Explosion de cancers pédiatriques dans le Jura et Loire-Atlantique : l'enquête stoppée ?

Les cas de cancers pédiatriques s’enchaînent dans le Jura et en Loire-Atlantique. Plusieurs parents d’enfants malades ont alerté les autorités. D'après les dernières informations de l'ARS, l'enquête n'a rien révélé et ne sera donc pas poursuivie.

Plusieurs régions françaises sont frappées par une explosion de cancers pédiatriques. Un nombre anormalement élevé de tumeurs touchant des enfants a été recensé au sein des régions Bourgogne-Franche-Comté et Pays de la Loire. Les informations ont été transmises par l’Agence Régionale de Santé (ARS) de la région Bourgogne-Franche-Comté et du Pays de la Loire.

Une étude épidémiologique dévoilait un nombre important de cancers pédiatriques sur sept communes aux alentours de Sainte-Pazanne (Pays de la Loire) entre 2015 et 2019. En outre, en juillet dernier, un nombre anormalement élevé de cancers pédiatriques a aussi été recensé au sein des communes du Haut-Jura (Bourgogne-Franche-Comté): Les Rousses, Morbier, Morez, Saint-Pierre et Prémanon).

"Les enfants concernés étaient âgés de 6 mois à 13 ans au moment du diagnostic", communique l’ARS la semaine dernière.

L’ARS Bourgogne-Franche-Comté a saisi Santé Publique France pour débuter une expertise épidémiologique de ce signalement et rechercher les causes qui pourraient expliquer cette recrudescence de cancers.

10 cas identifiés dans le Haut-Jura

L’Agence Régionale de Santé identifié une liste de 10 cas en lien avec les médecins traitants et le CHRU de Besançon qui a confirmé les diagnostics.

Les enfants malades sont tous domiciliés sur des communes du Haut-Jura (Les Rousses Morbier, Morez, Saint-Pierre, Prémanon). Les premiers signalements proviennent de leurs parents.

20 cas de cancers pédiatriques dans la commune de Sainte-Pazanne

Les victimes de Sainte-Pazanne ont entre 3 et 9 ans. L'inquiétude est vive dans cette commune, située à une trentaine de kilomètres de Nantes. Les cas de cancers se multiplient chez les enfants du secteur : en premier lieu, neuf cas ont été recensés. Trois enfants sont décédés et d'autres cas se sont déclarés en 2019.

Récemment encore, le collectif "Stop aux cancers de nos enfants" a annoncé la découverte de trois nouveaux cancers sur cette zone portant à vingt le nombre de cas.

La pollution organique, encore responsable ?

Malheureusement, la majorité des cancers pédiatriques sont aujourd’hui sans cause connue. "Les facteurs de risques peuvent être multiples", déplore l’ARS.

L’enquête épidémiologique lancée par Santé Publique France consiste à étudier les cas signalés et à rechercher activement d’autres éventuels cas. "Une étape importante consistera à interroger les familles sur la base d’un questionnaire détaillé en vue d’étudier le parcours de vie des enfants, rechercher chez eux des points communs", révèle l’ARS de la région Bourgogne-Franche-Comté. L’étude risque de durer plusieurs mois.

Concernant les cas survenus en Loire-Atlantique, les analyses semblaient incriminer la pollution organique. Des tests effectués sur les cheveux des enfants malades avait fait ressortir un nombre important de polluants organiques (pesticides, perturbateurs endocriniens…).

"Une analyse toxicologique permet d’établir une chronicité des polluants. Le cheveu conserve les molécules avec lesquelles nous avons été en contact lors des trois derniers mois. Ces analyses, effectuées sur une vingtaine d’enfants (certains en bonne santé, d’autres atteints de cancer et d’autres décédés) ont fait ressortir un nombre très important de polluants organiques", partageaient les parents du collectif Stop aux cancers de nos enfants, créée en février 2019 à Sainte-Pazanne (44) pour tenter de comprendre les causes des cancers pédiatriques diagnostiqués dans le secteur.

Loire-Atlantique : l'enquête abandonnée

"Le questionnaire épidémiologique a cherché la présence d’un facteur de risque documenté dans la littérature scientifique sur le secteur qui serait commun aux enfants. Ce travail a été réalisé avec les 13 familles entre juillet et septembre 2019, indique l'ARS du Pays de la Loire. L’analyse n’a pas identifié d’exposition à un facteur de risque susceptible d’expliquer le regroupement de cancers observé".

Santé publique France conclue à la présence d’un regroupement spatio- temporel sans cause commune identifiée pour les cas survenus en Loire-Atlantique.

L'ARS recommande donc de ne pas poursuivre les investigations et de ne pas en engager de nouvelles.

"Dans ce contexte, Santé publique France propose de mettre en place une surveillance active en collaboration avec le CHU de Nantes pour identifier tout nouveau cas de cancer sur le secteur", ajoute l'ARS.

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mots-clés : Cancer