Cancer du poumon : obésité et surpoids pourraient augmenter le taux de survie

C'est un paradoxe médical... Le surpoids et l'obésité tellement décriés par les autorités de santé, pourraient en fait augmenter les chances de survie de patients atteints de certains cancers, selon une toute récente étude de l'Université australienne de Flinders. Le point sur ces résultats étonnants qui vont l'encontre de toutes les recommandations sanitaires actuelles !

Un IMC supérieur à la moyenne ou important - pourtant souvent associé à la survenue de cancers, de diabète, et de maladies cardiovasculaires -, améliorerait en fait dans certains cas, les chances de survie de certains cancers, selon une récente étude de l'Université Flinders.

Lors d'essais cliniques sur l'atézolizumab, un traitement d'immunothérapie contre les cancers du poumon non à petites cellules (CPNPC), des scientifiques australiens ont mis en évidence une meilleure réactivité au médicament chez les patients ayant un indice de masse corporelle élevé (IMC).

L'obésité associée à certains anticancéreux pourraient augmenter le taux de survie de certains cancers

Un résultat très étonnant, mais publié dans le très sérieux journal JAMA Oncology, qui va à l'encontre des avertissements récurrents sur les risques pour la santé du surpoids et de l'obésité.

"Il s'agit d'un résultat intéressant qui augmente le potentiel d'investigations pour d'autres cancers et d'autres médicaments anticancéreux", a déclaré le responsable des travaux, le Dr Ganessan Kichenadasse, chercheur en oncologie médicale au Flinders Center for Innovation in Cancer.

"Nous devons faire d'autres études sur le lien possible entre l'IMC et l'inflammation associée, ce qui pourrait aider à comprendre les mécanismes derrière la réponse paradoxale à cette forme de traitement du cancer."

Des études antérieures avait déjà exploré un concept appelé "paradoxe de l'obésité". L'obésité y était associée à des risques accrus de développer certains cancers, mais pouvait aussi en protéger et donner de plus grandes chances de survie à certaines personnes.

Un IMC élevé pourrait améliorer la réponse à l'immunothérapie

"Notre étude fournit de nouvelles preuves de l'hypothèse selon laquelle un IMC élevé et l'obésité peuvent être associés à la réponse à l'immunothérapie", explique le Dr Kichenadasse.

"Bien que notre étude ne se soit penchée que sur les données de base et pendant le traitement, nous pensons qu'elle mérite plus d'études sur le rôle potentiellement protecteur d'un IMC élevé dans d'autres traitements contre le cancer", précise le chercheur.

Photo : radiographie d'un thorax pris de face montrant un cancer du poumon potentiel (taches claires à droite de chacun des poumons).

Photo : radiographie d'un thorax pris de face montrant un cancer du poumon potentiel (taches claires à droite de chacun des poumons).© Creative Commons

Crédit : X-ray(Chest)Cancer.jpg: unknown derivative work: Anassagora (talk) — X-ray(Chest)Cancer.jpg © CC - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:X-ray_chest_cancer.jpg

Combien de personnes meurent de l'obésité dans le monde chaque année ?

Selon l'OMS le nombre de cas d’obésité a presque triplé depuis 1975.

  • En 2016, plus de 1,9 milliard d’adultes étaient considérés en surpoids. Parmi eux plus de 650 millions étaient atteints d'obésité.
  • 39% des plus de 18 ans étaient déjà en surpoids en 2016 et 13% étaient obèses.
  • Toujours selon l'Organisation Mondiale de la Santé, en 2016, 41 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans étaient aussi en surpoids ou obèses.

Le surpoids et l'obésité entraînent des conséquences métaboliques indésirables sur la pression artérielle, le cholestérol, les triglycérides et la résistance à l'insuline.

Les risques de maladies coronariennes, d'accident vasculaire cérébral ischémique et de diabète de type 2 augmentent également régulièrement en parallèle de la hausse de l'indice de masse corporelle (IMC).

Sur les 1 434 participants étudiés dans l'étude australienne, 49% avaient un poids normal, 34% étaient en surpoids et 7% étaient obèses.

À noter : cette étude a été financée en partie par le Cancer Council of South Australia.

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Source(s):

"Association entre l'indice de masse corporelle (IMC) et la survie globale avec un traitement par inhibiteur du point de contrôle immunitaire pour le cancer du poumon non à petites cellules avancé : analyse des essais cliniques d'atezolizumab '' (2019) par G Kichenadasse, JO Miners, AA Mangoni, A Rowlands , A Hopkins, MJ Sorich, n ° COI190098 de JAMA Oncology (American Medical Association).