Fin octobre, la deuxième vague de Covid-19 bat son plein en France. L’ensemble du territoire est, à nouveau, placé en état d’urgence sanitaire. Des mesures ont donc été prises à l'échelle nationale, à savoir : 

  • Interdiction des rassemblements de plus de 6 personnes dans l’espace public.
  • Télétravail encouragé à au moins 50 %.
  • Interdiction des événements festifs dans les salles des fêtes et polyvalentes.
  • Abaissement de la jauge à 5 000 personnes dans les établissements recevant du public clos assis.
  • Ouverture des salles de sport sur protocole.

Couvre-feu : les territoires concernés 

En outre, neuf zones font actuellement l'objet d'un couvre-feu, de 21 h à 6 h : 

  • Paris et région Île-de-France
  • Grenoble-Alpes-Métropole
  • Métropole européenne de Lille
  • Métropole de Lyon
  • Métropole d’Aix-Marseille-Provence
  • Montpellier-Méditerranée-Métropole
  • Métropole Rouen-Normandie
  • Saint-Étienne Métropole
  • Toulouse Métropole

Ce couvre-feu signifie que "les sorties et déplacements seront interdits de 21 h à 6 h du matin sous peine d’une amende de 135 € et jusqu’à 3 750 € en cas de récidive", précise le ministère des Solidarités et de la Santé. Des dérogations sont toutefois prévues pour :

  • raisons de santé ;
  • raisons professionnelles ; 
  • aider un proche en situation de dépendance ;
  • des raisons de transport (le billet de train fait office de justificatif) ;
  • sortir son animal de compagnie dans un rayon de 1 km autour de chez soi.

Covid-19 : un reconfinement local ou national est-il possible en France ?

Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, parut le 23 août, le ministre de la Santé Olivier Véran a expliqué qu’un reconfinement général n'était "pas à l’ordre du jour et ne constitue pas une hypothèse de travail”. En revanche, “des mesures spécifiques, territorialisées”, seront probablement mises en place. Il y aura également “encore plus de contrôles et de sanctions”, a-t-il averti.

Des mesures seront prises localement

Le ministre a rappelé qu’actuellement, “le virus circule quatre fois plus chez les moins de 40 ans que chez les plus de 65 ans”. Le problème, c’est que “si la circulation du virus s'accélère encore chez les plus jeunes, ils pourraient contaminer les personnes âgées, qui contractent plus souvent des formes plus graves de la maladie”. Une situation qu’il souhaite “à tout prix éviter”, car elle “mettrait en tension notre système sanitaire et serait extrêmement problématique”.

“La majorité des transmissions se fait désormais dans des situations festives des plus jeunes, où les gestes barrières ne sont pas respectés”, souligne Olivier Véran. Dans certains départements, comme les Bouches-du-Rhône, cela influe déjà sur le nombre de tests positifs des seniors. De nouvelles mesures vont donc être prises rapidement dans cette zone.



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Durcissement du couvre-feu ou reconfinement national ? 

Depuis ces annonces, la situation a bien changé. L'état d'urgence sanitaire a été restauré et plusieurs territoires font l'objet d'un couvre-feu. Face à la recrudescence des nouveaux cas de Covid-19, le président de la République tient deux Conseils de défense sanitaire, les mardi 27 et mercredi 28 octobre 2020. 

Emmanuel Macron prendra la parole à 20h à l'issue de ces réunions, probablement pour annoncer un renforcement des mesures actuellement en place. À ce sujet, plusieurs hypothèses sont possibles, la plus probable étant le durcissement du couvre-feu, avec une entrée en vigueur à 19 h. 

De son côté, le Conseil scientifique envisage deux scénarios qui permettraient de freiner la circulation du virus. Le premier, “c’est d’aller vers un couvre-feu plus massif, à la fois dans ses horaires, à la fois dans son étendue au niveau du territoire national et qui puisse également être mis en place le week-end”, a expliqué le professeur Jean-François Delfraissy au micro de RTL. Dix à quinze jours plus tard, si la courbe ne descend toujours pas, un confinement pourrait être envisagé. 

“La deuxième stratégie est d’aller directement vers un confinement, moins dur que celui qui a eu lieu pendant le mois de mars”, ajoute le président du Conseil scientifique. “Il pourrait être de plus courte durée s’il était mis en place maintenant, et serait suivi lui-même de conditions de déconfinement très particulières, puisqu’on déconfinerait en passant probablement par un couvre-feu”. 

Covid-19 : les 20 plus grandes villes de France qui pourraient être reconfinées

Les 20 plus grandes villes de France en termes de population, qui pourraient être concernées par un reconfinement local, sont :

  • Paris (75)
  • Marseille (13)
  • Lyon (69)
  • Toulouse (31)
  • Nice (06)
  • Nantes (44)
  • Montpellier (34)
  • Strasbourg (67)
  • Bordeaux (33)
  • Lille (59)
  • Rennes (35)
  • Reims (51)
  • Saint-Étienne (42)
  • Le Havre (76)
  • Toulon (83)
  • Grenoble (38)
  • Dijon (21)
  • Angers (49)
  • Nîmes (30)
  • Villeurbanne (69)

Hausse des cas : seconde vague ou suite de la première ?

