Compléments alimentaires : Prescrire alerte contre le curcuma et la vinpocétine

La revue Prescrire met en garde contre les compléments alimentaires à base de curcuma ou de vinpocétine. Les premiers peuvent entraîner de graves atteintes hépatiques. Les seconds augmentent le risque de fausse couche et de malformation du fœtus chez la femme enceinte.

Vous êtes adepte des compléments alimentaires ? Sachez qu’ils ne sont pas dénués de risque. La revue Prescrire alerte notamment sur deux d’entre eux : les suppléments à base de curcuma, et ceux qui contiennent de la vinpocétine.

Les compléments alimentaires au curcuma, dangereux pour le foie

Utilisé depuis des siècles pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, le curcuma est aujourd’hui vanté pour ses supposées vertus anti-cancer. Néanmoins, il serait aussi très néfaste pour le foie.

Dans son article, Prescrire évoque un rapport publié en fin d’année dernière par les centres régionaux de pharmacovigilance italiens. Ce dernier recense “27 cas d’atteintes hépatiques imputées à des compléments alimentaires à base de curcuma, survenus entre novembre 2018 et juin 2019 en Italie. Dans presque tous les cas, l’effet indésirable notifié était une hépatite aiguë”.

Le même type d’effets indésirables avait été constaté dans d’autres pays, suite à la consommation de ce type de suppléments. Une étude de cas du British Medical Journal, publiée en 2018, fait état d’une femme de 71 ans, diagnostiquée d’une hépatite auto-immune après huit mois de cure au curcuma.

Compléments alimentaires : une composition pas toujours transparente

En mars 2009, 11 atteintes hépatiques en Suède et 5 en Norvège ont été attribuées à un complément, dont la composition incluait du curcuma mais aussi du nimésulide, un anti-inflammatoire non-stéroïdien connu pour ses effets sur le foie. Plusieurs patients avaient trouvé la mort.

Cet exemple soulève un autre danger des compléments alimentaires, à savoir leur possible contamination par un autre produit - qu’il s’agisse d’un ingrédient chimique synthétique ou d’une plante. Prescrire rappelle que “le statut de complément alimentaire ne garantit pas grand-chose en matière de composition des produits, et par conséquent protège mal les consommateurs”.

Femmes enceintes : évitez les compléments à base de vinpocétine

En parallèle, la revue met aussi en garde contre les compléments alimentaires qui contiennent de la vinpocétine, qui exposent à des risques de malformations congénitales graves. Ce composé issu de la petite pervenche, une plante herbacée commune dans les forêts européennes, est vanté pour améliorer les performances cognitives, accroître l’énergie et réduire la graisse corporelle.

Mais en juin 2019, la Food and Drug Administration (agence américaine du médicament) a alerté sur sa toxicité pour les femmes enceintes, suite à une étude du National Toxicology Program. Cette dernière a conclu que la vinpocétine pouvait conduire à une fausse couche ou nuire au développement du fœtus. Pourtant, les compléments alimentaires qui en contiennent sont largement disponibles pour les femmes en âge de procréer, et les effets indésirables possibles sont rarement mentionnés sur leurs emballages.

Photo : fleurs de petite pervenche

Photo : fleurs de petite pervenche© Istock

Les compléments alimentaires nécessitent de bien se renseigner

Sur son site, l’Anses rappelle que “contrairement aux médicaments, la commercialisation des compléments alimentaires ne nécessite pas d'autorisation individuelle de mise sur le marché, fondée sur l'évaluation préalable, par une instance d'expertise, d'un dossier soumis par l’industriel”. C’est donc l’industriel lui-même qui est responsable de la conformité des produits vendus, “tant en matière de sécurité que d’information du consommateur”.

Il est donc important, en tant que consommateur, de se renseigner sur les substances contenues dans les compléments alimentaires avant d’en utiliser. L’agence sanitaire donne quelques règles simples, pour adopter une consommation plus éclairée :

  • éviter les prises prolongées, répétées ou multiples au cours de l’année sans demander conseil à un professionnel de santé ;
  • respecter scrupuleusement les conditions d’emploi fixées par le fabricant ;
  • signaler à un professionnel de santé tout effet indésirable éventuel ;
  • privilégier les circuits d’approvisionnement contrôlés par les pouvoirs publics (on évite donc les suppléments achetés sur un site Internet obscur…).

“De manière générale, en l’absence de pathologie, la couverture des besoins nutritionnels est possible par une alimentation variée et équilibrée associée à une activité physique adaptée. La consommation de compléments alimentaires n’est alors pas nécessaire”, souligne l’Anses. Ces derniers peuvent néanmoins s’avérer utiles dans le cadre de certains régimes alimentaires particuliers, comme le régime végétalien. Un professionnel de santé pourra vous orienter vers les compléments les plus adaptés.

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Source(s):

Compléments alimentaires : consommateurs mal protégés !, Prescrire, 1 février 2020. 

Les compléments alimentaires, Anses, 25 novembre 2019. 

Hépatotoxicité des compléments diététiques et végétaux, Association Française de Formation Médicale Continue en Hépato-Gastro-Entérologie. 

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