet d'agir avec méthode pour retrouver des nuits paisibles.
Carence en magnésium ? Pas si sûr !
Une crampe est forcément le signe d’un manque de magnésium ? C’est ce que l’on croit souvent à tort. Une revue systématique publiée par la collaboration Cochrane démontre qu'aucune preuve clinique n'atteste l'efficacité du magnésium pour réduire la fréquence ou la sévérité des crampes nocturnes idiopathiques chez l'adulte âgé par rapport à un placebo. Il faut plutôt chercher du côté des perturbations hydro-électrolytiques ou de l'hyperactivité nerveuse. Un déficit intracellulaire en eau, combiné à des variations du sodium ou du potassium, peuvent en effet être en cause.
Crampes : les médicaments en cause ?
On pense rarement à eux, et pourtant, certains médicaments courants figurent parmi les premiers déclencheurs de crampes nocturnes. Les diurétiques notamment, car ils perturbent l'équilibre des électrolytes musculaires. De leur côté, les statines altèrent le fonctionnement mitochondrial des fibres, ce qui génère des contractions douloureuses dans les jambes.
Une étude parue dans les Archives of Internal Medicine en 2012 confirme ce lien : les prescriptions de traitements contre les crampes grimpent en flèche dans les douze mois suivant la mise sous diurétiques, statines ou bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques. “Les médecins doivent être conscients que l’utilisation de ces médicaments peut aggraver les symptômes chez les patients souffrant de crampes nocturnes aux jambes” alertent les chercheurs. Si vous avez des crampes nocturnes et que vous suivez un traitement, n’hésitez pas à en parler à votre médecin. Attention également à l'automédication, qui peut entretenir le problème.
Gestes de secours : comment réagir ?
Pour désactiver immédiatement la contraction, il faut réaliser une flexion de la cheville en ramenant énergiquement les orteils et la pointe du pied vers le genou, jambe tendue. Cette mise en tension mécanique force le muscle antagoniste à s'activer et commande le relâchement immédiat du mollet.
Se lever pour poser le pied à plat et marcher sur les talons aide également à stimuler les mécanorécepteurs de la voûte plantaire, ce qui interrompt la décharge nerveuse. Un massage doux permet ensuite d’éviter les courbatures. Attention toutefois : si le mollet reste rouge, chaud ou douloureux au lever, un avis médical rapide s'impose pour écarter une phlébite.
Coucher : comment prévenir les crampes ?
Quelques gestes simples peuvent aider. Un essai clinique publié dans le Journal of Physiotherapy valide l'intérêt des étirements du mollet avant d'aller au lit : trois séries de 10 à 20 secondes chaque soir diminuent significativement la survenue des crises.
La literie joue aussi un rôle : un drap trop serré au fond du matelas maintient la pointe des pieds vers le bas durant plusieurs heures, ce qui peut favoriser les crampes. Enfin, veillez à conserver une hydratation régulière d’au moins 1,5 litre d'eau par jour, répartie jusqu'au début de soirée.