La hausse du nombre de cas de coronavirus que nous observons depuis la fin du mois d'août marque-t-elle le début de la seconde vague, dont on a tant parlé, ou bien s’agit-il simplement du prolongement de la première ? Fin août, les avis des experts divergent encore à ce sujet.

Pour Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine (Paris), interrogée par France Info, il s’agit bien de la deuxième vague. “Quoi qu'on dise, la deuxième vague est là et n'a rien à voir avec la première vague que l'on a connu en mars-avril”, affirme le médecin. Elle aurait commencé “fin juillet”.

La spécialiste estime néanmoins qu’il faut “continuer de vivre” et que “chacun peut mettre en place une stratégie individuelle de prévention de la transmission [...] qui nous permettra de maîtriser cette deuxième vague”.

Jean-François Delfraissy, président du Conseil Scientifique, considère, quant à lui, que nous sommes “toujours sur la première vague”. Celle-ci s’accentue et reprend de l’ampleur “parce qu’on a perdu les mesures de distanciation sociale”. La reprise de l’épidémie concerne notamment “des régions qui n’avaient pas été touchées lors de la première crise du mois de mars”, précise l’expert.

Reconfinement en France : quand ? À la rentrée de septembre 2020 ?

Selon une enquête Harris Interactive pour LCI, réalisée au mois de mai, 72 % des Français pensaient qu'il y aurait une seconde vague de coronavirus, qui nous amènerait à être de nouveau confinés. 24 % ont même estimé cette hypothèse "très probable".

Étonnamment, ce sont les moins de 35 ans qui redoutaient le plus cette nouvelle vague (82 %) au moment du sondage, alors même que ce sont eux qui ont relâché le plus rapidement les gestes barrières. 

Finalement, aucun reconfinement national n'a eu lieu à la rentrée de septembre 2020. Néanmoins, des restrictions localisées - telles que le couvre-feu - ont été mises en place à l'automne, de même que des mesures à l'échelle nationale, comme l'interdiction des rassemblements de plus de 6 personnes dans l’espace public. 

Coronavirus : 4 scénarios de reconfinement élaborés par le gouvernement Castex

Le gouvernement a élaboré une stratégie de reconfinement autour de quatre scénarios, selon un avis rendu par le Conseil scientifique le 2 juin 2020. L'objectif : anticiper les mesures à mettre en place, en fonction des différentes possibilités d'évolution de l'épidémie. 

Scénario 1 : une épidémie maîtrisée

Ce scénario repose sur la bonne application de la stratégie de contrôle (mesures barrières, tests de dépistage, isolement des personnes contaminées et de leurs contacts), permettant de conserver des indicateurs stabilisés. Dans ce cas, seul le maintien strict des mesures de bases est nécessaire. 

Scénario 2 : des mesures différenciées selon les territoires

"Ce scénario indique une circulation active, mais localisée du virus", explique le rapport du Conseil scientifique. "Afin d'éviter une reprise de l'épidémie au niveau national, ces clusters doivent être maîtrisés par des mesures importantes et précoces".

Il convient donc d'identifier rapidement ces foyers épidémiques, de renforcer les gestes barrières dans la zone concernée et d'adopter une stratégie massive de "tester-tracer-isoler". Un confinement localisé doit aussi être envisagé suffisamment tôt dans cette situation, de même que l'adoption de dispositifs supplémentaires, tels que le port du masque obligatoire à l'extérieur. 

Scénario 3 : une reprise progressive de l’épidémie

Ce scénario envisage "une reprise diffuse de l'épidémie sur un territoire suffisamment important, comme une région ou au niveau national, et sans bon suivi des chaînes de transmission". Il pourrait être causé par un relâchement des mesures sanitaires, associé à la reprise des déplacements dans l'Hexagone. 

Plutôt qu'un nouveau confinement généralisé, la réponse à ce scénario serait l'adoption de mesures ciblées pour certains groupes de population ou zones géographiques. 

Scénario 4 : l'épidémie atteint un stade critique

Ce scénario suppose que les efforts pour stopper la reprise de l'épidémie ont échoué. Les autorités doivent donc "décider si elles souhaitent instaurer un
deuxième confinement pour éviter le débordement des services de réanimation".

Cette décision devra prendre en compte l'impact d'un reconfinement généralisé sur la population d'un point de vue sanitaire, mais aussi économique et social. 

"Ce scénario 4 doit absolument être évité, mais il ne peut être éliminé d’où l’importance d’anticiper", prévient le Conseil scientifique. 

Quels critères peuvent déclencher un reconfinement en France ? 

Plusieurs indicateurs seront observés par le gouvernement, pour décider d'un éventuel reconfinement - localisé ou national. À savoir : 

  • le R0, c'est-à-dire le nombre de personnes qu'un malade contamine ; 
  • le taux de tests positifs ; 
  • le taux d'incidence, c'est-à-dire le nombre de personnes infectées pour 100 000 habitants (le seuil d'alerte a été fixé à 50 pour 100 000) ; 
  • les places en réanimation. 

Paris, Bouches-du-Rhône... Quelles sont les zones de circulation active du virus ?

Vendredi 21 août, Paris et les Bouches-du-Rhône ont été classés en zone de circulation active du coronavirus. Cette disposition permet aux préfets d’adopter certaines mesures, telles que restreindre les rassemblements, limiter les déplacements ou fermer les lieux publics.

Au total, dix départements étaient alors classées en vulnérabilité élevée par Santé publique France.

  • Les Bouches-du-Rhône
  • La Gironde
  • La Guyane
  • L'Hérault
  • Le Loiret
  • Paris
  • Le Rhône
  • La Sarthe
  • La Seine-Saint-Denis
  • Le Val-de-Marne

Le 14 octobre, les zones de circulation active du virus ont été remplacées par l’état d'urgence sanitaire, réactivé sur l'ensemble du territoire français. Juste avant cette décision, 74 départements étaient classés en zones de circulation active. 



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En France, la circulation virale est en nette augmentation avec plus de 1000 cas par jour et 127 clusters en cours d'investigation. Mais quels lieux sont susceptibles d'être reconfinés ? La liste.


Le port du masque, obligatoire pour éviter le reconfinement généralisé

Depuis le 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos en France. Un autre décret, paru au Journal Officiel le 31 juillet, permet aux préfets d'imposer le port du masque dans les lieux publics ouverts. Ces mesures ont pour objectif d'éviter une reprise de l'épidémie de coronavirus sur le sol français, et ce afin de ne pas devoir reconfiner la population. 

“Le virus n’est pas en vacances, et nous non plus” [...] Il faut nous protéger contre ce virus, surtout sans faire arrêter la vie économique et la vie sociale, c’est-à-dire en évitant la perspective d’un reconfinement généralisé”, a expliqué le Premier ministre Jean Castex, lors d'un déplacement à Lille le 3 août. 

Paris, Marseille, Nice... Quelles villes sont concernées par le port du masque obligatoire à l'extérieur ?

De nombreuses communes françaises ont déjà adopté le port du masque à l'extérieur. Pour certaines, cette restriction ne concerne que certaines rues, ou lieux publics ouverts, tels que les marchés et brocantes ou encore la plage. Pour d'autres, c'est toute la ville qui est concernée. C'est notamment le cas à Paris, à compter du vendredi 28 août à 8h. Découvrez une liste plus complète des communes concernées, dans notre diaporama sur le sujet. 



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Quels pays ont déjà été reconfinés ?

Plusieurs pays ont déjà adopté des mesures de reconfinement, principalement à l’échelle locale. Le premier à l’avoir fait étant la Chine, point de départ de la pandémie. Ainsi, plusieurs quartiers de Pékin ont été à nouveau isolés le 16 juin. Deux cantons allemands, plusieurs provinces d’Inde, l’Ouzbékistan ou encore la ville de Melbourne, en Australie, ont rapidement suivi.

Le 5 août, c’est la ville d’Aberdeen, en Écosse, qui a annoncé le reconfinement de ses 228 000 habitants. Et depuis le 12 août, les 1,67 million d’habitants de la ville d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, sont aussi confinés. D’autres pays, comme la Belgique ou la France, renforcent leurs mesures pour éviter un reconfinement national.

La France dispose-t-elle de tous les équipements (masques, gants, blouses, respirateurs) en cas de seconde vague de Covid-19 ?

Interrogé à ce sujet sur le plateau du journal de 20 heures, sur France 2, le mercredi 11 août, le ministre de la Santé Olivier Véran s'est montré rassurant. 

"Nous avons acheté quatre milliards de masques, deux milliards nous ont été livrés, et d'ici à la fin du mois de septembre, nous disposerons du stock national d'un milliard de masques – 20 % sont des FFP2 destinés aux soignants dans les milieux particuliers. Nous aurons constitué notre stock national", a-t-il expliqué.

"Nous avons, semaine après semaine, acheté massivement les médicaments nécessaires pour être capables – si c'était nécessaire, mais on n'a vraiment pas envie de se poser la question – d'accueillir 30 000 malades en réanimation sachant qu'au cours de la première vague, il y a eu au total 17 000 malades hospitalisés en réa", a poursuivi le ministre.

"Il y a une tension sur les gants", a-t-il cependant reconnu, avant de préciser : "nous avons passé une commande de 400 000 millions de gants fin juillet, qui arrive dans les prochains jours".